SIGNIFICATION PRECISE DU TERME PLACENTA
phalo-chorion, le trophoblaste, soudé de bonne heure au tissu utérin, et épaissi comme nous bavons dit déjà, présente de nombreuses lacunes, qui se remplissent de sang maternel, avant même l’apparition de l’aire vasculaire dans le sac vitellin ; ces lacunes paraissent provenir de bourgeons dilatés des capillaires maternels, qui auraient perdu leur endothélium. Dans une seconde période l’aire vasculaire se forme dans le mésoblaste du sac vitellin, dont les vaisseaux remplis de sang foetal se rapprochent des voies lacunaires remplies de sang maternel creusées dans l’épaisseur du trophoblaste (fig. 192). En même temps le mésoblaste développe des villosités qui végètent, recouvertes par la couche de trophoblaste correspondante, dans le tissu utérin. Dans un troisième stade, toute cette formation placentaire entre en régression; les villosités de l’omphalo-chorion s’effacent et les lacunes du trophoblaste s’oblitèrent.
Si nous voulons donner à la notion de placenta une signification très peu compréhensive, nous pourrons, nous refusant à considérer comme véritables placentas les organes que nous venons de citer, éliminer successivement : le placenta des Oiseaux, comme n’ayant pas de relations avec la muqueuse de la chambre incubatrice, le placenta ombilical des Sélaciens, à cause que le sac vitellin entre dans sa constitution, le placenta ombilical des Marsupiaux et du Hérisson pour les mêmes raisons. Il nous restera alors à caractériser comme placentaires toutes les dispositions que l’on trouve réalisées dans la majorité des Mammifères et qui consistent essentiellement en ce que c’est l’allantochorion qui entre en relation avec la muqueuse utérine. Cependant, la notion de placenta, même enfermée dans ces limites, a pu paraître trop étendue encore, et l’on a restreint encore la signification du placenta, ainsi que nous le verrons dans un instant.
Fig. 192. — Coupe du trophoblaste , du sac vitellin et de la paroi utérine correspondante chez le Hérisson (d’après Hubrecht). h, hypoblaste . — m, m\ mésoblastes somatique et splanchnique . — tr, trophoblaste, avec les espaces lacunaires l entre les villosités du trophoblaste . — trs, tissu le plus interne de la paroi utérine (trophosponge de l’auteur).
ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE
ANNEXES EMBRYONNAIRES DES MAMMIFERES
Nous ne pouvons songer ici à étudier dans leurs détails les différentes dispositions que présente le placenta des Mammifères parvenu à son complet développement, et que l’on connaît surtout par les travaux de Turner, Ercolani, Tafani. Ce que d’abord nous chercherons surtout à montrer, c’est la transformation graduelle du placenta, depuis des dispositions très simples comparables à celles que présentent certains Sélaciens, jusqu’à celles beaucoup plus compliquées que nous trouverons chez l’Homme. Ensuite nous examinerons brièvement sur un ou deux types l’histogenèso du placenta, dans le but d’arriver par ce moyen à la connaissance de la morphologie de cet organe.
A. — Nous avons fait pressentir déjà comment sera constitué le placenta sous sa forme la plus rudimentaire. La vésicule séreuse émet des prolongements villeux, et devient un chorion à la face profonde duquel se soude l’allantoïde, constituant avec lui un allanto-chorion. Les vaisseaux de l’allantoïde ayant pénétré dans les villosités choriales, une surface d'absorption considérable se trouve ainsi constituée. Cette surface absorbante entrera en fonction en s’unissant à la muqueuse de la matrice. A cet effet, celle-ci agrandira aussi sa surface en se creusant de fossettes dans lesquelles pénétreront les prolongements villeux vasculaires de l’allanto-chorion. Ces transformations ont pour but de rendre plus facile en même temps que plus productif l’échange nutritif et respiratoire entre les tissus maternels et fœtaux.
Nous prendrons comme exemple de la disposition précitée (que l’on trouve chez les Pachydermes, les Solipèdes, les Cétacés) le placenta du Cochon représenté en coupe dans la figure 1 de la pl. IV et d’une manière toute schématique dans le dessin B de la figure 6 (pl. III).
La disposition figurée en B (fig. 6, pl. III), déjà très simple, est d’ailleurs préparée par celle qui est représentée dans le dessin A de la même figure, et qui est encore plus simple. On y voit le chorion (/) avec les vaisseaux capillaires fœtaux (colorés en rouge), recouvert d’un épithélium très mince (e), s’appliquer purement et simplement contre la muqueuse de la matrice (m), pourvue d’abondants capillaires (teintés en bleu) et revêtue d’un épithélium cylindro-conique (e'). Dans le dessin B, la surface du chorion (/),