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RAPPORTS DU CHORION LISSE AVEU LA CADUQUE REFLECHIE

Il nous faut examiner séparément : a) les relations du chorion lisse avec la caduque réfléchie ; b) celles du chorion touffu avec la caduque sérotine ; c) la structure et la configuration du placenta à terme.

a) Rapports du chorion lisse avec la caduque réfléchie. — Ces rapports sont simples, et leur étude préparera celle des dispositions beaucoup plus compliquées qui existent dans la région placentaire.

On a vu plus haut qu’il ne paraît pas y avoir d’adhérence bien solide des villosités choriales àla muqueuse utérine. Les villosités viennent s’accoler à la surface inégale de celle-ci, dénudée de son épithélium, sans s’enfoncer toutd’abord dans sa profondeur. Contrairementà ce qu’ont pensé Jassinsky, Winkler, Reichert, les villosités ne paraissent pas pénétrer dans la cavité des glandes. C’est ce qui résulte des observations de Kolliker, Kundrat et Engelmann, Léopold, Langhans et de celles de Kollmann et d’Ahlfeld portant sur des stades plus jeunes, faites du 1er au 2° mois de la gestation. Cependant Heinz récemment a constaté la pénétration des villosités dans les glandes, et Gottschalk a confirmé le fait sur un œuf de la 5° semaine. La question doit donc être provisoirement réservée, bien que la majorité des auteurs se prononcent en faveur d’une fixation toute superficielle de l’œuf à la muqueuse utérine.

Les villosités choriales, si elles ne s’enfoncent pas dans des dépressions correspondantes de la muqueuse, telles que des glandes, devront en se développant écarter nécessairement l’un de l’autre le chorion et la muqueuse; il régnera donc entre les deux un espace en forme de fente, où les villosités seront logées. Plus tard, cette fente disparaît entre le chorion et la caduque réfléchie, comblée par une masse cellulaire sur l’origine de laquelle on a soutenu deux opinions différentes.

Pour les uns, la masse de cellules, grâce à laquelle le chorion et la caduque réfléchie s’accolent et deviennent continus sur toute leur étendue, est produite par l’épithélium des villosités. Langhans a précisé l’origine de ces formations de remplissage. « La « couche cellulaire » du chorion lisse, dit-il, primitivement simple devient stratifiée ; cette stratification, d’abord localisée vers la fin du deuxième mois sous la forme d’îlots, devient continue au quatrième

ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME

mois; la masse cellulaire ainsi formée entoure les villosités ; et, quand l’épithélium de celles-ci a disparu, elle établit entre le chorion et ses villosités d’une part, la caduque réfléchie de l’autre, une adhérence complète (1). »

D’autres auteurs se sont fait une tout autre idée du processus par lequel le chorion lisse se soude à la caduque réfléchie, et par suite médiatement à la caduque vraie bientôt fusionnée avec la précédente. Ils ont pensé que la masse cellulaire grâce à laquelle la soudure s’opère est fournie, non plus par les villosités, mais par la caduque qui végète et joue le rôle actif dans le phénomène qui nous occupe. Nous retrouverons la même divergence d’opinions, à propos des rapports chorio-maternels dans la région placentaire.

A la naissance, le chorion lisse entraîne avec lui la caduque réfléchie et la majeure partie de la caduque vraie. La déchirure, par laquelle l’œuf est libéré de ses connexions avec la matrice, passe par la couche spongieuse de la caduque vraie, et partage cette couche en deux. La partie profonde, demeurée adhérente à la musculeuse, où, comme nous l’avions vu, l’épithélium des espaces glandulaires avait conservé ses caractères normaux, servira à la régénération de la muqueuse.

b) Rapports du chorion touffu avec la caduque placentaire. — Développement du placenta. — Les relations du chorion touffu avec la caduque placentaire ou sérotine sont bien autrement complexes et difficiles à comprendre que celles que l’on vient de voir. Aussi conçoit-on que ces relations soient encore aujourd’hui l’objet de discussions, que bien des points soient encore obscurs dans le développement et la structure du placenta humain, et que par suite le type morphologique du placenta ne soit pas encore nettement déterminé.

Pour comprendre la genèse et la constitution définitive du placenta, il nous faut revenir d’abord sur la structure du chorion touffu. Nous avons vu qu’il se distingue par la puissance de ses villosités. Celles-ci s’élèvent, réunies en bouquets ou cotylédons , au-dessus de la membrane du chorion, la membrana chorii, dans laquelle rampent les principales branches des vaisseaux ombili-

(1) On se rappelle que pour Langhans la couche superficielle, plasmodiale, de l’épithélium chorial se détruit, la couche profonde, cellulaire, persistant seule.

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