‹ Éléments d'épigraphie assyrienneChapitre 29 sur 58 · VASE D'ALBATRE AU NOM DE SARGON · texte numérisé non relu

VASE D'ALBATRE AU NOM DE SARGON

Pendant que M. Botta faisait ces belles découvertes , M. Austen

Henry Layard, qui se trouvait alors en Orient, fut vivement frappé du résultat des fouilles du consul de France, et il conçut aussitôt le projet d'exécuter de pareilles recherches pour le compte del’Angleterre. Il suffisait, en effet, de jeter désormais les yeux sur le sol de l’Assyrie pour se convaincre que ces montagnes artificielles qu’on voyait çà et là sur les bords du Tigre devaient cacher , comme à Khorsabad , les ruines de palais assyriens. M. Layard fut surtout frappé de l’aspect tout particulier d’une colline située à 30 kilomètres environ de Mossoul , en descendant le Tigre. Cette colline portait le nom de Nimroud. D’après une tradition très-répandue parmi les Arabes, on disait qu’on avait vu jadis d’étranges figures de pierre au milieu des mouvements de terrain que présente cette localité, et les récentes découvertes de M. Botta donnaient une grande autorité à ces récits. Il était évident que le palais de Khorsabad ne pouvait être qu’une dépendance de Ninive, et que les autres tumulus devaient être des monceaux de ruines analogues. Cependant les recherches infructueuses de M. Botta éloignèrent d’abord l’attention de M. Layard de l'enceinte de Ninive, et il préféra s'attaquer au monticule de Nimroud. Il fit part de ses projets à sir Stratford Canning, et l’Angleterre lui alloua les fonds nécessaires pour commencer des explorations. M. Layard rencontra les mêmes difficultés de détail que M. Botta avait rencontrées au début : le gouverneur de la contrée, Mohamed-Pacha, malgré les firmans de Constantinople, était peu disposé à laisser exploiter par d’autres des ruines dans lesquelles il flairait de l'or; mais enfin ces difficultés s’aplanirent, et, dans l’automne de 1845, M. Layard put commencer ses opérations. [l explora d’abord avec six hommes une espèce de cône qui dominait le monticule, et il recueillit çà et là, à la surface du so!, des débris de poterie et

des briques avec des caractères cunéiformes. En creusant dans un

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endroit qui lui parut favorable, il découvrit bientôt un fragment de bas-relief qui avait été exposé au feu et qui ressemblait à ceux de Khorsabad.

Il était évident que ce fragment provenait de constructions qu’il s'agissait de retrouver. Aussi on ne tarda pas à rencontrer un basrelief, puis un second et un troisième; on déblaya les faces et on constata, comme à Khorsabad, des sculptures et des inscriptions. Dès la première journée de ses recherches, M. Layard acquit ainsi

la certitude qu'il était aussi en présence d’un palais assyrien.

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(TAUREAU nE NIMNOUD. )

Les travaux furent poussés avec activité, et, lorsque l’ensemble des fouilles put être apprécié, on reconnut que la construction de Nimroud répondait à celle de Khorsabad. C'était le même style , la même architecture : des taureaux aux portes, des bas-

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reliefs dans les salles, et la même manière de disposer les inscriptions et les figures.

M. Layard s’empressa d'envoyer à Londres des échantillons de ses découvertes, en réclamant de nouveaux fonds pour continuer ses fouilles. [ls lui furent bientôt accordés par les Trustees du British Museum, et les opérations continuèrent sur une grande échelle. On attaqua alors le tumulus sur plusieurs points et on trouva partout des restes des anciennes constructions. C’étaient des lions ailés , des chambres longues et étroites, ornées de bas-reliefs représentant des sujets guerriers et des inscriptions affectant la disposition que nous avons déjà signalée. Il était cependant évident que ces constructions appartenaient à une autre époque, à un autre règne, bien que la disposition générale fût conservée. On retrouvait, en effet, le même système d'ornementation, des inscriptions, des bas-reliefs, et au milieu de ces figures on voyait encore le roi entouré des officiers de son palais, tantôt à pied, tantôt monté sur un char traîné par des chevaux richement caparaçonnés. Il est facile de voir que les sujets retracent les différents épisodes d’une campagne complète. Après la marche au combat, le retour des vainqueurs : ici, on compte les têtes des vaincus; plus loin, des musiciens jouent de différents instruments et sont suivis par les captifs sans armes. C’est une longue procession qui représente les différentes phases de la guerre mêlées aux travaux domestiques. Dans une autre partie de l'édifice, on voit des villes assiégées et soumises, des rivières passées pour attaquer des forteresses. Enfin, au milieu des ruines, on trouva des parties d’armures, des vases d’albâtre et de menus objets.

La découverte la plus curieuse fut celle d’un obélisque en basalte noire, de plus de 2 mètres de hauteur, dans un état de conservation parfaite; il était couvert de sculptures et chargé

d’une inscription de plus de deux cents lignes.

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Cette inscription nous a appris que ce monument avait été

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