STRUCTURE DU PLACENTA A TERME
La caduque est réduite, par le développement énorme des espaces intervilleux, à une bande de tissu assez mince, qui comprend : une couche spongieuse, renfermant des cavités aplaties, qui dérivent des glandes utérines ; une couche compacte (fîg. 3, pl. IV, sp, cc). A la naissance, la portion utérine du placenta se détache, comme nous l’avons vu pour la portion correspondante de la caduque vraie, de la face interne de la matrice, au moyen d’une déchirure qui passe au travers de la couche spongieuse, et dont la ligne générale de direction est représentée en L sur la figure. Il demeure ainsi, adhérente au placenta, une membrane, qui n’a guère qu’un millimètre d’épaisseur, et que Winkler a nommée plaque basale (BP) ; elle est constituée par la couche compacte et une partie de la couche spongieuse de la sérotine.
La plaque basale, sur tout le pourtour du placenta, se continue avec la caduque vraie et la caduque réfléchie. De part en part, le tissu sérotinien de la couche compacte de la plaque basale envoie vers le chorion des cloisons, les septa placentœ ou cloisons intercotylédonaires, niées par Colucci, et considérées par Rohr comme dépourvues de la forme lamelleuse caractéristique de cloisons, qui pénètrent entre les arbuscules du chorion; plusieurs de ceux-ci se trouvent de la sorte réunis en un bouquet ou cotylédon à l’intérieur d’une même loge; on voit (pl. IV, fîg. 2, d, et fîg. 225, 5, b), de pareils septa. Au milieu du placenta, les cloisons placentaires ne s’étendent pas jusqu’au chorion, à la base des villosités. Cela n’arrive que sur le bord du placenta, où elles s’enfoncent jusqu’à la membrane choriale, et se réunissent au-dessous de celle-ci en une caduque placentaire subchoriale (Kolliker), plaque obturante de Winkler (pl. IV, fîg. 3, PT; fîg. 225, 5, d; fîg. 226, dsch). Celle-ci ne s’étend pas (Kolliker) jusqu’au centre du placenta, comme le pensait Winkler, mais demeure limitée à la périphérie de l’organe, et doit être considérée comme le résultat du rebroussement de la couche compacte de la sérotine (voy. fîg. 225, 5, d et 226, dsch). La division du placenta en cotylédons ou lobes se reconnaît sur la face utérine de l’organe à l’existence de sillons qui correspondent aux septa qui limitent les lobes (fîg. 229).
La structure du tissu décidual est caractérisée par l’existence de cellules géantes, surtout accumulées aux confins des espaces
454 ANNEXES EMBRYONNAIRES CHEZ L’HOMME
intervilleux, et jusque dans les cloisons intercotylédonaires. Les autres éléments sont des cellules connectives fusiformes, et des globules blancs. La substance fondamentale où ces diverses cellules sont plongées est nettement fibrillaire.
La majorité des auteurs s’accordent à reconnaître que les glandes ne sont plus représentées que par des lacunes dépourvues de tout revêtement épithélial.
Il convient encore de signaler l’existence de strates de fibrine, observées tout d’abord par Langhans et appelées « fibrine canalisée », qui courent parallèlement à la surface placentaire. D'après Nitabuch et Rohr, de ces bandes de fibrine l’une est située profondément (Nitabuch) et divise la caduque en deux couches, l’autre est superficielle, séparant les espaces intervilleux de la membrane du chorion (Rohr).
L’étude des vaisseaux du placenta est intéressante et a fait l’ob— îet de nombreux travaux dans ces dernières années; on s’est particulièrement attaché à l’examen des rapports des vaisseaux avec les espaces intervilleux (Waldeyer, Nitabuch, Heinz, Rohr, Rloch, S. Minot, Bumm, Léopold, Hofmeier). Depuis longtemps déjà Farre avait indiqué les rapports fondamentaux des artères et des veines avec les espaces intervilleux : les artères de l’utérus traversent la caduque sérotine et s’ouvrent directement dans lesespaes intervilleux; de ceux-ci proviennent directement les veines utérines.Weber fit connaître le trajet très oblique des vaisseaux utérins dans la caduque, et apprit que dans ce trajet les vaisseaux perdent toutes leurs couches sauf la tunique endothéliale. Turner ajouta que celle-ci peut s’étendre au loin à partir de l’orifice du vaisseau sur la paroi de l’espace intervilleux ; il observa que l’embouchure des veines et celle des artères ne se trouve pas dans les mêmes régions des espaces intervilleux.
Les travaux de Waldeyer, Nitabuch, Rohr, Bloch, Bumm, malgré des différences de détails que nous négligerons, ont établi les faits fondamentaux suivants.
Les artères utéro-plaeentaires sont remarquables par leurs sinuosités ; elles ne donnent que très peu ou même point de branches latérales ; elles ont un calibre uniforme, et arrivent sans diminuer de grosseur jusqu’auprès des espaces intervilleux. On