CONSTITUTION DU CORDON OMBILICAL
2° Le tissu conjonctif forme la masse fondamentale du cordon où sont enfouies les autres parties constitutives de l’organe ; il est de nature muqueuse ou gélatineuse et a reçu le nom de gelée de Wharton. Il est essentiellement caractérisé par la présence d’une substance fondamentale muqueuse, où sont disséminés des éléments cellulaires, de forme le plus souvent étoilée. Il s’y ajoute de bonne heure des faisceaux conjonctifs qui limitent des mailles remplies par la substance muqueuse, et aussi des fibres élastiques, les uns et les autres d’autant plus abondants que le cordon est plus avancé dans son développement.
3° Les vaisseaux ombilicaux (allantoïdiens) consistent chez
Fg. 218. — Coupes transversales du cordon ombilical de l'Homme en deux stades différents (d’après Sedg,
Minot).
A. — cordon de la 6e semaine. — B. cordon du 8e mois. — v, veine ombilicale. — a, artères ombilicales. — al, pédicule épithélial de l'allantoïde. — coe, cœlome. — vi, pédicule du sac viteilin avec ses vaisseaux.
l’Homme au début en deux artères et deux veines. Plus tard, l’une des veines s’atrophie. Les artères sont enroulées en spirale autour de la veine, et unies avant de pénétrer dans le placenta par une anastomose transversale. Elles conduisent au placenta le sang de l’embryon que la veine ombilicale ramène à son point de départ.
4° Le pédicule épithélial de l’allantoïde, l’ouraque, est au premier et au deuxième mois un élément constant du cordon ombilical, et disparaît ensuite. Kôlliker et Ahlfeld ont trouvé des vestiges
ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L HOMME
allantoïdiens dans le cordon ombilical à terme, consistant en un cordon épithélial, plein, situé entre les vaisseaux, et qu’il est impossible de suivre sur une grande longueur.
5° Les vaisseaux vitellins ou omphalo-mésentériques ne se trouvent que très rarement, suivant Kolliker, et encore ne peut-on affirmer que c’est bien eux que l’on aperçoit dans le cordon ombilical à la naissance.
6° Il en est de même du canal vitellin, qui devient indistinct de très bonne heure, en perdant comme le canal allantoïdien sa lumière, et se transformant en un tractus épithélial plein. Le canal et les vaisseaux vitellins sont contenus dans un espace d’origine cœlomique, visible seulement dans les premiers temps du développement (Sedg. Minot). Ruge et Ahlfeld, ainsi que Kleinwachter, ont donné relativement à la fréquence de la persistance du canal et des vaisseaux vitellins des indications contraires à celles de Kolliker.
G. — Chorion. — Nous avons vu que la vésicule séreuse est revêtue dans les premières semaines du développement de villosités simples ou même rameuses, soit sur toute sa surface, soit seument dans sa région équatoriale ; elle se présente donc de bonne heure comme un chorion. Le développement abondant et précoce des villosités du chorion humain est même caractéristique. Le chorion comprend deux couches, l’une connective, l’autre épithéliale. Mais les villosités dont il est garni sont d’abord purement épithéliales, ainsi que c’était le cas pour l’œuf de Coste. Un peu plus tard, le bourgeon épithélial qui les constitue se montre pourvu d’un axe connectif, comme l’ont vu Ahlfeld, Kollmann, Spee, etc. (voirfig. 207).
L’épithélium du chorion et de ses villosités est constitué par deux couches, que Langhans et Kastschenko ont surtout bien décrites et dont ils ont fait connaître la destinée. 1° La couche superficielle (fig. 219, p) est constituée par une zone protoplasmatique, parsemée de noyaux, sans limites cellulaires distinctes ; elle est donc un plasmodium. Pour Langhans, cette couche ne tarde pas à tomber. Pour Kastschenko elle est au contraire persistante, et formerait même des prolongements, les uns latéraux, les autres terminaux ; ces derniers joueraient un rôle considérable