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Les villosités pénètrent dans les glandes

2. Les villosités perforent la paroi glandulaire et s’enfoncent dans le tissu décidual ambiant.

3 . Les villosités plongent dans les vaisseaux maternels ectasiés.

4 . Les villosités ont complètement rongé la partie superficielle de la sérotine ; il ne persiste que quelques îlots de tissu maternel au milieu des villosités ; les vaisseaux maternels érodés ont déversé leur sang dans les espaces intervilleux.

5 . Placenta adulte . Les espaces intervilleux sont très vastes, remplis par le sang maternel . a, reste de la sérotine sous forme d’une bande de tissu. — 6, prolongements de cette bande, ou cloisons placentaires intercotylédonaires. — c, îlots maternels. — d, caduque placentaire sous-choriale de Kolliker. — ch, chorion. — v, sinus veineux marginal. Le ckorion et les villosités sont en clair ; les vaisseaux maternels sont noirs; le tissu décidual est rempli de cellules arrondies.

DÉVELOPPEMENT DU PLACENTA

laissent entre elles » (Kôlliker). Les cloisons placentaires et les îlots maternels, dont l’opinion précédente expliquait le mode de formation, sont considérés ici comme des parties ménagées par l’érosion. Telle est la manière de voir soutenue, avec quelques variantes, par Kôlliker, Langhans, Heinz.

Heinz mérite dans cette catégorie une place spéciale. Partant de ce fait que le chorion est intimement appliqué contre la caduque, et qu’il n’existe pas d’espaces intervilleux primitifs, même très peu étendus, il admet que les villosités s’enfoncent profondément dans le tissu utérin, en pénétrant principalement dans les glandes (fîg. 225, 1). Les villosités ensuite perforant la paroi glandulaire (2) rongent le tissu maternel environnant (3), et n’en laissent plus que des vestiges insignifiants qui se conservent sous la forme de travées ou d’îlots, tandis que par suite de la destruction du tissu ont pris naissance de vastes cavités, les espaces intervilleux (4). Les parois des vaisseaux maternels peuvent être corrodées comme le tissu décidual lui-même, si bien que les villosités plongent dans les vaisseaux, qui en même temps sitôt ouverts déversent le sang dans les espaces intervilleux. Par la végétation incessante des villosités le tissu décidual, les glandes et les vaisseaux se trouvent comprimés et détruits, si bien qu’à la fin de la grossesse il ne reste plus de l’épaisse sérotine primitive qu’une bande épaisse de 1/2 à lmm (5, a), des prolongements trabéculaires de celle-ci plongeant dans les espaces intervilleux (6), et des îlots perdus au milieu du sang qui remplit ces espaces (c). Les villosités fœtales envahissent et détruisent à mesure les tissus maternels, comme en somme le ferait une tumeur maligne.

Voyons rapidement quelles raisons on peut faire valoir en faveur de l’une ou l’autre des deux opinions principales.

A. — La première hypothèse s’accorde bien mieux que la seconde avec les données de l’anatomie générale (O. Hertwig). Si en effet nous nous rallions à la première, nous admettons simplement que les capillaires de la caduque, en se dilatant beaucoup, se transforment en un système caverneux. C’est là un fait qui se rencontre bien ailleurs, et qui caractérise en particulier les organes érectiles. Que si nous adoptons au contraire la deuxième manière de voir, nous sommes obligés d’admettre avec Langhans que le

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sang maternel, quand il circule dans les espaces intervilleux, a un trajet extra-vasculaire. Or c’est un phénomène sans analogie dans l’organisme que de voir des espaces situés en dehors des voies sanguines être employés à devenir parties constituantes du système vasculaire. Cette deuxième hypothèse nous oblige en outre, si nous ne voulons pas reconnaître que les capillaires se sont dilatés, comme le veut la première opinion, au point de remplir les espaces intervilleux, à avouer que les capillaires font défaut dans le placenta utérin entre les artères et les veines ; ce serait là une disposition anatomique exceptionnelle.

B. — L’étude anatomo-microscopique du placenta complètement développé a fourni aux partisans de l’une et de l’autre opinion des faits en faveur de leur manière de voir. Quelles sont en particulier les couches cellulaires qui séparent les villosités du sang maternel ?

Si le premier processus que nous avons décrit existe réellement, si les vastes lacs sanguins de la mère ne sont que les capillaires énormément dilatés au sein du tissu décidual, les villosités, indépendamment de leur revêtement épithélial propre (épithélium ou couche plasmodiale et couche cellulaire), doivent être tapissées par l’endothélium vasculaire des lacs sanguins, et même par une couche de tissu décidual, si mince soit-elle. Il est difficile d’admettre en effet que, lors de la distension du tissu décidual par les capillaires maternels élargis, il n’ait persisté entre ceux-ci et les villosités aucun vestige du tissu utérin. Or autour des villosités, on ne trouvait dans le placenta adulte qu’une seule couche de cellules épithéliales cubiques, ou du moins toute description accordant aux villosités une seconde couche d’éléments de revêtement était laissée de côté. Que représentait cette couche épithéliale? C’est ici que les opinions se partagèrent : les uns, tels que Turner, Ercolani, admirent qu’il n’est autre qu’un vestige du tissu maternel, l’épithélium propre des villosités ayant disparu de bonne heure ; les autres, comme Kôlliker, Léopold, Langhans, Kastschenko, le regardèrent comme d’origine fœtale, l’attribuant soit à la couche cellulaire (Langhans), soit à la couche plasmodiale des villosités (Kastschenko). En tout cas, même ceux (Turner, Ercolani) qui faisaient du revêtement des villosités un dérivé

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de la caduque, n’y voyaient point l’endothélium des vaisseaux maternels, mais soit l’épithélium utérin, soit une couche de cellules déciduales.

