‹ Éléments d'épigraphie assyrienneChapitre 49 sur 58 · PERSE. MÉDO-SCYTHIQUE. ASSYRIEN · texte numérisé non relu

PERSE. MÉDO-SCYTHIQUE. ASSYRIEN

Baga. — Idéog. >| = 2 an | = Yp—. ÿe— >—. D— ——— D = Baga. — Phon. »> | ce) bras D == oi «A AN - NA — AP. 1 —- LOU,

Or, si le même idéogramme exprime en médo-scythique et en assyrien l’idée de Dieu, on voit qu’il se lit Anap en médoscythique , et Zlou en assyrien. Zlou, c’est l'articulation sémitique qui représente dans toutes les langues de la même famille l’ex-

pression abstraite de Ja Divinité ; ñ3x en hébreu et en chaldéen,

Li en syriaque et i\) \ enfin en arabe.

Les signes de l'écriture assyrienne se présentent donc tantôt avec leur valeur syllabique, tantôt avec leur valeur idéographique ; et dès lors il s’est trouvé que les caractères assyriens ne répondaient pas toujours aux mêmes articulations. Cette double valeur ne résulte pas cependant du fait de la polyphonie, et il importe de le signaler : c’est pourquoi nous allons essayer de faire comprendre le motif de la différence qui existe entre l'articulation syllabique d’un signe et son articulation idéographique.

Si on consulte le caractère fondamental de l’écriture hiéroglyphique des Égyptiens, on voit que le signe hiéroglyphique représente un objet dont le nom, en copte, donne l'articulation égyp-

tienne ; nous savons par là que les hiéroglyphes égyptiens ont pris

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naissance en Égypte. Pourquoi en est-il autrement en Assyrie , puisque l'écriture anarienne procède d’une origine hiéroglyphique? C'est que l'écriture assyrienne , en usage chez différents peuples qui parlaient des langues différentes, a-fourni des idéogrammes dont l'articulation phonétique changeait suivant la langue du peuple qui traduisait le caractère symbolique, tandis que la valeur phonétique des signes restait la même chez tous ces peuples. 1! est facile dès lors de reconnaître le peuple chez qui elle a pris naissance, parce que la valeur phonétique des idéogrammes se trouvera d'accord avec les articulations phonétiques qui traduisaient les noms des images représentées. Si nous consultons maintenant l'exemple que nous avons cité, nous voyons que le même signe a la valeur syllabique de an dans les deux langues , et la valeur idéographique de Dieu chez les deux peuples. Or, les Médo-Scythes prononçaient anap ce que les Assyriens prononçaient tou. L'écriture cunéiforme paraît donc avoir pris naissance Chez un peuple dont les textes de la seconde colonne des inscriptions trilingues nous ont conservé les débris ? — Mais poursuivons.

L'écriture assyrienne ne s'est pas bornée à avoir de simples monogrammes : il fut quelquefois nécessaire , pour exprimer une idée, d’avoir recours à deux signes : par exemple, quand il s’est agi de représenter, non plus l'idée générale de la Divinité, mais telle divinité spéciale. Nous pouvons nous rendre compte encore de ce qui a dû se passer en assyrien, par ce qui s’est passé dans l'écriture idéographique des Égyptiens. Comment, en effet, ces derniers ont-ils procédé pour exprimer une idée de ce genre ? Ils ont d’abord écrit l’idéogramme général de la Divinité : un homme assis à l'égyptienne ; puis ils y ont ajouté l’attribut qui caractérise le dieu : une

tête d’épervier, pour Horus; une téte de chacal, pour Anubis, ete. ;

dns, SR de.

ÉCRITURES ANARIENNES. ab

et comme la même divinité pouvait avoir plusieurs attributs, il s'ensuivait que chacun de ces attributs pouvait la représenter également. Ainsi, Osiris était aussi bien caractérisé par un œil que par un fouet, ou par un pschent flanqué de deux plumes d'autruche. Est-ce à dire que la figure assise représente une articulation qui change de valeur suivant la divinité exprimée? Évidem-

ment non. Il en est de même en assyrien: il s’agit d'exprimer, par

exemple, le dieu Néso. On écrit d’abord l’idéogramme divin >>—| :

Mais Nébo a dans ses attributs le sacre des rois ; dès lors on fait

suivre l’idéogramme divin du signe qui représente cet attribut, un lecytus, autant qu’on en peut juger toutefois par le signe ass

dont la forme hiératique nous a été conservée. On a ainsi un

ai

qu'il faudrait lire AN-PA , s’il était phonétique, et qui pourtant

groupe de deux signes

exprime le dieu Nébo. Mais ce dieu à un autre attribut : c’est le dieu de l’action, le dieu qui surveille. Il peut donc être aussi caractérisé par le symbole qui exprime cette idée, et nous aurons un second groupe en ajoutant à l'idéogramme divin un sign dont la forme hiératique paraît procéder de l’image d’une herse et qui à la valeur idéographique de faire ou inspecter. Nous aurons

donc encore un groupe de deux signes WY D— 1e qu'on devrait lire AN-AX , s’il était phonétique, mais qui exprime

encore le dieu Nébo. Ces deux groupes sont, en effet, traduits pho-

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nétiquement de la même manière, et ils se prononcent en assyrien :

Ce n’est pas à dire que le signe >>—Y, qui a la valeur syl-

labique de an, aura également la valeur de na, pas plus que les signes qui ont la valeur de pa et ak n’ont celle de bu. Non, ces signes n’ont qu’une valeur syllabique, et rien de plus. Lorsqu'ils jouent un rôle idéographique, l’ensemble se prononce autrement ; mais le groupe ne peut être décomposé.

Le nom de Babylone est un de ceux qui ont été le plus fréquemment cités, et dont les différentes formes ont été le plus scrupuleusement analysées. Dans les inscriptions trilingues , au

mot perse Babyrus correspond un groupe qui se lirait :

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