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VALEUR MORPHOLOGIQUE ET SIGNIFICATION DE LA FECONDATION

fécondation la mise en œuvre de l’influence de la substance mâle, qui rend susceptible de développement la substance femelle.

Bien loin est le temps où régnait, en dépit des efforts de Spallanzani, l’idée de l’influence à distance de 1’ « aura seminalis ».

La nécessité du contact immédiat des deux substances mâle et femelle pour qu’il y ait fécondation, supposée par Spallanzani, fut prouvée du jour où Barry montra la copulation du spermatozoïde avec l’œuf.

Mais est-ce bien en cette copulation que réside l’acte même de la fécondation? Non.; car s’il est nécessaire que la fécondation, pour avoir un effet utile, se fasse entre produits sexuels mûrs, elle ne peut avoir lieu dès le moment de la copulation, puisqu’alors le plus souvent l’œuf n’a pas atteint sa maturité. Force est donc de reporter après les phénomènes de maturation l’acte fécondant.

Mais à ce moment (fig. 6,M’l)une partie du protoplasma du spermatozoïde s’est dissoute dans l’œuf. Est-ce là la fécondation ; ou du moins ce phénomène intervient-il dans l’acte de la fécondation? De nombreuses raisons, tirées surtout des conditions de transmission des propriétés héréditaires, rendent cette opinion improbable.

D’ailleurs n'avons-nous pas dans le fait découvert par Bütschli de la conjugaison des deux noyaux sexuels la solution véritable du problème de la fécondation? C’était du moins, dès avant la découverte de Bütschli, l’avis de Keber, quand il disait : « La ressemblance des descendants avec les parents est principalement sinon exclusivement capable d’être matériellement expliquée, puisque dans l’organisme du descendant on a montré qu’il s’est fait une fusion intime des noyaux sexuels dérivés des deux parents ». C’est O. Hertwig qui, après avoir dûment constaté que les deux noyaux conjugués de Bütschli sont bien ceux du spermatozoïde et de l’œuf, érigea le fait à la hauteur d’une loi : « La fécondation tient à l’union de deux noyaux cellulaires sexuellement différenciés » (1875). Depuis lors, de nombreux auteurs se sont succédé, accumulant les preuves en faveur de l’importance exclusive des noyaux dans la fécondation. Telsfurent surtout lfaeckel, Kôlliker, O. Hertwig. Ce dernier, développant la formule qu’il avait précédemment émise, s’exprima ainsi : « 1° C’est la substance nucléaire et non le protoplasma qui est la matière fécondante. 2° La substance nucléaire agit en tant que partie morphologiquement constituée, organisée ; le processus de la fécondation est donc d’ordre morphologique, directement accessible à l’observation » . Comme on le verra dans un instant, les lois de l’hérédité sont le corollaire nécessaire de celles de la fécondation.

Considérons donc comme établi, puisque nous n’avons pas le loisir de discuter, que les noyaux sexuels et spécialement leurs parties chromatiques interviennent seuls dans l’acte de la fécondation.

Mais cet acte lui-même en quoi consiste-t-il ? Doit-on avec O. Hertwig, Strasburger, Hensen, pour ne citer que les plus illustres, considérer la fécondation comme une fusion de deux noyaux en un noyau embryonnaire, et cette théorie de la fusion est- elle en harmonie avec tous les faits ?

MATURATION ET FECONDATION

Van Beneden ne le pense pas, et p lusieurs auteurs ne l’ont pas pensé après lui. « Chez l’ascaride du cheval, dit van Beneden, il ne se produit pas un noyau unique aux dépens des deux pronucléus.... L’essence delà fécondation ne réside donc pas dans la conjugaison de deux éléments nucléaires ; mais dans la formation de ces éléments dans le gonocyte femelle. L’un de ces noyaux dérive de l’œuf, l’autre du zoosperme. Les éléments nucléaires expulsés sous forme de globules polaires sont remplacés par le pronucléus mâle, et dès que deux demi noyaux, l’un mâle, l’autre femelle se sont constitués, la fécondation est accomplie ». Chacun de ces demi-noyaux sexuels ou pronucléus, subissant séparément des transformations identiques à celles qui se produisent dans un noyau en voie de division, donne naissance à deux anses chromatiques. Les quatre anses chromatiques interviennent dans l’édification du futur noyau embryonnaire ; mais elles restent distinctes. Elles se divisent longitudinalement chacune en deux anses secondaires jumelles ; mais celles-ci demeurent distinctes à leur tour. Il ne se produit donc pas, pour constituer le noyau fécondé de l’œuf, de fusion entre la chromatine mâle et la chromatine femelle ; il n’y a en aucune manière conjugaison entre les deux noyaux sexuels, et cette conjugaison, si elle se produit quelque part ailleurs que chez l’ascaride, n’est probablement qu’apparente, ou, en tous cas, n’est pas essentielle au phénomène. Ce que la fécondation implique essentiellement, c’est le remplacement par le pronucléus mâle des éléments nucléaires éliminés par l’œuf. De même que les globules polaires + le pronucléus femelle, confondus ensemble dans la vésicule germinative, constituaient un noyau de cellule, le noyau de l’œuf non mûr et non fécondé, de même le pronucléus mâle -j- le pronucléus femelle représentent à eux deux à présent un noyau de cellule, le noyau de l’œuf mûr et fécondé. C’est là la théorie du remplacement. Tandis que pour Hertwig la fécondation consiste dans une fusion, et que de cette fusion naît une nouvelle individualité, elle réside pour van Beneden dans un échange, qui n’a d’autre but que le rajeunissement de l’œuf.

§ 6. — Théories naturelles de l’hérédité. — A la fécondation sont étroitement liés les phénomènes de l’hérédité.

Nous n’avons pas le dessein de traiter ici in extenso la question de l’hérédité.

Laissant de côté en raison de leur caractère métaphysique la pangenèse et la pêrigenèse des plastidules, ces célèbres théories de Darwin etd’Haeckel, pour nous placer sur le terrain de la biologie pure, nous voulons, nous limitant dans ce terrain même, montrer seulement comment les faits acquis récemment sur la maturation et la fécondation et les théories que ces faits ont suscitées ont influencé nos conceptions sur les phénomènes de l’hérédité.

Il est certain que de la fécondation dépend nécessairementle phénomène du transfert des propriétés du père à l’animal, qui naissant d’autre part de

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