DESCRIPTION DES PLUS JEUNES ŒUFS HUMAINS
Au pôle libre, on voit une plage circulaire foncée que Reichert a considérée comme la tache embryonnaire.
Allen Thomson a fait plusieurs observations d’œufs humains très jeunes. La figure 200 représente* en grandeur naturelle, le premier œuf décrit par Thomson. Cet œuf, de forme arrondie, d’un diamètre de 6 millim., est complètement revêtu de villosités. Il contient une vésicule (vésicule ombilicale ?) sur laquelle est couché un embryon informe. Un second œuf a été décrit par Thomson (fig. 201) ; cet œuf avait une forme ovalaire et était recouvert de villosités sur toute sa surface ; la cavité de l’œuf était considérable e renfermait un petit embryon, couché sur une vésicule arrondie qui n’es
Fig. 204. — Œuf humain de Coste, grossi (copié dans Koelliker). — o, vésicule ombilicale. — m, artère omphalo-mésentérique. — n, veine omphalo-mésentérique. — am, amnios. — i, intestin postérieur. — d, bord de la large ouverture abdominale intestinovitelline. — u, pédoncule de l’allantoïde (ouraque). — a, allantoïde avec ses vaisseaux. — ch, chorion auquel l’allantoïde est reliée par un court cordon ombilical.
Fig. 205. — Le même œuf humain, modifié par His, qui l’a un peu tourné de façon à faire voir l’extrémité postérieure plus distinctement. La figure représente l’embryon, l’amnios, le sac vitellin et le pédicule ventral. Le chorion est coupé au ras de l’insertion du pédicule ventral (copié dans Hertwig).
autre que le sac vitellin ; dans l’embryon fort jeune le système nerveux était encore à l’état de gouttière médullaire (fig. 203). Thomson a encore donné la description d’un autre œuf, ce dernier plus âgé que les autres (fig. 202) ; dans cet œuf se trouve un embryon déjà bien développé, auquel est appendu un sac vitellin un peu flétri.
Dans les œufs décrits par His (fig. 198 et 199), il existe un sac vitellin assez considérable. La vésicule ovulaire est complètement revêtue de villosités,
ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME
et l’embryon est relié à la paroi de cette vésicule par un pédoncule que His regarde comme le pédicule de l’allantoïde. L’amnios est complètement fermé autour de l’embryon et se prolonge quelque peu sur le pédoncule qui rattache l’embryon à la périphérie de l’œuf (fig. 206).
Ahlfeld a donné la description histologique de l’enveloppe séreuse d’un jeune œuf humain observé par lui. La séreuse est garnie de villosités un peu rameuses. Elle consiste en un feuillet connectif, que l’auteur croit fourni par l’allantoïde, et en un revêtement épithélial; les villosités ont la même constitution. Les villosités ne sont d’ailleurs que dans un rapport de contact peu intime avec la muqueuse utérine. Ahlfeld mentionne les modifications subies par la muqueuse utérine.
Coste a décrit et figuré un œuf humain du 15e jour au moins, un peu plus âgé que ceux qui précèdent, mais ainsi incontestablement mieux conservé et mieux observé. L’œuf était complètement recouvert de villosités légèrement rameuses. A l’intérieur se trouvait un grand espace, en partie occupé
par l’embryon avec l’amnios et le sac vitellin, fixé au chorion par un court cordon ombilical. La vésicule ombilicale (fig. 204 et 205) communiquait largement avec l’intestin. A l’extrémité postérieure du corps se trouvait l’allantoïde (a) avec ses vaisseaux, qu’un large canal, l’ouraque futur (u), reliait à l’intestin postérieur. L’amnios (a m) se détachait des bords de la vaste cavité abdominale et enveloppait plus ou moins étroitement les diverses régions du corps; il se prolongeait en arrière en formant une enveloppe incomplète à la face postérieure du pédoncule de l’allantoïde.
Kollmann décrit deux œufs humains de la grosseur d’un pois, limités par une enveloppe formée d’un tissu connectif gélatineux, supportant une membrane épithéliale (fig. 207). La couche épithéliale des nombreuses villosités dont se hérisse l’enveloppe de l’œuf possède une zone extérieure moins granuleuse que la zone profonde qui entoure le noyau ; cette zone devient en se modifiant une membrane propre anhiste. C’est surtout au point de vue des rapports de l’œuf avec la muqueuse utérine que les observations de Kollmann sont intéressantes ; nous les retrouverons tout à l’heure.
GrafSpee a décrit un œuf humain de 1 cent, de diamètre, arrondi, mais aplati suivant les pôles, pourvu de villosités, très rares à l’un des pôles, très serrées à l’autre au contraire. L’embryon, très petit, de2mm,69 de long, avait le dos tourné contre la paroi ovulaire à laquelle il était rattaché par son extrémité postérieure seulement, allongée en un pédicule (allantoïde).
Fig. 206. — Coupe diagrammatique longitudinale de l’œuf auquel appartenait l’embryon représenté dans la fig. 199 (d’après His) . ch, chorion. — pv, pédicule allantoïdien (pédoncule ventral) , — vo, vésicule ombilicale. — am, amnios.