‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 134 sur 159 · PÉNÉTRATION DES VILLOSITÉS DANS LES GLANDES UTERINES · texte numérisé non relu

PÉNÉTRATION DES VILLOSITÉS DANS LES GLANDES UTERINES

du placenta maternel. Dans un stade ultérieur (II), le tissu conjonctif de la muqueuse végète entre les glandes et forme la couche placentaire (pi). Dans la couche placentaire, les caractères de la muqueuse sont modifiés; la muqueuse est remarquable par sa grande vascularisation, l’abondance et la nature particulière des éléments cellulaires qu’elle renferme, etc. Ces éléments augmentent de taille et deviennent de grandes cellules appelées cellules déci duales. La couche placentaire représente dès maintenant l’assise la plus superficielle de la muqueuse transformée en placenta, la couche glandulaire formant l’assise profonde (fig. 195, II pl , gl). En même temps les villosités, s’allongeant toujours, pénètrent dans la couche placentaire. Ce n’est que plus tard seulement que les villosités deviennent vasculaires ; elles se ramifient alors, en émettant des branches aplaties. Pendant ce temps, la couche placentaire augmente beaucoup d’épaisseur, jusqu’à devenir trois ou quatre fois plus importante que la couche glandulaire. Ce phénomène est dû à ce que les glandes se trouvent annihilées, remplies par les villosités choriales, à mesure que celles-ci s’avancent dans leur cavité ; de la sorte, telle région qui appartenait précédemment à la couche glandulaire arrive à faire partie de la couche placentaire. A l’état définitif, voici ce que l’on observe sur une coupe intéressant toute l’épaisseur du placenta (fig. 195, III). On trouve d’abord une couche éminemment vasculaire, parcourue verticalement par des capillaires parallèles les uns aux autres, dont les uns (cm) sont des capillaires maternels, les autres ( cf ) des capillaires fœtaux. Les premiers sont fournis par les artères utérines, qui s’élèvent presque jusqu’à la surface libre, c’est-à-dire choriale, du placenta, et se réunissent, après avoir formé des anses, à la base de la couche placentaire, en donnant les veines utérines. Les capillaires fœtaux venus des artères ombilicales forment, à la surface libre du placenta, des veines ombilicales. Dans toute l’épais-

Fig. 195. — Trois stades successifs de la formation du placenta chez les Carnivores (I, II, d’après Fleischma.nn ; III, état adulte, d’après Tafani, modifiés).

ec, ectoderme. — en, entoderme. — g, glandes utérines. — - v, Villosités choriales. — pl, couche placentaire de la muqueuse. — gl, couche profonde ou glandulaire de la muqueuse. — cm, capillaires maternels. — cf, capillaires fœtaux. — m, musculaire. Dans le dessin III est représentée une partie de la région extraplacentaire du chorion et de la muqueuse utérine. Les rapports de l’un et de l’autre y sont ceux que l’on trouve dans le placenta diffus. Le chorion ch, recouvert par son épithélium e, présente des villosités peu élevées reçues dans de très légères dépressions de la surface utérine revêtue pat son épithélium e\

ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE. 2 G

ANNEXES EMBRYONNAIRES DES MAMMIFERES

seur de la couche placentaire ainsi abondamment vascularisée il n’est plus possible de faire la part de ce qui appartient respectivement à la partie fœtale et à la partie maternelle du placenta, tant la fusion entre les deux est intime. Ce n’est que plus profondément, au niveau de la couche des glandes, que l’on voit l’extrémité des villosités choriales (v) devenir libre, en plongeant dans un espace glandulaire (g) sans atteindre toutefois l’extrémité aveugle de la glande. C’est seulement cette portion isolée et complètement libre des villosités choriales qui a conservé son épithélium ; ce dernier, dans toute l’étendue de la couche placentaire, après s’être fortement aplati, est devenu méconnaissable ou même a disparu. La cavité glandulaire, elle aussi, a perdu son épithélium sur toute la hauteur occupée par la villosité; san9 doute, la couche épithéliale se résorbe sous l’action de la villosité envahissante (fig. 195, II et III). A la naissance, le placenta se détache de la muqueuse utérine au niveau de la couche glandulaire ; il y a donc ici chute d’une certaine portion des tissus maternels ; il existe en un mot une caduque.

Le fait de la persistance de l’épithélium, tant à la surface de l’utérus que dans les culs-de-sac glandulaires ou tout au moins dans la partie profonde de ceux-ci, a fait naître, dans l’esprit de ceux qui l’ont observé, cette idée, que l’épithélium utérin joue un rôle et sécrète une substance destinée à être absorbée par les villosités choriales et à servir par là à la nutrition du fœtus. Cette substance existe en réalité, et depuis longtemps même elle est connue ; Haller l’a nommée lait utérin .

Le lait utérin est un liquide ou plutôt une émulsion riche en albuminoïdes et en graisses ainsi qu’en glycogène (Cl. Bernard, Godet, Marchand).

Il est remarquable par la présence de nombreux éléments cellulaires, étudiés surtout par Bonnet, qui y a fait connaître l’existence de formation bactéroïdes des plus curieuses. La ressemblance du lait utérin avec le lait mammaire a fait penser que la nutrition du petit par les mamelles n était autre chose que la continuation de l’alimentation du fœtus par les parois utérines. Et d’autre part la composition analogue du lait utérin et du contenu vitellin de l’œuf d’Oiseau a fait dire à Ercolani et à Turner

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