CHAPITRE VI
Constitution do l'embryon. Sa forme extérieure.
Après avoir étudié isolément la formation, aux dépens des feuillets primaires de la gastrula, des différentes ébauches qui concourent à constituer le corps de l’embryon, il nous faut voir plus complètement que nous ne l’avons fait jusqu’alors comment ces ébauches s’agencent dans le corps embryonnaire et quels sont leurs rapports, tandis que disparaissent les derniers vestiges de la gastrula d’où l’embryon est né.
D’autre part, il faudra rechercher, pour les germes des Poissons et des Amniotes, qui dérivent d’œufs méroblastiques, chez lesquels, par conséquent, la totalité du blastoderme n’est pas employée à ï’édification de l’ébauche embryonnaire, comment l’embryon prend forme en se séparant du reste de l’œuf, et ce que devient ce reste.
Le sujet du présent chapitre se divise ainsi en deux parties. L’une est l’étude des rapports des organes embryonnaires, c’està-dire de l’anatomie topographique de l’embryon. Dans l’autre seront examinés : en premier lieu, les rapports du blastoderme avec le vitellus, en d’autres termes le mode d’enveloppement du jaune de l’œuf par le blastoderme ; ensuite, les processus par lesquels l’embryon prend forme, par lesquels autrement dit se distinguent dans le blastoderme une partie embryonnaire et une partie extra-embryonnaire (1).
(1) Dans ce but, nous nous éclairerons de l’étude, non plus seulement de coupes transversales du germe, comme nous l’avions fait presque exclusivement jusqu’alors, mais encore de coupes longitudinales, et aussi de l’examen extérieur.
CONSTITUTION DE L’EMBRYON
I. — CONSTITUTION DE L’EMBRYON. — RAPPORTS DES ORGANES EMBRYONNAIRES ENTRE EUX ET AVEC LES VESTIGES DE LA GAS- TRULA.
§ 1. — Amphioxus. — Par la soudure, sur une étendue de plus en plus grande, de la lèvre dorsale du blastopure, celui-ci devient de plus en plus étroit, et même arrive à se fermer presque complètement suivant une ligne qui règne sur la partie la plus reculée de la face dorsale de l’embryon ; il ne reste de perméable que la partie postérieure de la bouche primitive, formant une petite ouverture située à l’extrémité postérieure du dos.
Quand maintenant, le sillon médullaire étant constitué dans cette région, la transformation du sillon en un tube s’opère par le reploiement de l’ectoderme au-dessus du sillon (voir p. 135 et 136, fig. 69 et 70), la bouche primitive et par suite l’intestin arrivent à communiquer tout naturellement avec le tube médullaire (fig. 127). Il en résulte un canal en forme de siphon, dont la bran-
Fig. 127. — Coupe longitudinale optique d’un embryon d’ Amphioxus (d’après Hatschek).
A, T, extrémités antérieure et postérieure. — e, ectoderme. — i, entoderme. — ic, canal intestinal. — n, canal neural. — en, canal neurentérique. — m, mésoderme. — sp, segment primitif.
che supérieure est représentée par le tube nerveux, la branche inférieure par le tube digestif. Cette communication, que nous retrouverons, déformée il est vrai, chez les autres Vertébrés, prend le nom de canal neurentérique. Elle ne disparaît qu’à la fin de la vie embryonnaire, en même temps que, la bouche primitive