MEMBRANE ANALE DES MAMMIFERES
cés de chaque côté de la ligne médiane. Il va de soi que dans ce cas la cavité cordale est également double. Ce dédoublement de la corde et de son canal a été observé par Kôlliker chez le Lapin, par Bonnet chez la Brebis, par Carius chez le Cobaye, par Graf Spee chez le Lapin et le Cobaye ; Zumstein l’a vu chez le Poulet, Hoffmann l’a figuré incomplètement chez Sterna hirundo, et Schwarz l’a constaté nettement chez le Canard- Le mécanisme de ce dédoublement est des plus faciles à comprendre si l’on se rappelle ce que nous avons dit de l’origine de la corde par deux racines ; il suffit alors que ces racines ne se réunissent pas pour que la bifidité de la corde soit réalisée.
Il nous reste à mentionner les dispositions que l’on trouve au niveau de la ligne primitive et dans la partie la plus reculée de celle-ci. Elles sont les mêmes que celles que présentent les régions correspondantes chez les Oiseaux (voy. fig. 137, D, E, F). La coupe (fig. 139, F) mérite spécialement d’attirer l’attention. On voit que le mésoderme, qui dans la coupe précédente régnait sur la ligne médiane, où il se confondait avec l’ectoderme et l’entoderme, s’en est retiré, de sorte que l’ectoderme et l’entoderme ont pu se mettre en contact et former dans l’axe du blastoderme une plaque verticalement dirigée, formée par la fusion de ces deux feuillets (ma). Cette plaque est en rapport avec la formation de l’anus ; aussi l’a-t-on appelée, comme chez les Oiseaux, membrane anale. Elle a été décrite par Kôlliker, par Strahl et par Giacomini chez le Lapin, par Strahl chez le Chien, par Bonnet chez la Brebis, par Keibel chez le Cobaye ; Mihalkovics, Babl l’ont également figurée. Sa situation précise est seule l’objet de contestations. Bonnet et Strahl chez la Brebis et le Chien, Mihalkovics, Babl, Giacomini chez le Lapin, la placent à l’extrémité la plus reculée de la ligne primitive, qui se terminerait en arrière par cette formation. D’après Strahl (Lapin) et Keibel (Cobaye), il y aurait au contraire, encore derrière la membrane anale, une certaine étendue de la ligne primitive.
Dans ce cordon épithélial qui unit l’ectoblaste de l’extrémité caudale de la ligne primitive à l’entoblaste, paraît à un certain moment une lumière verticale. La présence de cette lumière indique que nous sommes en présence d’une formation canaliculée rudimentaire qui établit un passage de l’intestin postérieur à l’extrémité la plus reculée de la gouttière primitive. Bonnet donne à
CONSTITUTION DE L’EMBRYON
cette lumière le nom de canal anal , et à son orifice extérieur celui de blastopore anal. Nous verrons plus loin quelle valeur ont dans la pensée de l’auteur ces expressions.
d) Comparaison des Amniotes avec les autres Vertébrés. — Signification générale du canal neurentérique et de l'anus. — L’étude des rapports des organes embryonnaires dans la partie postérieure du blastoderme nous a conduits à la constatation de deux formations particulièrement intéressantes, le canal neurentérique et l’anus ou la membrane anale. Quelle est leur signification? Nous le saurons par l’étude comparative des phénomènes de l’occlusion du blastopore chez différents types de Vertébrés. La figure 140 représente à cet égard des coupes schématiques de Batracien, de Sélacien et d’Amniote, destinées à illustrer les rapports que présente la formation du canal neurentérique et de l’anus avec le phénomène de la fermeture de la bouche primitive. En A, B, C, bp est le blastopore dont l’étendue est marquée par une flèche. Chez FAmphibien (A), ce blastopore est déjà obturé par une masse cellulaire, la « suture blastoporique », qui ne laisse de perméable que la partie tout à fait antérieure ou dorsale, et la partie la plus postérieure ou ventrale de la bouche primitive ; la première est le canal ou plutôt la gouttière neurentérique (n) ; la seconde est l’anus (a). D’après ce schéma, répondant aux faits qui semblent aujourd’hui les mieux établis relativement au développement des Batraciens, le canal neurentérique serait simplement la portion antéro-dorsale, demeurée libre, du blastopore, et l’anus la portion postéroventrale ; la suture blastoporique correspond à l’ébauche caudale (c). En A’, qui est un stade plus avancé, la gouttière neurentérique est devenue un canal (n), qui fait suite à l’intestin caudal ou post-anal (ic). Chez les Sélaciens où le blastopore est très étendu, les lobes caudaux représentent dans la figure 140 B la suture blastoporique, un orifice (n) ménagé au-devant et au-dessus de cette suture est le canal neurentérique. La suture marche ensuite d’arrière en avant dans le sens de la flèche, jusqu’à l’endroit où l’embryon devient adhérent au disque germinatif. L’anus se forme en a dans un point correspondant à la situation qu’il occupe chez le Batracien. Seulement, d’après Schwarz, tandis que l’anus per-