‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 105 sur 159 · CHORION · texte numérisé non relu

CHORION

des dispositions spéciales qu’il est intéressant de connaître; car elles établissent entre les annexes des Oiseaux et celles des Mammifères une transition naturelle, en relation avec la place que Ton assigne à ces animaux dans la série des Vertébrés. Les Monotrèmes et les Marsupiaux en effet, d’après ce que l’on sait de leurs enveloppes ovulaires, se rattachent aux Oiseaux et s’éloignent des Mammifères en ce que leur vésicule séreuse ne forme pas de villosités et ne devient par conséquent pas un chorion ; elle est appliquée exactement contre les parois utérines, sans cependant leur être étroitement unie. L’embryon des Marsupiaux est en un mot, comme le dit O. Hertwig, situé avec ses enveloppes dans la cavité de la matrice de la même façon que l’embryon d’Oiseau avec ses enveloppes dans la coquille de l’œuf.

Ces caractères ont autorisé Kôlliker à distinguer dans les Mammifères deux groupes : les Choriata , chez lesquels la vésicule séreuse développe des villosités et forme un chorion ; les Achoria (Monotrèmes et Marsupiaux), où ces villosités font défaut et où par conséquent il n’y a pas de chorion.

Toutefois il est bon d’ajouter que les données, dues à Owen, que l’on vient de voir, ont été un peu modifiées par des recherches plus récentes d’Osborn et de Selenka. Ces auteurs ont montré en effet que si l’enveloppe séreuse ne se hérisse pas de villosités sur toute l’étendue de sa surface, ainsi que c’est le cas pour les autres Mammifères, elle devient néanmoins villeuse dans une région que double profondément un sac vitellin richement vascularisé. Il se forme un contact intime entre les parois de la matrice et les vaisseaux vitellins, avec la membrane séreuse pour intermédiaire ; en d’autres termes, il existe ici un organe placentaire vitellin, que l’on peut rapprocher de celui des Oiseaux.

§ 2. Amnios. — L’amnios, que les Vertébrés supérieurs seuls possèdent, est une membrane ovulaire créée aux dépens d’une partie du sac vitellin, c’est-à-dire de la portion extra-embryonnaire du blastoderme.

Tandis que chez les Poissons et les Batraciens le blastoderme extra-embryonnaire devenait tout entier le sac vitellin, ici, chez les Mammifères et les Sauropsidés, l’évolution du blastoderme extra-

ANNEXES EMBRYONNAIRES

embryonnaire se complique; par plissement de celle région blastodermique il se fait une membrane, l’amnios, qui prend la forme d’un sac entourant l’embryon.

L’embryon des Vertébrés supérieurs, placé dans un œuf à coquille résistante et inextensible, ou soumis aux contractions d’un muscle utérin, avait besoin, on le comprend, en raison de la mollesse et de la délicatesse de ses tissus, d’être séparé des parois de sa loge, pour ne pas subir de leur part une compression fâcheuse, par une sorte de coussinet, interposé entre elles et lui, évitant des contacts trop rudes, amortissant les chocs; ce coussinet, réalisé par un sac plein de liquide, est l’amnios.

Telle est, au point de vue physiologique, la raison d’être vraisemblable de l’amnios. Si l’on cherche en dehors de toute idée de finalité la cause de la formation de l’amnios, si l’on se demande quels sont anatomiquement le pourquoi et le comment de la production de cette membrane, on ne peut donner à une telle question, il faut l’avouer, aucune réponse pleinement satisfaisante (1).

Supposons, pour le moment, que pour une raison quelconque l’embryon tende à s’enfoncer vers le centre de la cavité de l’œuf. Il est évident que dans son mouvement il entraînera avec lui les parties adjacentes du blastoderme, dont il s’est déjà rendu distinct par la production des gouttières limitantes et des plis blastodermiques correspondants. Il se fera ainsi, comme le font comprendre les schémas de la figure 156, une sorte de diverticule cylindroïde de la surface du blastoderme, un cul-de-sac de plus en plus profond, au fond duquel l’embryon sera situé. Si l’on ne part pas de cette idée que ce phénomène doit s’expliquer par un mouvement de descente de l’embryon, on pourra croire que le processus a été tout autre, et que les replis (a) qui surmontent à présent l’embryon, ont un mode de formation tout différent. On peut croire que ces replis sont un véritable soulèvement du blastoderme, alors qu’ils sont dus tout simplement à ce que la région du blastoderme qui les constitue est restée en place, et n’a pas suivi l’embryon et la zone blastodermique qui lui est contiguë dans leur mouvement de

(1) On trouvera plus loin quelques indications sur les causes possibles et sur le mécanisme de la formation de l’amnios, ainsi qu’une courte discussion des quelques hypothèses émises à ce sujet.

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