LAIT UTÉRIN
qu’il n’y a entre la nutrition du jeune Mammifère et celle du Poulet que cette différence : les substances nutritives sont formées chez le Poulet par la mère en masse et dès le début ; pour les Mammifères elles se forment dans l’utérus à mesure que se poursuit le développement de l’embryon.
Le lait utérin a été étudié surtout par Bonnet et Tafani. Quand on ouvre un utérus de Brebis du 16° au 20e jour, on tombe, dit Bonnet, sur une masse floconneuse qui n’est autre que le lait utérin. Chez le Cheval, Bonnet signale aussi l’existence d’une couche de lait utérin entre l’œuf et la matrice. Tafani a retrouvé, dans les cas très divers étudiés par lui, le lait utérin : ainsi chez le Porc, les Buminants, les Carnivores, les Rongeurs, les Chéiroptères. Par contre, les recherches de bon nombre d’auteurs sont demeurées sans résultat à ce sujet.
L’origine du lait utérin a été diversement comprise par les auteurs. Tandis que la plupart ont admis, comme nous l’avons toujours supposé jusqu’ici, que le lait utérin est un produit des glandes utriculaires de la matrice (Haller, von Baer, Bischoff, Sharpey, Jassinsky, etc.), ou même de la totalité de la surface de l’épithélium utérin (Henning), d’autres tels que Turner, Ercolani, Romiti ont pensé, Ercolani surtout, qu’il était dû à un organe sécréteur nouveau. Cet organe sécréteur néoformé n’est autre que le derme utérin remanié, et devenu particulièrement riche en grandes cellules. La conception, dit en substance Ercolani, entraîne dans la muqueuse utérine le développement d’un processus destructeur, et ensuite celui d’un processus néoformateur d’où résulte le placenta maternel ; le placenta se constitue par les relations qui s’établissent entre les villosités choriales absorbantes et les villosités maternelles sécrétantes.
Quant au mode de formation même du lait utérin, Ercolani fait naître le lait utérin, conformément à ce que nous venons de dire de l'ensemble de son opinion, d’une décomposition des cellules du tissu même de la muqueuse utérine. Bonnet, observant dans le lait utérin une énorme quantité de globules blancs, attribue à ces derniers la production de ce liquide ; les globules blancs fournis par les vaisseaux sanguins de la mère émigreraient à travers l’épithélium de la muqueuse et des glandes, pour parvenir au contact
ANNEXES EMBRYONNAIRES DES MAMMIFERES
du choriou. Tafani, ayant constaté dans les noyaux des cellules épithéliales de la muqueuse et des glandes utérines de nombreuses figures chromatolytiques, considère le lait utérin comme formé par la destruction de ces cellules dont les produits de désagrégation
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Fig. 196. — Coupe verticale du placenta du Cochon, passant par un champ d’Eschricht (d’après Tafaxi). a, chorion. — b, épithélium du chorion. — c, réseau capillaire des villosités choriales. — d, le tissu propre du placenta maternel. — e, réseau vasculaire maternel. — /, tissu interglandulaire. — g, les glandes utriculaires. — h, tissu musculaire. A remarquer dans le champ d’Eschricht la forme et la constitution particulières des villosités choriales, et de plus l’ouverture d’une grosse glande utérine au centre de l’aréole d’Eschricht. La moitié seulement de la coupe d’un champ d’Eschricht a été figurée.
seraient ensuite absorbés par les cellules épithéliales des villosités choriales. C'est la dernière opinion qui est certainement la plus acceptable.
Tafani a précisé le lieu de formation du lait utérin dans les