LA LARVE DES AMPHIBIENS
s’étant complètement fermée, se crée un nouvel orifice, l’anus, qui est l’ouverture de l’intestin larvaire, comme la bouche primitive était celle de l’intestin gastruléen.
Le processus par lequel les lames cutanées s’accroissent au-dessus de la gouttière neurale, de façon à transformer celle-ci en un canal, ne se fait pas à la partie antérieure de la gouttière, si bien que le tube nerveux à son extrémité antérieure demeure ouvert, et pour longtemps communique avec l’extérieur; cette ouverture peut être dite « neuropore antérieur », par opposition au neuropore postérieur que représenterait le canal neurentérique(l).
§ 2. — Amphibiens. — Chez les Amphibiens, les dispositions sont déjà plus compliquées à cause de la présence d’une quantité notable de vitellus. Cherchons d’abord à déterminer, sur une coupe longitudinale du germe d’un Batracien (fig. 129), la situation qu’occuperont les diverses ébauches constituées par les feuillets.
Sur la figure 129, on voit que le blastopore b conduit de l’extérieur dans la cavité i de l’intestin primitif. La lèvre dorso-postérieure Id du blastopore est occupée par une masse non différenciée de cellules, qui représente la soi-disant ligne primitive des Amphibiens. Si l’on suit cette masse d’arrière en avant, sur la face dorsale de l’embryon, on la voit se décomposer en plusieurs lames cellulaires; l’extérieure n’est autre que le feuillet cutané ou épiderme (ep) ; la lame sous-jacente, qu’une fissure sépare bientôt en deux couches, représente la paroi du tube nerveux, la fissure étant la coupe d’un canal d’autant plus spacieux qu’on l’examine plus antérieurement, le canal neural (en); au-dessous on trouve la
(1) Quant aux rapports si faciles à comprendre que présentent les divers organes embryonnaires chez l’Amphioxus en un stade déjà avancé du développement, la fig. 128 en rend suffisamment compte pour qu’il devienne superflu de les décrire.
Fig. 128. — Coupe transversale d’un embryon d’Amphioxus (d’après Hatschek).
ec, ectoderme. — n, tube nerveux. — ic, cavité intestinale. — ch. corde dorsale. — m, mésoderme. — ml, m2, feuillets pariétal et viscéral du mésoderme. — cg, cavité générale. — ps, segment primitif.
CONSTITUTION DE L EMBRYON
coupe longitudinale de la corde dorsale (ch). En suivant celle-ci d’arrière en avant, on voit que, sur une certaine étendue de son trajet, elle forme la paroi dorsale et médiane de l’intestin primitif, qu’elle limite immédiatement, mais que plus en avant elle s’en trouve séparée par une lame cellulaire (en) qui n’est autre que
Fig. 129. — Coupe antéro-postérieure et médiane de l’œuf d’un germe d’ Axolotl (d’après Belloxci).'
b, blastopore. — Id, lèvre dorsale, Iv, lèvre ventrale du blastopore. — i, canal intestinal primitif. — ep, épiderme. — en, entoblaste et cellules vitellines. — en, canal neural. — ch, corde dorsale. — m, mésoblaste de la lèvre ventrale du blastopore.
l’entoblaste définitif (voy. p. 151, fig. 86). Lame entoblastique et corde dorsale se continuent en avant par une couche non différenciée d’entoblaste, qui, se recourbant au-dessous de l’extrémité antérieure de la cavité intestinale primitive, se confond avec les cellules vitellines qui forment le plancher de cette cavité. La lèvre antéro-ventrale du blastopore, fort peu développée, vue en coupe longitudinale etmédiane, ne présente à considérer que la continuité entre l’ectoderme et les cellules vitellines, ainsi qu’une mince lame de mésoderme (m), qui appartient à ce que nous avons appelé mésoderme périphérique ou péristomal. Quant au mésoderme de la lèvre dorsale du blastopore, le mésoderme axial ou gastral, il ne saurait être visible sur une coupe longitudinale et médiane, puisqu’il se développe des deux côtés du plan médian. A l’époque où en est de son développement le germe que représente la figure 129, les cellules vitellines forment une forte proéminence qui fait