‹ Éléments d'épigraphie assyrienneChapitre 26 sur 58 · EE») =] | | (CHAMEAU · texte numérisé non relu

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sans qu'on ait pu jusqu'ici en déterminer la prononciation. Il n’y

a pas d’équivoque sur leur valeur ; ils sont annoncés parle signe = al . ] t Sd Dre LL qui indique un animal, et suivis du signe

== qui semble n'avoir d'autre fonction que d'indiquer la

composition monogrammatique du groupe.

Cette écriture est donc à la fois syllabique et idéographique , le déchiffrement de ces nouvelles inscriptions est encore complet: tous les signes qui servent à les exprimer ont reçu une valeur qui permet de tout lire et de tout comprendre. Il ne reste plus d'incertitude que sur six ou sept caractères qui ne se trouvent pas dans des noms propres et qui sont d’un rare emploi.

Les travaux ultérieurs de M. Holtzman dans les Mémoires de la Société orientale d'Allemagne, et de M. Haug (1) dans les Annonces

(4) Ueber schrift und sprache der zweilen Keilschrift Gœttung, von D’. Haug Gœættingen, 14855,

ÉCRITURES ANARIENNES. 135

de Gættingue, n’ont point ébranlé ces nouveaux résultats ; ceux de M. Oppert les ont confirmés , et il est parti de ces premières données pour appuyer des recherches d’une autre nature qui donneront un jour, peut-être, la clef de l’histoire de l'Asie centrale.

La lecture de ces nouveaux textes , il faut bien le reconnaître , présente toutes les bizarreries que Westergaard avait signalées. Et cependant la grammaire de cette langue nouvelle, malgré ses anomalies , est devenue intelligible pour nous. Aussi s’est-on demandé avec raison si cette langue, qui semble avoir emprunté ses formes à tant d’idiomes différents, ne leur aurait pas au contraire laissé ses débris.

M. Oppert soupçonna, le premier, que cette langue pouvait représenter l’idiome des Scythes : il émit cette idée long-temps avant d’avoir formulé ses recherches sur le dernier système des inscriptions trilingues. Sir H. Rawlinson eut également la même pensée ; elle fructifia , et M. Norris l’adopta entièrement. Aujourd’hui il paraît certain que cet idiome est la langue des populations tartaro-finoises comprises sous les vagues désignations de Scythiques ou de Touraniennes , qui renferment aussi les Mèdes non ariens, sans qu’on puisse encore distinguer d'une manière bien rigoureuse toutes les tribus qui, dans ces temps reculés , se

mêlaient et vivaient de la même vie,

De toute antiquité, les vastes plaines qui s'étendent depuis le Danube jusqu'au nord du Pont-Euxin, du Caucase et de la mer Caspienne, aux rives de l’'Oxus, paraissent avoir été oc— cupées par une seule nation divisée en un nombre considérable de peuplades ou de tribus, chez lesquelles il y avait certainement un centre de civilisation qui a échappé jusqu'ici aux investigations

de la science. Nous voyons, en effet, au moment où l’Assyrie

136 ÉCRITURES ANARIENNES.

était dans toute sa splendeur, ces populations entreprendre de grandes guerres qui ne purent être conçues et dirigées que par des gouvernements fortement constitués ; l’Europe est soulevée contre l'Asie , les Cimmériens contre les Scythes : la victoire reste à ces derniers, qui poursuivent et refoulent les Cimmériens audelà de la mer Caspienne , sur les bords du Don. Mais voilà que ces guerriers vainqueurs , en rentrant dans leur patrie, s'égarent dans les défilés du Caucase. Chemin faisant , ils rencontrent une armée qui assiégeait une ville : ils détruisent l’armée et s’emparent de la ville: c'était l’armée de Cyaxarès qui assiégeait Ninive. Ils s'emparent ainsi de la Médie et ils dominent bientôt sur l’Assyrie tout entière. Ils s’avancent vers le sud et menacent l'Égypte, qui ne parvient à conjurer leur fureur qu’à force de présents. Pendant vingt-huit ans (625 à 597), ces farouches conquérants exercèrent leur terrible domination sur la Haute-Asie.

Ces hordes puissantes, qui s’éloignèrent au moment où l’empire de Cyrus allait naître et avec lesquelles les Perses avaient peutêtre combattu contre la vieille civilisation assyrienne, méritaient bien une distinction qu’il serait hasardeux de chercher dans des considérations philologiques auxquelles les. Achéménides durent être assez étrangers, et on plaça ainsi leur langue au second rang dans les fastes de la Perse.

