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SIGNIFICATION DE LA LIGNE PRIMITIVE

période serait à peu près donné par la figure 83 C’, c’est-à-dire que la lèvre dorsale du blastopore figurerait sur le bord postérieur du blastoderme de Batracien une sorte décroissant surplombant la bouche primitive. Chez l’Amniote c’est un état pareil, ce semble, qui a été observé par Duval dans le disque germinatif très jeune de l’Oiseau ; cet état est d’ailleurs très passager (comp. 63, C’ et 63, E’). En effet à cette période le disque blastodermique de l’Oiseau présente en arrière et sur la ligne médiane une échancrure (fig. 64), au devant et sur les bords de laquelle le bord du blastoderme est épaissi en Un bourrelet blastodermique, dont la structure est caractérisée essentiellement par la coalescence de l’ectoderme et de l’entoderme à son niveau (fig. 37 et 65).

Plus tard (fig. 64, III et IV), derrière cette échancrure, les bords du blastoderme, au lieu de demeurer écartés et distincts, s’accolent, transformant ainsi l’échancrure en un trou circulaire. Dès lors il y a lieu de distinguer dans la lèvre du blastopore deux régions, l’une antérieure, qui entoure un orifice arrondi, l’autre postérieure, où les deux bords droit et gauche du blastopore se sont fusionnés sur la ligne médiane en une masse cellulaire, ecto-entodermique, la « masse primitive », la « plaque axiale » de Duval, la « ligne primitive » des auteurs.

C’est en cet état que la plupart des embryologistes ont trouvé la gastrula des Amniotes. Ils y ont décrit un cul-de-sac (gouttière du croissant des Oiseaux, prostoma des Reptiles, fossette primitive des Mammifères) (voy. fig. 34), bordé antérieurement par une vraie lèvre blastoporique, et derrière lequel se trouve une masse cellulaire , la ligne primitive, dans laquelle il faut voir une partie des lèvres soudées du blastopore (Balfour, Rauber, Duval, Kupffer, L. Gerlach, etc.). Le cul-de-sac s’allonge ensuite de haut en bas et d’arrière en avant, et traversant toute l’épaisseur du blastoderme, se fait jour à la face profonde de ce dernier (fig. 36), sous lequel il s’étend de plus en plus en formant un canal que nous retrouverons plus tard.

A ce moment, une comparaison de la gastrula des Amniotes avec celle des Sélaciens se présente tout naturellement. Chez les Sélaciens également (fig. 63, B’1) nous trouvons, à un certain moment du développement du germe gastruléen, une cavité qui se prolonge assez loin en avant ; c’est la cavité gastruléenne ; en arrière d’elle les bourrelets caudaux, c’est-à-dire les régions postéro-latérales du bourrelet blastodermique, §e sont soudés

D’, E’ représentent, ainsi que B'1 C’1, E’1, E’2, E'3, des vues de face de la gastrula. Des lignes pointillées raccordent les différentes parties des coupes longitudinales avec les parties correspondantes sur les vues de face. Les dessins A, B, C, E appartiennent à une même série. — D doit être comparé à C1. — E3 est comparable à D et C1. — A’, B’, C’, E’ font partie de la même série, et.D’ doit être mis en regard de C’1. — E’1, E’2, E’3 sont des stades ultérieurs de E’. — En E, M est une coupe médiane, L, une coupe latérale de la gastrula.

La lèvre dorsale du blastopore Id est marquée par un trait plus épais, qui sur les vues de face va en s’atténuant jusqu’à la lèvre ventrale Iv. Le vitellus est figuré par un pointillé. — A, A’ appartient à l’Ampbioxus ; B, B’, B’1 aux Sélaciens ; C, C’, Cf C’1 aux Ampliibiens ; D, D’ aux Protamniotes ; E, E’, E'1, E’3, E’3, E3 aux Amniotes.

la gastrula

sur la ligne médiane, en donnant naissance à la bandelette post-embryonnaire, comparable à la ligne primitive des Vertébrés supérieurs (comp. fig. 63, B’1 et E’1). La seule différence entre les Sélaciens et les Amniotes réside en ce que la ligne primitive est chez les premiers une formation tardive et d’un développement très faible, au lieu que chez les autres

Fig. 64. — Schéma montrant le mode d’allongement et la composition de la ligne primitive (d’après Duval,

modifié).

elle est très précoce et va poursuivre son développement jusqu’à acquérir une importance considérable.

En effet, quand le bourrelet blastoderinique se portera d’avant en arrière, le disque germinatif continuant à s’étendre en tous sens sur le vitellus, la ligne primitive prendra part à cette extension ; elle s’allongera d’avant en arrière sur la ligne médiane du germe, sa région antérieure demeurant en place, tandis que sa région postérieure reculera de plus en

Fig. 65. — Partie médiane d’une coupe transversale et postérieure d’un blastoderme de Rossignol

(d’après Duval).

p, p, fente sous-germinale qui sépare le vitellus du blastoderme (blastopore). — ec, en, ectoblaste, entoblaste. — v, vitellus. — cg, cellules granuleuses de la cavité sous-germinale. (Cette coupe peut également servir pour donne# une idée de la disposition que présente parfois la ligne primitive sur certains points de sa longueur.)

plus ses limites. La partie antérieure, demeurée fixe, de la ligne primitive est représentée par ce que nous avons appelé la « tête de la ligne primitive » chez les Oiseaux, le « bouton de Hensen » chez les Mammifères. La « fossette primitive », première indication de la cavité gastruléenne, se prolongera en arrière sur la ligne médiane en une gouttière, la « gouttière primitive ». Il est clair que la constitution de la ligne primitive, dans la région postérieure nouvellement formée, sera la même qu’en avant,

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