HISTOGENÈSE DU PLACENTA DEC1DU
tions. La muqueuse s’est épaissie (fig. 193, A) et forme des plis dont l’ensemble se soulève en deux grosses saillies, « lobes ou cotylédons maternels » (Cm), séparés par un sillon profond, le
Fig. 193. — Formation de V ectoplacenta chez le Lapin.
A. Coupe totale de l'embryon, de l’ectoplacenta et des lobes ou cotylédons maternels. — cm, cotylédons maternels. — s, sillon intercdtylédonaire. — gl, glandes et replis de la muqueuse utérine. — ec, ectoplacenta. (Embryon de 8 jours 1/2.)
B. Coupe plus grossie. — ec, ectoplacenta. — c, sa couche cellulaire. — p, sa couche plasmodiale. — v, vaisseaux capillaires superficiels de la muqueuse, -r- v', vaisseaux capillaires profonds avec leur adventice spéciale. — gl, glandes avec leur épithélium en voie de dégénérescence. — en, entoderme. — m’, mésoderme splanchnique. — m, mésoderme somatique. (Embryon de 8 jours.)
C. Coupe en un stade plus avancé. (Embryon de 9 jours.) Les lettres ont la même signification que ci-dessus.
(c sillon interlobaire ou intercotylédonaire » (s). L’épaississement de la muqueuse estdûà l’hypertrophie du tissu conjonctif et à l’ac-
ANNEXES EMBRYONNAIRES DES MAMMIFERES
croissement de la vascularisation. Le derme de la muqueuse présente au-dessous de l’épithélium de nombreux capillaires (fig. 193, B, v), entre lesquels se trouvent dans une substance amorphe des cellules connectives étoilées. Les parties profondes du derme renferment des vaisseaux remarquables parleur nombre et par leur structure : ce sont des capillaires (V) à la surface externe desquels s’est développée une adventice, d’aspect tout particulier, formée qu’elle est de cellules globuleuses résultant de la transformation des cellules connectives étoilées adjacentes ; cette adventice est d’autant plus épaisse qu’on examine des vaisseaux plus profondément situés. Quant à l’épithélium, il forme de nombreux replis (A, B, gl) et des invaginations que l’on est convenu de considérer comme glandes. L’épithélium des parties saillantes de la muqueuse est transformé en un revêtement épais, homogène, renfermant de nombreux noyaux à contour irrégulier, à chromatine périphérique, tous situés dans la zone profonde de la couche épithéliale transformée. Ces modifications de l’épithélium, lesquelles, nous le verrons ultérieurement, préludent à sa résorption, se poursuivent à ce moment plus ou moins dans les dépressions glandulaires et les plis, mais n’atteignent pas encore les parties profondes de ces divers enfoncements.
Lorsque l’épithélium utérin s’est ainsi modifié, l’ectoplacenta vient s’y appliquer (A, B, ec) ; c’est alors qu’il se transforme par ses couches superficielles en un symplaste (B, p) qui s’épaissit de plus en plus, tandis que devant lui la couche homogène résultant de la dégénérescence de l’épithélium utérin se détruit et finalement disparaît tout à fait. L’ectoplacenta est alors soudé au derme utérin lui-même, et si intimement qu’il ne peut en être séparé sans perte de substance (voir fig. 183). Il arrive de la sorte au contact des petitscapillaires superficiels de la muqueuse utérine(fig. 193, C).
Chez un embryon de neuf jours et demi (fig. 194, A), on voit l’ectoplacenta entrer dans des connexions de plus en plus étroites avec la muqueuse, grâce à ce qu’il envoie de nombreuses poussées qui pénètrent dans le derme et obturent ce qui reste des lumières glandulaires, entourant de toutes parts les vaisseaux les plus superficiels de la muqueuse. En même temps, à la face profonde de l’ectoplacenta, c’est-à-dire sous sa couche cellulaire, viennent
FORMATION DE L’ECTOPLACENTA
s’appliquer des cellules mésodermiques (mv) détachées du mésoderme somatique.
La muqueuse des lobes ou cotylédons est de plus en plus épaisse; les vaisseaux profonds sont entourés par une adventice plus puissante, dont les cellules ont subi une modification qui les a rendues vésiculeuses. En même temps, on voit un certain nombre de cellules connectives devenir, à la suite de processus remarquables, elles aussi vésiculeuses ; les cellules ainsi modifiées méritent d’être appelées cellules déciduales. L’état de l’ectoplacenta (ec) est caractéristique de ce stade : il affecte la forme d’une lame ondulée sur son bord fœtal, déchiquetée sur son bord utérin, et creusée de lacunes remplies de sang, qui communiquent d’ailleurs avec les vaisseaux maternels, et qu’on doit appeler par conséquent lacunes sangui-maternelles de V ectoplacenta (L). C’est que la couche plasmodiale de l'ectoplacenta a englobé les capillaires les plus superficiels de la muqueuse, jusqu a amener l’atrophie et la disparition de leur endothélium, de sorte que, finalement, le sang maternel se trouve contenu dans des sinus qui n’ont d’autres parois que la couche plasmodiale elle-même.
Les stades qui précèdent peuvent être rassemblés en une « période de formation » de l’ectoplacenta. L’évolution ultérieure de cet organe va, par suite de l’accolement du mésoderme allantoïdien auchorion et de l’arrivée des vaisseaux allantoïdiens, consister en un remaniement particulier, qui modifiera complètement l’aspect primitif; ce sera la « période de remaniement ».
Jusqu’à présent, la lame ectoplacentaire contient bien du sang maternel (lacunes sangui-maternelles), mais pas de vaisseaux fœtaux. La période de remaniement est caractérisée par l’arrivée de ces vaisseaux, qui, pénétrant dans l’ectoplacenta, le subdivisent en lobes, puis en lobules et ces derniers à leur tour en canalicules ou tubes. L’ectoplacenta s’étend d’abord au loin autour des vaisseaux qu’il avait jusqu’alors respectés, et qui se continuent par les lacunes sangui-maternelles, en leur formant une gaine étroite que l’on peut appeler « couche plasmodiale endovasculaire » (fîg. 194, B, pv). En même temps, sa face profonde (fœtale) est envahie par des prolongements vasculaires du mésoderme (mv) ; il se trouve par cela même morcelé et subdivisé en lobes de forme
ANNEXES EMBRYONNAIRES DES MAMMIFERES
Voir la légende g) âge H95.