‹ Eléments d'embryologie de l'homme et des vertébrésChapitre 18 sur 159 · PREMIÈRES ACQUISITIONS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ACQUISITIONS

§ 1 . — Premières acquisitions. — A. — On a cru pendant longtemps que la vésicule germinative disparaît quelque temps avant la fécondation; après l’avoir vue pâlir tout en devenant irrégulière, et se rapprocher de la surface de l’œuf, on l’avait en effet perdue des yeux. Vis-à-vis l’endroit où la vésicule germinative venait de disparaître, nombre d’auteurs aperçurent en dehors de l’œuf soit une masse granuleuse, soit plusieurs corps bien délimités, les globules polaires. On soupçonna, mais on ne put prouver que ces formations dériventde la substance de la vésicule germinative disparue ; on ne sut en tout cas pas montrer comment elles en proviennent. Après l’émission des globules polaires, l’œuf demeurait, pensait-on généralement, privé de noyau. C’était là une vue contre laquelle dès cette époque s’élevèrent plusieurs auteurs.

Quant au phénomène de la fécondation, on avait vu tout autour de l’œuf et cherchant à y pénétrer, une nuée de spermatozoïdes, et l’on pensait que ceux-ci s’enfonçaient en grand nombre dans l’œuf et s’y dissolvaient. Cette pénétration fut découverte par Barry.

B. — Dans une seconde période, plusieurs faits importants furent acquis, tant sur le phénomène de la maturation que sur l’acte de la fécondation.

E. van Beneden constata sur l’œuf du Lapin que la vésicule et la tache germinatives se rapprochent de la surface de l’œuf, et s’y transforment en corps particuliers qui disparaissent ensuite. A leur place paraît un globule polaire dans lequel van Beneden veut trouver le représentant de la vésicule et de la tache germinatives. La relation génétique entre la vésicule germinative et le globule polaire fut véritablement découverte par Bütschli. Cet auteur montra, chez les Nématodes, que la vésicule germinative ne disparaît pas, mais est remplacée par une figure en fuseau, en rapport avec la formation des globules polaires ou vésicules de direction, et que Bütschli pour cette raison nomma le « fuseau directeur ».

D’autre part Bütschli, Auerbach et plusieurs auteurs à leur suite, venaientde reconnaître dans l’œuf, après fécondation et après élimination des globules polaires, l’existence de deux noyaux, qu’ils

MATURATION ET FECONDATION

avaient vus même se conjuguer ; ils ne savaient rien d’ailleurs de l'origine de ces noyaux.

G. — Les observations fondamentales, que Fol, O. Hertwig, Selenka firent à peu près simultanément chez les Echinodermes, établirent nettement :

1° Qu’un seul spermatozoïde, le privilégié, pénètre dans l'ovule pour le féconder;

2° Que la tête de ce spermatozoïde, en se transformant, devient l’un des noyaux signalés par Bütschli et Auerbach dans levitellus ; aussi O. Hertwig, à qui revient l’honneur de cette importante découverte, donna-t-il à ce noyau le nom de noyau spermatique;

3° Que contrairement à ce que l’on croyait auparavant, de la vésicule germinative, après production des globules polaires à ses dépens, il reste quelque chose, et que ce résidu est représenté par le second des noyaux observés par Bütschli et Auerbach ;

4° Que de la conjugaison des deux noyaux en question résulte un noyau unique, le noyau de Vœuf.

Nous résumerons ici la description que Fol nous a laissée de ces phénomènes chez Asterias glacialis.

La vésicule germinative pâlit, ainsi que la tache germinative (fig. 5, a) ; le contour de la vésicule devient irrégulier, et se déchiquète ensuite de plus en plus. Au pôle animal de l’oeuf, duquel les débris de la vésicule se sont rapprochés, paraît alors une tache arrondie, autour de laquelle le protoplasma se dispose d’une manière rayonnée; il en résulte un aster.

La tache s’allonge ensuite ; dans son intérieur paraissent des filaments ; à l’autre extrémité de la tache, un second aster se constitue. A cette figure (b) de deux soleils en asters reliés par un fuseau formé de filaments, Fol a donné le nom d’amphiaster de rebut (de rebut, parce que cette figure est le point de départ du rejet de matériaux inutiles, les globules polaires). L’amphiaster, dont le grand axe était d’abord parallèle à la surface du vitellus, lui devient ensuite perpendiculaire ; puis il se divise, en émettant une petite protubérance qui vient se loger dans une dépression formée par un soulèvement de la membrane (c). Cette protubérance, se détachant du reste par un étranglement, devient 1 epre-

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