Pour les partisans de l’opinion d’après laquelle les espaces intervilleux sont des vaisseaux maternels ectasiés, l’absence de tout endothélium sur les villosités était un obstacle sérieux. Ils l’ont tourné en admettant que les villosités fœtales secondairement formées perforent la paroi endothéliale vasculaire (que par suite on ne peut plus trouver à leur surface), et sont ainsi baignées directement par le sang.

Cependant, on avait pu trouver soit sur le placenta adulte, soit en des stades jeunes de révolution de cet organe, deux couches épithéliales autour des villosités. De nouveau les uns (Langhans, Kastschenko, Kupffer, Minot, Spee) déclarèrent avoir affaire à deux couches d’origine fœtale, l’une étant la couche plasmodiale, l’autre la couche cellulaire des villosités ; les autres (Tafani, Romiti) en firent deux assises maternelles, dont l’une endothéliale ; Winkler considéra la couche interne comme fœtale, la couche superficielle comme maternelle.

Keibel enfin, étudiant un œuf humain delà 4° semaine, montra, à la surface des deux couches épithéliales d’origine fœtale décrites par Langhans, Kastschenko, Spee, un endothélium, et admit que cet endothélium se prolonge sur la face utérine du chorion et sur la face fœtale de la caduque. En ce dernier endroit, Winkler avait il y a longtemps déjà décrit un revêtement endothélial, dont Léopold et Kolliker avaient admis l’existence çà et là, et que Waldeyer constata ensuite directement. Il est d’ailleurs possible que sur les villosités l’endothélium trouvé par Keibel disparaisse plus tard, comme le suppose Keibel lui-même.

En résumé, deux couches cellulaires d’origine fœtale entourent les villosités ; une seule (vraisemblablement la couche plasmodiale) persiste plus tard. Un endothélium maternel recouvre l’épithélium fœtal à son tour ; il peut d’ailleurs disparaître dans la suite. Sur la face utérine du chorion et sur la face choriale de la caduque cet endothélium paraît exister également, d’une façon continue ou non. Ces faits plaident en faveur de la première des deux opinions exposées plus haut.

ÉLÉMENTS D’EMBRYOLOGIE

ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ i/HOMME

G. — Examinons, pour terminer cette discussion, comment nous pouvons nous représenter les phénomènes de développement du placenta de l’Homme en les comparant à l’évolution placentaire que nous connaissons le mieux, celle du Lapin, et voyons si l’une ou l’autre des deux manières de voir exposées ci-dessus sera particulièrement favorisée par cette comparaison. Chez le Lapin comme chez l’Homme, l’épithélium utérin tombe, les glandes s’effacent, et le chorion se soude au tissu utérin dénudé. Mais cette soudure se fait chez le Lapin par une surface choriale étendue et à peu près lisse ; chez l’Homme elle s’effectue seulement à l’extrémité d’un certain nombre de villosités, ce qui tient à la précocité et à la puissance du développement de l’appareil villeux du chorion dans ce type. Les villosités sont recouvertes dans un cas comme dans l’autre par deux couches épithéliales, la couche superficielle, plasmodiale, paraissant jouer le rôle essentiel dans la fixation des villosités et persister au détriment de l’autre qui se détruit vraisemblablement. L’ectoplacenta ne se comportait pas autrement chez le Lapin. Ainsi tapissées, les villosités s’enfoncent, comme fectoplacenta du Lapin, dans le tissu décidual, tout en se ramifiant, de même que le faisait la masse ectoplacentaire. La caduque éprouve chez l’Homme et chez le Lapin les mêmes transformations histologiques, et présente en particulier la même ectasie vasculaire. Son expansion est seulement plus limitée chez le Lapin que chez l’Homme, où elle trouve pour s’accroître les espaces intervilleux. Il en résulte que, tandis que chez le Lapin c’est fectoplacenta qui marche (à part la végétation première de la muqueuse utérine qui a donné naissance aux saillies cotylédonaires) au-devant de la caduque, chez l’Homme les villosités et le tissu utérin se pénètrent réciproquement, et vont au-devant l’un de l’autre. Arrivées au contact des vaisseaux maternels, les masses ectoplacentaires du Lapin les entouraient, l’endothélium vasculaire disparaissait, et la couche plasmodiale de l’ectoplacenta se substituait à lui, en se disposant plus tard en une lame endothélioïde. Chez l’Homme, les villosités se laissent entourer par les vaisseaux maternels énormément dilatés ; l’endothélium de ces derniers, présent tout d/abord (observation de Keibel), disparaît vraisemblablement ensuite, par suite de cette influence

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