stades successifs du développement
1. Attache d’une villosité au tissu maternel ; celui-ci renferme un simple réseau capillaire.
2. Le tissu décidual prolifère le long des villosités dans l’espace intervilleux qu’il tend à remplir.
3. Le tissu décidual, dont le réseau capillaire est fortement dilaté, remplit presque complètement l’espace intervilleux.
4. Tout l’espace intervilleux est occupé par les vaisseaux maternels ; il ne reste que quelques parties de tissu décidual ménagées par l’ectasie vasculaire.
eh, chorion. — a, reste de la sérotine sous forme d’une bande de tissu. — ■ b, prolongements de cette bande ou cloisons placentaires intercotylédonaires. — c, îlots maternels. Le chorion et les villosités sont gris clair ; les vaisseaux maternels sont noirs ; le tissu décidual est rempli de cellules arrondies.
(1) Nous avons cru ne pas devoir présenter des schémas absolument conformes à la manière de voir de Léopold. Pour cet auteur, en effet, il n’y a pas d’espaces intervilleux primitifs, et ceux-ci n’existent que secondairement, constitués alors par les vaisseaux colossalement ectasiés. Cette assertion est en désaccord avec les observations d'œufs humains jeunes, où le chorion est couvert de longues villosités, à peine enfoncées dans la caduque, et où, par conséquent, il existe dès le début des espaces intervilleux. Pour que la figure réponde exactement à la description de Léopold, il suffit d’y réduire à l’état de fentes les espaces intervilleux 1 et 2.
DÉVELOPPEMENT DU PLACENTA
déjà le long des villosités dans l’espace intervilleux 2 ; ces bourgeons renferment d’ailleurs un prolongement du réseau capillaire de la caduque. Le bourgeonnement utérin continuant à se faire, et d’autre part, ainsi que nous l’avons vu plus haut, les capillaires subissant à l’intérieur de la masse des cellules déciduales une dilatation considérable, nous obtenons l’image représentée en 3 dans la figure 224. En dilatant au maximum les différentes branches du réseau capillaire, celles-ci deviendront confluentes, le réseau se transformera en un lac sanguin, et nous aurons l’aspect offert (fîg. 224, 4). On conçoit toutefois que, quelle que soit la distension des vaisseaux, il persiste à l’extérieur, du côté de la musculeuse une mince bande de tissu sérotinien, qui représentera désormais la caduque sérotine tout entière ; on comprend aussi bien qu’il puisse se conserver çà et là quelques masses de tissu maternel, soit sous la forme de prolongements de la caduque, figurant des sortes de cloisons placentaires incomplètes que nous retrouverons plus tard, soit sous l’aspect de masses insulaires, découvertes par Langhans et étudiées par Heinz, qui paraissent isolées de toutes parts.
Telle est, essentiellement et avec une restriction (voir la note), l’opinion de Virchow, Turner, Ercolani, Léopold, Golucci, etc.
2° Dans la deuxième manière de voir, les phénomènes se passent tout autrement. Il existe bien ici des espaces intervilleux qui n’ont au début aucune relation avec le système vasculaire maternel. Mais plus tard, ces espaces, au lieu d’être remplis par les vaisseaux de la mère dilatés à l’extrême, sont envahis secondairement par le sang maternel seulement. L’inondation sanguine des espaces intervilleux peut s’opérer d’ailleurs de deux manières différentes. On peut supposer que la mince couche cellulaire qui recouvre le réseau capillaire maternel (fig. 224, 2 et 3) se détruit, et qu’alors le sang maternel peut faire irruption dans les espaces intervilleux. On peut penser aussi que le tissu de la caduque ayant proliféré de façon à envelopper presque complètement les villosités, ces dernières, en proliférant de leur côté et fournissant des ramifications secondaires, « rongent de toutes parts et détruisent partiellement le tissu du placenta maternel, provoquant ainsi l’ouverture des vaisseaux de celui-ci, et, comme conséquence nécessaire, l’arrivée graduelle du sang maternel dans les espaces que les villosités
ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L HOMME
Fig. 225. — Figures schématiques du\ développement du^placenta (cl 'apres HeIn’2, un peu modifiées).