‹ Éléments d'épigraphie assyrienne les écritures cunéiformes, exposé des travaux qui ont préparé la lecture et l'interprétation des inscriptions de la Perse et de l'AssyrieChapitre 8 sur 33 · ÉT.SI1TUE A 111 EN XK · texte numérisé non relu

ÉT.SI1TUE A 111 EN XK

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C'est-à-dire :

n Je suis Cyrus , roi, Achéménide. »

Après les travaux de Cassen , de Burnouf et de Rawlinson , on peut dire que les résultats de leurs successeurs n’ont plus le caractère de découvertes : l’ensemble de l’alphabet était on effet suffisamment connu pour permettre de lire tous les textes , et de reconstruire la langue ; aussi les travaux ultérieurs que nous allons maintenant enregistrer ne sont plus , à proprement parler , que des œuvres de critique : non pas , il est vrai , de cette critique stérile qui ne sait que détruire les travaux d’autrui et qui écrase , sous le poids d’une science étrangère ou d’une phrase pompeuse , des vérités encore en germe qui font effort pour grandir ; mais de cette critique féconde dont Hask avait donné la mesure, et qui a placé ses essais à côté des plus sérieuses découvertes.

Parmi les derniers travaux qui se sont accomplis depuis lors , je dois citer, après les derniers mémoires de Grotcfend (I), l’examen critique du travail de Tturnouf , par M. Obri , d’Amiens (2), et celui des Mémoires de Lusscn , par Jacquet (3); puis les travaux de .MM. Holzmann (4), Hitzig(ô), Westergaard (fi),

(4) Neue Fini rage :ur Erlauterung (1er Persqtolitanischen Keilschriften. Ilanovcr,

(5) Journal asiatique. Octobre 1836.

(3) /4W., 4838 ( Ce travail est malheureusement rest£ inarhevé).

(4) liber die itreite art des Achaemenidischen Keilschrift. — lleiiragt zur Erhlarung der Altpersischen Keilinschrifien. Karlsruhe, 1845.

(5) Die (îrabschrift des Darius :u AaAhsi-Flustam. Zurich, 4847.

(fi) Die Altpersischen Keiiinschriften. Zeitschrift fur die Kundc des Morgenlandes , VI, r, 488. — Zur Entiifferung des Achaemenidischen Keilschrift Ztveitergattung. In der Zeilsrhr. fur die Kundc de» Morgeul. , VI, 337, pl. IX.

ÉCIUICIIC AHIKMXK. ) I I

Beer (1), Benfey (2), llincks (3), Oppert (4) et Speegel (ïi). Tous ces travaux ont achevé la connaissance <ie cet idiome : aussi depuis long-temps M. Bopp la rangé , dans son beau travail sur la grammaire comparée , parmi les dialectes les plus régulièrement connus, il est constant que cette langue n’a rien de commun avec les langues sémitiques; mais, dans le genre auquel elle appartient, elle a des formes particulières qui caractérisent son individualité: c’est une langue arienne qui se rattache h la grande famille des langues indo-germaniques ; elle n’est point identique au zend des livres de/oroastre ; elle s’en rapproche plus rpie du sanscrit, sans doute, mais elle s’en sépare sous plus d’un rapport ; elle paraît avoir le caractère d’un dialecte dérivé , dont les formes grammaticales tendent à s’effacer de plus en plus. Quoi qu’il en soit , dans l’état où elle nous est parvenue , c’est la langue de Cyrus , de Darius , de Xerxès , de l’ancien perse en un mot, tel qu’il a été parlé au VI* siècle avant notre ère, et dans lequel il a été facile de retrouver, sur quelques points assez nombreux pour qu’il ne puisse y avoir d’équivoque, l’origine du persan moderne.

Toutes les inscriptions perses ont été traduites et commentées.

(1; Altgemeiuc llailische literaiur Zeitung. 1838.

(2) Die Persischen Keilinseliriften mit Veberset.ung und (ilossar, Leipzig;, 1847.

(3) On tlie first ami second Kinds of Persepolitan II riting (Ext. from Trans. ofllie rojal Irish Acad., vol- XXI, p. 2. London, juin 1848).

(4) D.is Laut System des Alipersischen. Berlin , 1847. — Observations jur la langue dans laquelle sont conçues les inscriptions du premier système . — Die (irabenschrift Darius in yahslii-llustum, dans le Joui nul de la Société orientale d'Allemagne, 1857.— Mémoires sur les inscriptions acUèmè aides conçues dans l'idiome des anciens Perses (Extrait du Journal asiatique. 1852).

(5) Iieitrage sur iratiischen sprachhunde ; Erstes Kefl Erlungen. — Die Altpersischen Keilmschriften im grundtexie mit Ueberset-.ung , (i ruminai ih. und ( ilossar . Leipzig,

cm nuit ahikn.nk.

Tout ce qui a été découvert jusqu'ici a été l'objet des travaux les plus sérieux , des commentaires les plus développés ; la connaissance de ces textes est donc un fait accompli. La plus ancienne inscription appartient au repue de Cyrus : elle date de l’an 630 avant J.-C. C’est celle dont nous venons de donner la traduction. Les plus importantes appartiennent au règne de Darius. Nous avons fait connaître celle qui est gravée sur le rocher de Bisitoun. Nous devons citer encore celles de l’ersépolis , de Nak-i-Houstam , de Vftn et de Ilamadan ; ce sont celles dont le style est le plus pur. Tout annonce la prospérité de l’empire, malgré les secousses qui se font sentir dans les provinces et qui sont promptement réprimées.

