‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 128 sur 159 · LE PLACENTA · texte numérisé non relu

LE PLACENTA

contenus dans le sang de l’une et de l’autre. C’est cet appareil qu'il nous faut étudier à présent.

§ 5. — Placenta. — La signification du terme placenta, qui nous a déjà occupés (p. 349), n’est pas des mieux établies. Dans son sens le plus général, cette expression s’applique à tout organe d’absorption fixé sur le milieu extérieur à l’œuf pour en soutirer les matériaux nutritifs dont l’embryon a besoin. Dans les cas où le milieu riche en matières nutritives n’est pas en dehors de l’œuf, mais fait jusqu’à un certain point partie de l’œuf lui-même, on peut encore parler d’organe placentaire ou tout au moins placentoïde. Tel est le cas pour l’Oiseau, chez lequel nous avons décrit d’après Duval (p. 335 et suiv.) une poche d’origine embryonnaire, formée d’épaisses assises de cellules ectodermiques, doublée par l’allantoïde vasculaire, entourant une masse albumineuse d’origine maternelle, à l’absorption de laquelle cette poche est préposée, jouant ainsi vis-à-vis d’elle le rôle d’un placenta.

Chez les Sélaciens, nous avons un autre type d’organe placentaire, dont il a été déjà question à la page 308, et qui ressemble au placenta des Mammifères en ce qu’il consiste dans des relations entre l’œuf et la muqueuse utérine, mais qui en diffère essentiellement par ce fait qu’au lieu d’être vascularisé par l'allantoïde, il doit ses vaisseaux au sac vitellin, l’allantoïde n’existant pas chez ces animaux. À cet égard le placenta des Sélaciens doit être rattaché à celui des Marsupiaux, où c’est également, comme nous l’avons vu antérieurement, la vésicule ombilicale et non l’allantoïde qui se met en rapport avec la muqueuse de la matrice. Chez le Hérisson, il existe transitoirement une formation semblable. Dans tous ces cas, il s’agit d’un placenta vitellin ou ombilical.

Les dispositions que présentent les divers Sélaciens quant à la manière d’être de leur placenta ombilical sont assez variables, et intéressantes à connaître en ce qu’elles nous montrent un perfectionnement de l’appareil ombilical placentaire parallèle à celui que nous offrira le placenta allantoïdien. En effet chez les Sélaciens, où les faits qui nous occupent sont connus depuis les travaux de Cuvier, J. Müller, Cavolini, on trouve un rapport plus ou moins intime entre l’œuf en voie de développement et la chambre incubatrice. Ce rapport consiste dans sa forme la plus rudimentaire en un

ANNEXES EMBRYONNAIRES DES MAMMIFERES

simple contact avec la surface lisse de la chambre incubatrice. A un état de différenciation plus avancé les rapports de contiguïté deviennent plus complexes entre la surface de l’œuf et celle de la muqueuse de l’oviducte,

Fig. 191. — A. Coupe de la paroi utérine et du chorion chez un Bidelphys. — B. Coupe de V omphalo-chorion (d’après Selenka, un peu modifiées).

ch, cliorion (omphalo-chorion). — C, cavité du sac vitellin. — gl, glandes utérines. — v, vaisseaux. — mu, musculeuse. — m, mésoderme ; en, entoderme ; ec, ectoderme au niveau de l’omphalo-chorion.

grâce à la formation de replis nombreux du sac vitellin et de la muqueuse maternelle, s’engrenant les uns dans les autres. Les Plagiostomes (Sélaciens) qui présentent les deux dispositions différentes précitées ont été rassemblés par J. Müller sous le nom de « Plagiostomes acotylédonés ». Chez d’autres Sélaciens, au contraire, il se fait en certains points des rapports non plus de contact simple ou complexe, mais de réunion intime entre la vésicule ombilicale et la muqueuse de l’oviducte ; de tels points portent le nom de cotylédons , et les Sélaciens qui présentent de tels cotylédons ont reçu de J. Müller le nom de « Plagiostomes cotylédonés ».

Le placenta vitellin des Marsupiaux consiste dans une adaptation plus ou moins intime des prolongements de l’omphalo-chorion à des cryptes de la muqueuse utérine ; il n’y a jamais d’adhérence solide, par conséquent jamais de fusion, entre le tissu utérin et le chorion (fig. 191).

Hubrecht décrit ainsi le placenta formé temporairement chez le Hérisson par l’omphalo-chorion uni à la matrice. On peut distinguer trois périodes dans l’évolution de ce placenta. Dans une première, l’ectoblaste de l’om-

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