‹ Éléments d'épigraphie assyrienneChapitre 27 sur 58 · S 2, — INSCRIPTIONS ASSYRIENNES · texte numérisé non relu

S 2, — INSCRIPTIONS ASSYRIENNES

L'étude des inscriptions de la troisième colonne des textes de Persépolis a commencé , pour ainsi dire , avec l’étude des inscriptions perses. Tyschen, Münter, Grotefend ne les ont point passées sous silence. Ce qui reste de leurs premiers travaux, c’est le soupçon que l’on eut, dès l’origine, que cette écriture pouvait être monogrammatique ; ils étaient dans une bonne voie.

Le sens de l'écriture ne pouvait souffrir de difficulté. Dès que l’on eut, en effet, déchiffré les premiers mots du texte perse, nonseulement les mêmes raisonnements que l’on pouvait faire sur le sens des flèches se trouvaient confirmés; mais, de plus, on pouvait suivre des groupes qui se succédaient dans le même ordre, dans les trois inscriptions, et qui représentaient évidemment des noms propres; les noms d'homme étaient indiqués dans ces inscriptions , comme dans celles de la seconde colonne , par le clou perpendiculaire.

Les textes isolés que l’on exhumaït de la Babylonie n'étaient pas de nature à donner par eux-mêmes des moyens d’investigation, mais il ne fallait pas en négliger l'étude; la plupart des hypothèses agitées par Hager , sur le sens dans lequel ces monuments devaient être lus, ne pouvaient plus se reproduire. On comprit bientôt que les pierres gravées, sur lesquelles les pointes de flèche avaient une direction opposée au sens des caractères des inscriptions, étaient destinées à produire des empreintes. D'un

autre côté, sur le caillou de Michaux, sur les autres monuments

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de la Babylonie, on voyait les caractères s’allonger, se resserrer , suivant les besoins du texte, à la fin des lignes ; quelques caractères même empiétaient intentionnellement sur les marges à droite, tandis que celles de gauche restaient toujours intactes : il était évident que la direction de ces caractères et de cette écriture était encore de gauche à droite. Les caractères avaient enfin la plus grande analogie avec ceux des textes de Persépolis. Les moulages rapportés par M. Lottin de Laval, à défaut des monuments, donnaient la véritable forme des signes et offraient des points de comparaison précieux et faciles. Mais les inscriptions des briques et cette belle inscription de Babylone, découverte par sir Hartford Jones, en différaient notablement. Y avait-il là une variété nouvelle, un alphabet ou un idiome nouveau ? — On attribue généralement à Grotefend la solution de cette difficulté, bien que le D”. Hincks l'ait revendiquée pour lui; au fond , la vérité est demeurée acquise. En examinant un fragment de cylindre rapporté par Ker Porter, et en le comparant à la grande inscription publiée par la Compagnie des Indes, en 1803, on acquiertla certitude que, malgré la différence que présentent certains caractères, ces deux inscriptions doivent être identiques. En effet ; les caractères du cylindre sont semblables à ceux de Persépolis, et il s’en trouve , dans le courant de l’inscription, un certain nombre qui se succèdent dans le même ordre , tandis que d’autres sont constamment remplacés par des signes plus compliqués. On eut ainsi la certitude qu’on se trouvait en présence de deux textes identiques , mais de styles dif-

férents, bien qu’on ignorât alors le contenu de ces deux textes (1).

(1) Comparez le fragment de Ker Porter, t. IL, pl. 78, et l'inscription de Londres, col. IT, lig, 45 à 65. — La vérification, du reste, est aujourd’hui facile en comparant les planches 54 et 60 publiées par sir Henry Rawliuson dans le Recueil des inscriptions du British Museum : The cuneiform inscriptions of Western Asia, t, I.

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Grotefend, en se guidant sur la traduction du texte arien, parvint à déterminer quelques groupes qui correspondaient aux noms de Cyrus, Hystaspe, Darius et Xerxès. Enfin, avec le bonheur qui s’attachait à toutes ses découvertes, il indiqua un groupe qui, sur la grande inscription de la Compagnie des Indes, de même que sur les briques de Babylone , devait contenir le nom de Nabuchodonosor.

En dehors des inscriptions trilingues , les textes de Babylone avaient donc leur part dans ce grand travail, qui devait aboutir au déchiffrement complet des écritures cunéiformes. Il était évident que ces textes n’appartenaient pas à l’ère des Achéménides ; et si, d’après l’hypothèse de Grotefend , le nom de Nabuchodonosor était bien sur les monuments de la Chaldée , il en résultait que l’on se trouvait en présence d’une nouvelle source de renseignements historiques qui présentaient déjà des échantillons assez étendus.

Les découvertes avaient marché lentement sur le premier système , elles n’avançaient pas sur celui-ci : en 1840 , on n'avait encore aucun travail sérieux et pourtant le texte perse était déjà lu et déchiffré.

La comparaison du texte arien conduisait naturellement à trouver des groupes qui répondaient aux noms propres, puis aux idées ; il est facile, en effet, de décomposer les textes assyriens en petites phrases correspondant , entre des limites certaines , aux diverses phrases d’une inscription de la première colonne. C’est une opération que nous avons indiquée déjà à propos du texte médique , et sur laquelle nous devons insister de nouveau. Tous ceux qui se sont occupés des études assyriennes ont dû débuter ainsi : c’est le point de départ des premiers travaux dont nous pouvons faire l'essai sur le texte de la troisième inscription, que nous

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avons publiée (supra, page 65), puisque nous en avons déjà la

traduction d'après le texte arien et le texte médo-scythique.

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Le texte perse, pour nous en tenir à celui-ci , est ainsi conçu :

Khsayarsa, Khsâyathiya Vazarka, Khsäyathiya Khsayathiyanam , Daryavahus Khsayaihiyahya Putra, Hakhamanisiya.

Il est aisé d’abord de déterminer les noms propres répétés dans le texte assyrien , et qui nous sont désignés par la présence du clou vertical.

Au nom perse de Xerxès, Æhsayarsa, correspond le groupe :

KE

Nous l’arrêtons avant le dernier signe de la ligne; car évidemment ce signe ne lui appartient pas, puisqu'il se trouve deux fois dans la deuxième ligne, qui u’a rien de commun avec le nom de Xerxès , et qu'il est reproduit à la fin de la troisième ligne qui

renferme le nom de Darius , écrit ainsi :

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