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LE PÉDONCULE VENTRAL

Dans tous ces cas, la cavité ovulaire est très spacieuse, incomplètement remplie par l’embryon et ses annexes. Il y a donc là une différence d’avec ce qui existe chez les autres Mammifères, qui ne paraît pas due à des altérations pathologiques de l’œuf.

Les faibles dimensions du sac vitellin par rapport à la cavité ovulaire, Tétendue par conséquent du cœlome extra-embryonnaire compris entre le sac vitellin et le chorion constituent une particularité remarquable de l’œuf humain, qui rappelle pour Spee ce qui existe chez les Rongeurs à feuillets invertis, et que Hubrecht cherche à expliquer en admettant ici l’exagération de la disposition qu’il a observée chez le Hérisson. Chez cet animal en effet, après que le sac vitellin, appliqué à la face interne de l’enveloppe extérieure de l’œuf, a joué grâce à sa riche vascularisation un rôle dans la nutrition de l’embryon, il se ratatine et se réduit à un appendice plissé, situé sous le ventre de l’embryon. Il suffit de penser que dans l’œuf humain, le même phénomène se produit, mais à un stade beaucoup plus précoce du développement.

Dans les plus jeunes œufs, on n’a pu établir avec certitude l’existence d’une ébauche embryonnaire. Il en fut ainsi pour les œufs de Reichert, de Thomson (le plus petit œuf observé par cet auteur), de Breuss, d’Ahlfeld, de Kollmann.

Dans les cas où un embryon et des annexes embryonnaires ont pu être trouvés à l’intérieur du chorion, voici quels étaient en général leurs rapports entre eux et avec le chorion. A l’embryon était suspendue une vésicule ombilicale assez peu considérable relativement au volume de l’œuf entier, pourvue de vaisseaux, et communiquant largement avec l’intestin embryonnaire. L’embryon était d’ailleurs complètement entouré par l’amnios, dont la cavité était peu considérable. L’extrémité postérieure de l’embryon était rattachée au chorion par un pédoncule (fig. 204, u , fig. 205, fig. 206, fig. 208 et 209, pv), nommé par His pédoncule ventral à cause de son insertion à la surface ventrale de l’embryon.

Le pédoncule ventral est une formation caractéristique de l’embryon humain, mais dont la genèse et la signification ne sont pas encore complètement élucidées.

Il est constitué, ainsi que l’ont établi les recherches de Kolliker et de His : 1° par le prolongement effilé de l’amnios (fig. 210, am). — 2° par une couche abondante de tissu conjonctif embryonnaire,

ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME

recouverte du côté de la cavité amniotique par l’épiblaste, partout ailleurs par l’épithélium du cœlome ; cetfc masse cellulaire

est le prolongement de la ligne primitive, et sur sa face dorsale on peut voir la coupe de la gouttière médullaire (m). — 3° par l’ébauche de l’allantoïde, qui est contenue dans la masse connective, réduite à l’état d’un étroit conduit épithélial (al). — 4° par les vaisseaux ombilicaux (allantoïdiens), dont les artères (a) sont appliquées contre l’allantoïde , tandis que les veines (v) sont voisines de l’amnios. En somme, le pédoncule ventral représente un prolongement de l’extrémité postérieure tout entière du corps de l’embryon.

Pour Kôlliker, le pédoncule ventral est en rapportavec le développement de l’allantoïde. Cette dernière prendrait naissance sous la forme d’une saillie connective épaisse et vasculaire, renfermant un tube épithélial court et étroit, et aborderaitl’enveloppe séreuse, sans se développer au préalable en une grande vésicule épithéliale libre, ainsi que cela a lieu chez les Mammifères.

C’est qu’en effet le développement de l’allantoïde paraît être chez l’Homme tout autre que chez la plupart des Mammifères. Et tandis que chez ceux-ci l’allantoïde représente une vésicule pédiculisée, libre de toutes parts, qui vient s’adosser secondairement à la vésicule séreuse, il semble que chez l’Homme ce soit en vain qu’on s’est efforcé de retrouver une pareille formation.

W. Krause a bien décrit chez un embryon humain très jeune une allantoïde sphérique, sacciforme, mais il a été reconnu que l’embryon humain de Krause était un embryon de Poulet. Depuis v. Preuschen a signalé et figuré l’allantoïde vésiculeuse libre chez un embryon humain (fig. 211). Dans l’embryon de Preuschen, l’allantoïde sortait de l’extrémité caudale, rattachée à l’intestin par un pédicule creux ; elle était longue de lmm,3 et large deOmm,45 environ. L’embryon était uni au chorionparun «pédicule cutané», qui prenait naissance juste au-devant du point d’attache de l’allantoïde à l’extrémité postérieure du corps. C est par ce pédicule cutané qu’arrivaient au chorion les vaisseaux et le tissu conjonctif, sans que l’allantoïde entrât

Fia. 210. — Coupe schématique du pédoncule ventral d’un embryon humain (d’après His, modifié par S. Mixot).

am, amnios. — m, sillon médullaire. — v, v, veines. — a, a, artères. — al, allantoïde. — coe, coelome.

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