CI K- M EE MT
l'autre, par un groupe que nous nommerons D, et qui s'écrit
AM EC TEMX
Or, dans le courant de la seconde inscription, on voit un groupe
ainsi :
que nous nommerons H, ainsi figuré :
D pp B— RS MS ag 5 IN ENMIET
précisément à la même place où la première inscription montre le
groupe D, qui commence la seconde, Grotefend induisit, de ces remarques, que les deux séries de groupes que nous venons de désigner sous les lettres X, D, IT, figuraient des noms propres et, en outre, qu'il y avait dans ces noms un certain ordre de filiation. Il soupçonna que le groupe noté IT désignait le pére du groupe noté D, et que D était le père de X. Enfin il constata que le groupe IE n'était pas suivi du mot roi. Le groupe H était donc le nom d’un prince qui n'avait pas régné; et dès-lors il était probable que D, fils de IT, était le fondateur d’une dynastie. Le problème à résoudre se trouvait donc posé, pour ainsi dire, mathématique-
ment de la manière suivante pour la première inscription : X , roi des rois, fils de D, roi, etc.
et, pour la deuxième :
D, roi des rois, fils de IL, ..…. etc.
Il y avait d'abord à trouver les noms propres qui pouvaient satisfaire aux données du problème. La date des monuments était certaine ; il était démontré, avons-nous dit, que ces monuments étaient construits par les rois achéménides : il fallait donc chercher, parmi ces princes, les noms de ceux qui pouvaient convenir aux données du problème. Or, comme fondateurs de dynastie, il y avait Cyrus et Darius. Cyrus ne pouvait convenir : le groupe qui l'aurait représenté parut trop long d’abord et, d’un autre côté, on sait que Cyrus a eu pour père et pour fils deux personnages du même nom ; il eût donc fallu que les groupes I et C eussent été semblables. Restait donc pour le groupe D le nom de Darius, qui satisfaisait admirablement à toutes les données historiques du
problème, puisqu'il donnait, pour la première inscription :
Xerxés, roi des rois, fils de Darius, roi, etc.
et, pour la seconde :
Darius, roi des rois, fils de Hystaspe, etc.
Mais ce n'était pas tout, il fallait encore chercher la transcription de ces noms dans leur forme originelle. En consultant l’hébreu wnT (1) et le grec Awpetos, que les Perses, au dire de Strabon, prononçaient Aapræôns (2). Grotefend épela le groupe de la manière
suivante :
D y — D X— TANT CSI GRe pou R H E U SCH.
Des études ultérieures établirent qu'il ne s'était trompé que sur le signe qu'il lit IT et qui représente Y.
Pour déchiffrer le nom de Xerxès, Grotefend se souvint du grec Eép&ns, dont toutes les lettres se trouvaient en rapport avec le groupe à déchiffrer ; il n’y avait d'inconnu, dans ce groupe, que le premier signe auquel il donna la valeur de l’aspirée ÆA.
D D D— D— ITEM A TM KH H A DR mA
Dans cette première lecture, il n'y avait encore de mal lu que le même signe. Les travaux ultérieurs ont établi que cé nom était identique à la transcription hébraïque wwnx, dont on à formé le grec ’Ascovepos, et le latin Ahasverus. C'est ainsi que les inscriptions achéménides ont permis de reconnaître le véritable nom du roi des Perses, mentionné au livre d'Æsther, que l’on avait confondu pendant long-temps avec Artaxerxès, à cause sans doute du « prosthétique (3).
(1) Voyez Genesius, Leæic, hebr., p. 256, 4°, édition. (2) Shabon, Geogr., lib. XVI, in fine.
(3) Voyez Oppert, Les inscriptions des Achéménides, etc., p. 268.
Enfin , pour expliquer le troisième groupe, dans lequel Grotefend voyait le nom d’Hystaspe, père de Darius , il eut recours aux Livres zends, qui donnaient le nom de Vitaspa à un personnage célèbre auquel les Persans modernes avaient conservé le nom de Gustasp, et que l’on assimilait alors au père de Darius. Quelque erronée que fût cette assimilation, la ressemblance nominale n’en subsistait pas moins et elle donna, pour le groupe C,
la transcription suivante :
D pp 2— PR INTCENMIETR
Les deux inscriptions étaient donc à lire, la première : Khscharscha, roi des rois, fils de Darheusch, roi, etc. ; et la seconde :
Darheusch, roi des rois, fils de Goschtasp, etc.
On peut voir, par cet exposé, que le procédé de Grotefend est indépendant des observations philologiques de ses prédécesseurs, Tandis que Tyschen et Münter avaient usé leur science pour asseoir la valeur de quelques lettres douteuses, Grotefend parvint à lire d’un seul coup une phrase tout entière. Quoi qu’il en soit, les mots qu’elle contenait ne donnaïent que douze lettres et des groupes inarticulés qui pouvaient signifier fils et roi, Il fallait cependant aller plus loin.
Nous avons dit qu'au milieu de toutes ces inscriptions et de tous ces bas-reliefs plane une figure ailée, que nous avons désignée comme la figure d’Ormusd. Ce fait est constant aujourd’hui, et pourtant cette figure a été prise pendant long-temps pour
le F'érouër du roi. Les Férouërs, dans la religion des anciens
Perses, sont à la fois des divinités inférieures , et l'expression la plus parfaite, le type de la force créatrice appliquée à un objet particulier. Mais lorsque ces types prennent un Corps , c’est un corps de jeune fille (1). Les Férouërs sont des génies femelles et leur figure ne saurait se reconnaître dans ces corps virils ,
ornés d'appendices ornithomorphes, qui représentent la Divinité.
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Le nom d'Ormusd (Auramazdä) est d’ailleurs écrit sur ces monu-
ments, autour de ces symboles; Grotefend le lisait ainsi :