Mais tout n’est pas dit sur cette langue , ni sur son expression graphique. Nous avons vu que M. de Sauley a déjà signalé de nombreuses ressemblances entre ces caractères et ceux de la troisième colonne des inscriptions trilingues. M. Oppert, dont le nom s’attache à tous les progrès sérieux qui ont été faits dans l'interprétation des écritures en caractères cunéiformes, a été plus loin : il a démontré qu’elle procédait du même système graphique. Sur cent

neuf lettres que contient ce système d'écriture, il a pu en assimiler

ÉCRITURES ANARIENNES. 137

quatre-vingt-seize au système assyrien. Enfin, il a constaté que c'était en approfondissant ce système qu’on pourrait trouver, un jour , l’origine des cunéiformes assyriens. Îl faut donc attendre à avoir les renseignements qui seront fournis par les études sur ce

dernier genre d'écriture, pour nous prononcer définitivement.

Faisons encore un retour en arrière et ne considérons qu’une chose , c’est que les travaux de Westergaard et de ses successeurs ont donné la certitude de la réalité des trois langues : la troisième table de Persépolis renferme évidemment , comme la seconde, la traduction de la première. Mais, pour la comprendre et l’expliquer, faudra-t-il encore chercher un nouvel alphabet et une

nouvelle langue ? C’est ce qui va désormais nous occuper.

Voici maintenant le tableau des différentes valeurs qui ont été attribuées aux caractères médo-scythiques par les savants qui se sont occupés du déchiffrement de cette écriture. Dans la sixième colonne , les valeurs attribuées par M. Norris sont marquées des lettres c et p, pour indiquer, d’après lui, leur certitude ou leur probabilité. Les deux lettres cc indiquent un degré de plus , et les

trois lettres cec un plus grand degré de certitude encore.

138 ÉCRITURES ANARIENNES.

N° WESTERGAARD HINCKS DE SAULCY NORRIS OPPERT de FORMES.

Hincks 1844. 1845. 1846. 1853. 1858.

CON 1 ER {initial signe) » » » »

2 D—— — » » af — p up D—— .

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ÉCRITURES ANARIENNES.

Nes, WESTERGAARD HINCKS DE SAULCY NORRIS OPPERT de FORMES.

Hincks 1844, 1845. 1816. 1855. 1858 » —P—<} » » » vach— c mas, vas re .

{CPI Ve com À — ser N ni —ccc ni » ni }—- » » » pe — P »

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140 ÉCRITURES ANARIENNÉS.

WESTERGAARD HINCKS DE SAULCY | NORRIS OPPERT

de FORMES.

Hincks 1844. 1845. 1846. 4847. 1858.

AP PA PR TD CP NI PL 31 re ku ku G (dur) ka | ka — éct ku 5 PA HAT cs Rien t t Ta t — ccc ut 33 mp pi p BP i pi —ccc pi 8h “D 2 | phi pu OA OP PONS PE IN LA tu ? an) jen Îy 2 » » gar — cec kas. gar.

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36 =Y}— pe: ner B. P. ou var — cc mar, var 37 ee) Far m m M. N m —ccc im » =+3 es Ÿ » » » te — » »

SR Pi al yo yu W.? où hu — cc u Y 39 <a là | \ ra ra ra TU — cc ro y DE LARG » » ro, ru 0 — » tik » | ÿ 1 » » » ti — cc lu. tip » = 4 » » » no — » »

NS Es » at Ë » » » put » pul & 2 {& » » » passan ? sik » 2e —| » » » nos — » »

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ÉCRITURES ANARIÈNNES, 141

63 ÆY}I 1h ut ou (long) ES RER ip

HE WESTERGAARD HINCKS DE SAULCY NORRIS OPPERT de FORMES.

Hincks | 1844. 1845. 186. 1853. 1858.

A OT EE CI EE CPI EU AIDE DL >=—.( | hl SI SA — » » tu — ca du 45 =] sh s » S — ccc is De ne 16 PE — e i I i — c i D 47 =—| i j ya ya ya — ccc ya = —— 48 ZX l n \ Int + 0 in 49 | pa pa ES ÈMIES ba — ccc ba 50 = }Y| — ta ? KCH chi — ccc si 54 =} la {a » tu — ccc du 52 = su su so. su su — cc su p — — » » » rub — c rab DR) th ter TH. à tar — cc tar 54 |} = » D. T EU es KE ’su 55 = Wo » » Yo — » | (homme) 56 (init. Signe) » » » » »

57 [— z sh Z vas — ce | mus vus 58 EATT — » » hu — cc ’sa 59 Ÿ —<« EE » » tar — » tur 60 | re pu pu Over po — p pu » — » » » ne — » n 61 | A | — » » ruk — coc ruk 62 nie à | — » » re — » ur

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Ne WESTERGAARD HINKCS DE SALLOY NORRIS OPPERT de FORMES.

flincks 1844. 1845. 1846. 1858.

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