III. — ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME. — l’œüF HUMAIN
§ 1. — Premiers stades du développement de l’œuf humain. — On n’a pas été sans s’étonner que, dans les chapitres qui précèdent, il n’ait été que très rarement question de l’œuf humain et de l’embryon qu’il contient. C’est que l’on n’a guère observé jusqu’à ce jour d’œufs humains assez jeunes pour pouvoir y étudier le développement des feuillets et par suite du corps embryonnaire. Les œufs les moins développés dont on a été en possession étaient d’ailleurs le plus souvent pathologiquement
l’œuf humain
altérés, et l’embryon n’y existait pas, ou était devenu méconnaissable. C’est surtout au point de vue des annexes embryonnaires, des enveloppes ovulaires, que les œufs humains très jeunes dont nous parlons sont intéressants, c’est pourquoi nous les étudions ici. Encore ne peut-on plus avoir déjà de renseignements sur la formation des annexes, celles-ci étant déjà constituées, et doit-on se borner à étudier leur structure et leurs rapports.
Il existe dans la science un grand nombre déjà d’observations, malheureusement souvent incomplètes, relatives à des œufs et à des embryons humains très jeunes, de 12 à 15 jours au minimum. Les principaux œufs et embryons humains décrits, âgés de 2 à 5 semaines, sont ceux de : Allen Thomson, Schrôder van den Kolk, Wagner, J. Millier, Coste, Hensen, Hennig, Reichert, Breuss, Schwabe, Beigel et Lowe, Beigel, Ahlfeld, Kollmann, His, Fol, Chiarugi, Spee, Schlesinger, Kollmann, Keibel, etc. Il convient d’ajouter à celte liste les descriptions d’Ecker, v. Preuschen, Langhans, Kastschenko, etc.
L’étude de ces œufs est hérissée de difficultés. Outre la délicatesse des parties à examiner, les œufs sont souvent dans un état de conservation fort imparfait, auquel il faut ajouter encore la possibilité de monstruosités, d’altérations pathologiques. Aussi His s’est-il cru autorisé, d’après ses nombreuses recherches sur l’œuf humain, à admettre, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, l’existence de plusieurs types tératologiques d’embryons humains. Une nouvelle difficulté surgit quand il s’agit de déterminer l’âge de l’embryon observé, afin de pouvoir lui assigner le rang qui lui revient dans la série des embryons décrits. On détermine cet âge en comptant le temps écoulé entre l’avortement et l’époque à laquelle la menstruation aurait dû se produire. Il est évident que l’on n’obtient de la sorte que des renseignements approximatifs, et que l’on doit se montrer très réservé sur la valeur de telles déterminations.
A) Description des plus jeunes œufs humains. — Partant de ces données, les plus jeunes œufs humains observés sont ceux de : Breuss (10 jours), Chiarugi (2° semaine), Spee (moins de deux semaines), Reichert (14 jours), Thomson (10 et 14 jours), His (plusieurs embryons à partir du 14° jour), Spee (14 jours), Coste (15 à
ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME
1 8 jours), Janosik (1 5 jours), Ahlfeld (15 jours), Kollmann (15jours), Kollmann (13 à 14 jours), Keibel. Nous décrirons quelques-uns de ces œufs.
L’œuf de Reichert (fig. 197) fut observé en position dans l’utérus d’une suicidée; il consistait en une vésicule déformé lenticulaire, dont la région
Fig. 197. — Œuf de Reichert vu de face et de profil (emprunté à Kolliker). Grossi environ quatre fois. Sur la vue de face on distingue la soi-disant tache embryonnaire de Reichert.
Fig. 198. — Œuf de His (emprunté à Balfour). En am, l'amnios. — vo, vésicule ombilicale, — ch, lambeau du chorion, auquel l’embryon est rattaché par un pédoncule pv.
Fig.199. — Œuf de His (emprunté à Balfour).— vo, vésicule ombilicale.
équatoriale portaitde nombreuses villosités, longuesde0,2 millim., ramifiées elles-mêmes. A partir de l’équateur, la hauteur des franges villeuses diminue, tant du côté de la face utérine (face basilaire de Reichert) que du côté
Fig. 200. — Œuf d’ Allen Thomson, non ouvert et non grossi ; le diamètre de cet œuf est de 5 à 6 mill. (emprunté h.
Koelliker).
Fig. 201. — Œuf d’ Allen Thomson (copié dans Koellikbr), ouvert pour montrer le très petit embryon qu’il contient .
Fig. 202. — Œuf d’ Allen Thomson plus âgé que les précédents, renfermant un petit embryon (emprunté h Koelliker).
Fig. 203. — L’embryon de l’œuf figuré en 201, grossi . La gouttière médullaire est encore ouverte. — vo, vésicule ombilicale (emprunté à Koelliker) .
delà face libre de l’œuf. Sur la face basilaire, il existe une étendue circulaire de la vésicule qui est dépourvue de villosités. Il en est de même sur la face libre de l’œuf, où la région non villeuse est même beaucoup plus grande. Les deux pôles de l’œuf se montrent donc dépourvus de villosités.