‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 106 sur 159 · AMNIOS · texte numérisé non relu

AMNIOS

descente vers le centre de l’œuf. Quant à savoir pourquoi la région a de la figure demeure immobile et devient par suite le sommet d’un repli, et pourquoi elle n’est pas elle aussi entraînée avec l’embryon, pourquoi en d’autres termes ce n’est pas une région blastodermique plus périphérique que a, la région x par exemple, qui devient le bord de l’entonnoir au fond duquel est situé l’embryon, on ne peut donner de ce fait une explication valable pour la totalité des cas. Chez les Mammifères cependant on a généralement montré l’adhérence du blastoderme à l’utérus qui l’entoure, dans une zone dont le bord interne serait en a ; il est évident que c’est alors à partir du point a seulement que le blastoderme pourra s’enfoncer vers le centre de l’œuf.

Les replis surplombant l’embryon, que nous venons de voir se produire (fig. 156 a), ne sont pas autre chose que le début de l’amnios ; on les appelle par conséquent replis amniotiques; on peut les distinguer en céphalique ou antérieur, caudal ou postérieur et latéraux, se continuant d’ailleurs les uns par les autres, et n’étant que des régions d’un pli annulaire unique, qui environne de toutes parts l’embryon. Les replis amniotiques ont une direction opposée à celle des plis qui séparent l’embryon du blastoderme, et des gouttières limitantes correspondantes. En effet, tandis que ces derniers tournent leur sommet du côté du vitellus, les replis amniotiques s’élèvent du côté de l’extérieur au-dessus du niveau du blastoderme, par-dessus l’embryon. Ainsi le repli antérieur de l’amnios s’accroît, dirigeant son sommet en arrière, au-dessus de la tète de l’embryon, qu’il recouvre d’une sorte de gaine que l’on nomme le capuchon céphalique. De la même façon le repli amniotique postérieur s’étend au-dessus de la queue de l’embryon en un capuchon caudal. De la même manière enfin, les replis latéraux se dressent au-dessus

Fig. 156. — Coupes très schématiques destinées à faire comprendre le mode de formation de l’amnios. Pour la signification clés lettres, voir le texte.

ANNEXES EMBRYONNAIRES

des flancs de l’embryon, qu’ils recouvrent de capuchons latéraux.

Les replis amniotiques continuent à s’accroître, soit par suite de la continuation pure et simple du mécanisme qui leur a donné naissance, soit en raison d’une propre expansion, due à l’activité proliférative des éléments qui les constituent. Il ne semble pas toutefois qu’on ait montré à l’extrémité des replis amniotiques une abondance particulière de divisions cellulaires, qui serait la seule preuve péremptoire à fournir en faveur de la deuxième hypothèse. Quoi qu’il en soit, les gaines ou capuchons amniotiques, en continuité les uns avec les autres et formant autour de l’embryon une sorte de rempart circulaire, s’accroissent au-dessus du dos de l’embryon en se rapprochant les uns des autres et resserrent ainsi de plus en plus l’espèce d’orifice que leurs bords circonscrivent, et au fond duquel on aperçoit l’embryon. Grâce à leur accroissement incessant, les replis ou capuchons amniotiques finissent par se rencontrer par leurs bords au-dessus et dans le plan médian de l’embryon et par s’y souder suivant une ligne longitudinale de suture, la suture amniotique.

Cependant en une petite région, cette soudure manque à se faire pendant longtemps encore, et il persiste un petit orifice, que l’on appelle l’ombilic amniotique. Quand cet orifice sera oblitéré, on aura formation dans l’œuf d’une nouvelle cavité, la cavité aihniotique, contenant l’embryon qui en occupe le fond (fig. 157). Telle est, d’une façon très schématique, la marche du développement de l’amnios.

Puisque l’amnios n’est pas autre chose que le résultat d’un plissement du blastoderme, il est évident que sa constitution dépend de celle du blastoderme à l’époque où l’amnios est produit, avons-nous pensé, par un mouvement de descente de l’embryon vers le centre de l’œuf.

Si à ce moment le blastoderme est encore didermique, constitué par les deux feuillets primaires, l’ectoblaste et l’entoblaste, l’amnios sera constitué de ces mêmes feuillets. C’est ce que l’on a supposé être la réalité dans les figures 156 et 157, où le trait plein représente l’ectoblaste, le trait interrompu l’entoblaste au contraire. Pour que l’amnios offre une telle constitution, il est clair que sa

Page 1