Les inscriptions de Xerxés sont beaucoup moins nombreuses , beaucoup plus courtes que celles de Darius, son père. Il n’y a plus, en effet, de grands exploits il enregistrer : Xerxès continue dans l’ersépolis l’œuvre de Darius; il grave, sur des tables préparées par son père , des inscriptions qui témoignent de sa piété filiale ; mais on sent déjà que la gloire est dans les souvenirs. Ormusd ne suffit plus pour protéger l’Iran : le roi semble appeler sur son œuvre la protection de divinités nouvelles.

Viennent ensuite quelques inscriptions d’Artaxerxès et de ses successeurs; elles sont de plus en plus succinctes; on sent que les faits à enregistrer sont de moins en moins importants.

Enfin, nous arrivons à la plus récente des inscriptions trilingues qui appartient au règne du dernier des Darius ; elle ne peut avoir précédé de beaucoup les conquêtes d’Alexandre. « Elle atteste, dit M. Oppert (1), un état de l’idiome qui devait inévitablement pencher vers sa perte. On se demande, ajuste titre, s’il est même

(i) Les Inscriptions tichnnrttulrs , p. J98.

ÉCRITURE ARIENNE

probable que la langue des Achéménides existât encore dans le peuple à cette époque. Le document nous montre une orthographe qui témoigne ou de l’ignorance du peuple , ou de la décadence rapide de la langue, ou peut-être de ces deux circonstances réunies. »

Nous voyons, pour la première fois, dans ces inscriptions, des divinités nouvelles : les noms de Mithra et d’Anaïtis apparaissent h côté du nom d’Ormusd. C’est à ce moment sans doute que surgit, sous le nom de Mithra, un cidte nouveau qui fit de nombreux prosélytes dans les différentes provinces de l’Empire; mais alors le règne des Achéménides allait passer ; les palais de Persépolis allaient s’écrouler dans les flammes , et la langue de Darius allait faire place h un nouvel idiome, au Pehlvi.

Il ne faut pas croire que tous les travaux dont les inscriptions des Achéménides ont été l’objet se soient déroulés avec la suite que notre exposé vient de leur donner : il n’en est pas ainsi des travaux de l’humanité. Ils sont souvent interrompus et repris avant d’arriver à leur but ; ils sont souvent contestés par de rigoureuses et salutaires critiques, qui les forcent de se préciser davantage pour se faire définitivement accepter; mais aussi ils sont quelquefois égarés par de décevants fantômes. En explorant ces antiques monuments de la religion de Zoroastre, on s'aperçoit souvent que le mal se trouve toujours à côté du bien, l’erreur à côté de la vérité , l’ombre à côté de la lumière. C’est la destinée commune : la lecture des inscriptions en caractères cunéiformes a subi les mêmes vicissitudes que la lecture des textes égyptiens , que la lecture de tous ces textes que la philologie moderne arrache enfin à l'oubli.

Cependant je passerai sous silence les erreurs dans lesquelles

H1 ÉCRITURE ARIENNE

sont tombés ceux qui se sont écartés des principes dont nous axons essayé de démontrer l’enchaînement : leurs œuvres isolées, sans solidarité, sans précédents, ne paraissent point destinées à former dcdisciplcs; cependant je dirai les objections ou plutôt l'objection capitale que l’on adresse à cet ensemble de travaux pour justifier le penchant qui entraîne quelques esprits vers les voies nouvelles qu’ils ont cru découvrir.

« Le point de départ des travaux modernes sur la lecture des textes en caractères cunéiformes de la Haute-Asie repose , disentils , sur une hypothèse : Grotefend a supposé que les textes de Pcrsépolis devaient renfermer les noms de Darius, de Xerxès, etc., etc.; or, il a trouvé ce qu’il voulait trouver dans ces textes incompris. Depuis, on a toujours marché dans la même voie , et cette première hypothèse a engendré une série d’hypothèses nouvelles pour étayer chacune des prétendues découvertes auxquelles on aboutissait. 11 en est résulté un système ingénieux , séduisant , auquel se sont associés des savants consciencieux, mais tellement aveuglés par la part qu’ils apportaient dans l’ensemble , que le système tout entier a pris pour eux l'apparence d’une réalité extérieure, tandis qu’elle n’existait au fond que dans leur propre imagination. »

Telle est l'objection : je ne crois pas l'avoir affaiblie. Je ne l'affaiblirai pas en niant tout ce qu’il y a eu d’hypothétique dans les premières découvertes de Grotefend ; mais aussi il ne faut pas aller au-delà.

Grotefend a supposé le problème résolu ; il a procédé comme on procède souvent pour arriver à la solution d’un grand nombre de problèmes qu’on agite dans les sciences exactes ; et , partant de ce point, à savoir que les noms de Darius, de Xerxès, des princes Achéménides , étaient acceptés à titre d'hypothèse , il en a vérifié

ÉCRITURE AIUE.NXE.

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