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NATURE ET SIGNIFICATION DES PHENOMENES DE MATURATION

deux globules, demeurant du reste dans l’œuf où ils peuvent se diviser. Comme les parthénogenèses où l’on n’avait vu jusqu’alors l’œuf émettre qu’un seul globule polaire, produisent toujours des femelles, la constatation de Blochmann eût été d’une haute importance, si Platner n’avait également vu deux globules polaires se former dans des œufs parthénogenétiques qui donnent indifféremment des mâles ou des femelles. Ces observations contradictoires pourraient se concilier par la remarque ingénieuse de Boveri. Ayant observé, ainsi que nous l’avons signalé (p. 24, D) que l’un des globules polaires de l’Ascaride peut demeurer dans l’œuf, il pense que, dans les cas de parthénogenèse où Weismann et Blochmann ont conclu à la présence d’un seul globule, un second corpuscule polaire était néanmoins formé, mais n’était pas éliminé et avait pu par suite passer inaperçu.

E. — Signification de la formation des globules polaires et nature des phénomènes de maturation en général. — Si tout d'abord les globules polaires furent considérés comme des corps sans importance, dont on dédaignait de chercher la raison d’être, on en revint bientôt de ce dédain, et les théories se succédèrent nombreuses sur l’interprétation à donner aux globules polaires.

Whitman et Flemming firent de l’expulsion des globules un reste phylogénétique d’un processus de parthénogenèse par simple division cellulaire, qui aurait été répandu universellement chez les ancêtres du règne animal actuel. Aujourd'hui que l’on connaît la formation des corpuscules polaires chez des représentants de tous les groupes de ce règne, il devient difficile de concevoir un résidu qui dans toute la série se serait conservé le même ou à peu près le même.

Bütschli part de l’homologie de l’œuf avec la cellule-mère séminale primordiale. L’un et l’autre se divisent; mais l'œuf éprouve un nombre de divisions moindre que la cellule séminale; de plus les produits de cette division, au lieu d’être tous égaux, comme le sont les produits de division de la cellule-mère séminale, c’est-à-dire les spermatozoïdes, sont inégaux, puisque l’un est l’œuf mûr,, tandis que les autres sont les globules polaires. La maturation de l’œuf est ainsi comparée à la division de la cellulemère séminale en spermatozoïdes. Cette théorie, qu’O. Hertwig paraît disposé à adopter, est assez séduisante, bien qu’elle ne rende pas compte de tous les faits. Elle n’explique pas pourquoi il importe tant que deux globules polaires soient expulsés par le noyau de l’œuf pour que celui-ci puisse ensuite être fécondé parle noyau spermatique ; avec cette théorie la fixité dans le nombre des globules polaires devient difficilement compréhensible; et enfin la théorie tombe dès l’instant qu’on admet pour les cellules séminales elles aussi une maturation consistant dans le rejet de corps homologues des globules polaires.

Sedgwick-Minot, dont Balfour a partagé les vues, a émis une théorie que l’on peut qualifier de théorie de V hermaphroditisme. Voici qu'elle

MATURATION ET FECONDATION

est l’argumentation de Minot : L’œuf, en se divisant, rejette les globules polaires ; la cellule séminale se divise de même pour donner naissance à des spermatozoïdes. Ainsi dans l’une et l’autre des cellules sexuelles se passent les mêmes phénomènes. Comme maintenant dans l’un des cas la plus grande cellule, l’œuf est de nature femelle, on en peut conclure que ce qui reste (portion cytophorale) de la cellule-mère séminale après formation des spermatozoïdes est aussi femelle ; comme d’autre part les spermatozoïdes rejetés par la cellule-mère séminale lors de sa division sont de nature mâle, il en résulte que les globules polaires sont mâles également. Comme conclusion, l’œuf, produit de la fusion des deux gonoblastes sexuels, l’œuf et le spermatozoïde, respectivement débarrassés deleurs parties mâle et femelle, est hermaphrodite. S’il en est ainsi que nous le pensons, ajoutent Minot et Balfour, les œufs parthénogénétiques ne doivent pas rejeter de globules polaires, puisque chez eux place ne doit pas être faite à des spermatozoïdes. On a vu plus haut comment les prévisions de ces auteurs furent démenties par les faits.

Van Beneden a repris la théorie de l’hermaphroditisme, mais en lui donnant une autre forme. Van Beneden part de ce fait (et c'est en quoi il diffère de Sedgwick-Minot et de Balfour) que le spermatozoïde tout aussi bien que l’œuf éprouve un processus de maturation, consistant dans le rejet de parties équivalentes aux globules polaires. Après l’élimination de ces parties, la cellule séminale est quelque chose d’autre qu’auparavant ; elle n’est plus une cellule, mais un * gonocyte mâle » ; de même l’œuf, après expulsion des corpuscules polaires, est devenu un « gonocyte femelle ». C’est seulement alors que la sexualité est acquise aux soi-disants produits sexuels. Par l’acte de la maturation, l’œuf rejette des parties mâles, les globules polaires, que le spermatozoïde, débarrassé, lui aussi, préalablement de ses parties femelles par un processus de maturation, est destiné à remplacer par l’acte de la fécondation. Il va de soi que cette théorie entraîne, comme la précédente, l’hermaphroditisme de l’œuf et de toutes les cellules de l’organisme qui en dérivent. Il est également évident que l’objection, tirée de la présence ou du moins de l’expulsion des globules polaires dans les œufs parthénogénétiques, que nous adressions à la précédente théorie, est encore valable ici. Certains phénomènes héréditaires sont de plus inexplicables si l’on admet la théorie de van Beneden.

Weismann enfin, que la constatation dans les œufs parthénogénétiques de l’expulsion d’un seul globule avait amené àpenserque le premier et le second globules polaires ne sont pas de même nature, et ont une valeur différente, a émis des vues très remarquables sur la signification du premier globule polaire et sur celle du second. Exigeant le développement préalable de certaines considérations qui ne peuvent prendre place ici, ces vues seront exposées plus loin (p. 33).

§ 5. — Valeur morphologique et signification de la fécondation. — On a toujours entendu, dit Waldeyer, sous le nom de

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