DESCRIPTION DES PLUS JEUNES ŒUFS HUMAINS
A la face ventrale del’embryon pendait une vésicule ombilicale de 3mm,5 de long, vasculaire et munie de deux veines qui suivaient le trajet des parois épithéliales, la couche extérieure étant formée de cellules aplaties, la couche interne de cellules cubiques (fig. 208).
L/autre œuf observé parGraf Spee, de 1 cent, de diamètre, renfermait un embryon de 2 millim. de long, attaché par son extrémité postérieure effilée à la face interne de l’œuf. Cet embryon, qui a été déjà en partie décrit (p. 271), était surtout caractérisé par l’existence d’une gouttière médullaire encore largement ouverte. Le sacvitellin, riche en vaisseaux, se rétrécissait tout à coup en un diverticule aveugle et tubulaire qui était compris dans l’épaisseur du prolongement caudal de l’ébauche embryonnaire attaché au chorion. L’amnios se terminait en arrière sur la face dorsale de l’embryon un peu au-devant de l’insertion choriale de ce dernier, et recouvrait ainsi dans toute son étendue l’extrémité adhérente de l’embryon. La petitesse du sac vitellin par rapport à la totalité delà cavité ovulaire, l’occlusion précoce de l’amnios, l’épaisseur de l’ectoblaste embryonnaire étaient dans cet œuf des particularités sur lesquelles l’auteur attire l’attention.
L’embryon récemment décrit par Kollmann (fig. 209) mesure 2mm,5 de long. La forme du corps est celle d’une massue, l’extrémité céphalique étant très volumineuse. La gouttière médullaire est encore ouverte en avant. L’embryon flotte sur un sac vitellin vide, qui communique largement avec l’intestin. Le sac vitellin est muni d’élevures villeuses, et entouré de fins faisceaux conjonctifs, tendus entre lui et aussi l’amnios d’une part, le chorion d’autre part. Un pédoncule très court, partant de l’ombilic cutané, relie l’embryon au chorion ; l’amnios ne prend aucune part à la formation de ce pédoncule. Malgré l’âge très peu avancé de cet embryon (de 13 à 14 jours), l’amnios est complètement fermé. Il n’y a pas d’allantoïde vésiculeuse libre.
Keibel a étudié récemment un œuf humain mesurant 8mm,5 dans son plus grand diamètre. Cet œuf, à peu près sphérique, était cependant légèrement aplati aux pôles, ceux-ci étant dépourvus de villosités ; les villosités sont formées d’un axe mésodermique et d’une bordure épithéliale à deux assises, sans limites cellulaires. A l’extrémité postérieure de l’embryon est attaché un pédoncule ventral. A l’embryon est appendu le sac vitel-
Fig. 207. — Coupe à travers l’enveloppe séreuse d’un œuf humain de 6 millim. (d’après Kollmaxn). e , couche épithéliale. — c, couche connective. — e" épithélium intact d’une villosité. — c’, tissu conjonctif d’une villosité dont l’épithélium a été détaché .
ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME
lin, qui adhérait primitivement au chorion par une bande mésodermique.
Fig. 208. — Embryon humain (d’après Spee).
àm, amnios. — vo, vésicule ombilicale. — pv, pédoncule ventral rattachant l’embryon au chorion. — c, saillie du cœur. — ec, extrémité céphalique. — ec\ extrémité caudale .
Fig. 209. — Embryon humain (d’après Kollmann).
am, amnios. — vo, vésicule ombilicale excisée. — pv, pédoncule ventral. — c, cœur. — b, fossette buccale. — tm, gm, tube et gouttière médullaires.
Plusieurs faits intéressants se dégagent de l’observation des œufs qui viennent d'être décrits.
Tout d’abord la membrane qui enveloppe l’œuf, et dont Ahlfeld, Kollmann, Spee ont donné la constitution histologique en y décrivant une couche conne<iüve et un épithélium, est pourvue de villosités, signalées pour la première fois par Thomson et retrouvées depuis par tous les observateurs soit sur toute la surface de l’œuf (œufs d’Ahlfeld, de Kollmann, de Spee par exemple), soit seulement à l’équateur, les pôles de l'œuf demeurant libres (œufs de Reichert, de Breuss, de Beigel et Love). La situation superficielle de l'enveloppe en question, sa contitution histologique, sa nature villeuse en font une vésicule séreuse, un chorion.