CAPSULES ARTICULAIRES
ménisques interàrticulaires consistent en un tissu fibreux
solide, entrece tissu n'est y soient
Fig. 130.
croisé, la plupart du temps, dans des directions diverses autre que le tissu conjonctif, quoique, cependant, les fibrilles peu distinctes. On y trouve, en outre, des cellules de cartilage et beaucoup de cellules plasmatiques anastomosées, ou de fibres élastiques de petit diamètre (voy. fig. 130). Les cellules de cartilage sont généralement isolées dans les couclies superficielles; plus petites et disposées en séries dans les parties profondes , elles font place enfin à des libres élastiques fines dont le développement, aux dépens des cellules de cartilage ou de cellules analogues , n'est pas difficile à constater. Les ménisques interarticulaires qu'il faut, d'après ce qui précède, ranger parmi les fibro-carti- • lages, ne sont point pourvus d'un revêtement synovial ; seulement ils adhèrent par leur bord à la capsule synoviale , ne sont recouverts que dans une très petite étendue, et jamais sur toute leur surface, par l'épithélium intérieur de l'articulation.
Les ligaments interarticulaires consistent , à l'exception du ligament rond, en tissu conjonctif semblable à celui des tendons et des autres ligaments fibreux; seulement les ligaments intérieurs (ligaments croisés, etc.) ont, à leur surface, une couche plus molle de tissu conjonctif pourvu de vaisseaux et recouvert d'épithélium.
Dans l'intérieur des cavités articulaires, on trouve une petite quantité d'un liquide clair, jaunâtre, filant, désigné sous le nom de synovie. Ce liquide parait être analogue au mucus sous le rapport de sa composition chimique ; tout au moins contient-il la substance fondamentale du mucus. Examiné au microscope, ce liquide n'offre rien de bien remarquable dans les conditions normales. Il consiste simplement en un liquide qui se trouble par l'addition de l'acide acétique. Ce liquide contient très souvent quelques cellules d'épithélium, parfois remplies de matière adipeuse, des noyaux de cellules, des granulations adipeuses libres ; dans des conditions qui s'éloignent de l'état normal, on y trouve des globules sanguins et lymphatiques; on y rencontre aussi des portions dissoutes des prolongements frangés de la synoviale ou du cartilage articulaire, et une substance gélatineuse amorphe.
D*après Frerichs ( Wagners Handwörterbuch, III), la synovie normale renferme, chez le bœuf: eau, 94,8; mucus et épithélium, 0,5; graisse, 0,07; albumine et 'extractifs, 3,5; sels, 0,9. La synovie est un produit de sécrétion auquel n'appar-
Fig. 130. — Fragment d'un ménisque articulaire (fibro-cartilage semi-lunaire ou falciforme de l'articulation du genou), a, une bande de tissu conjonctif, avec cellules oblongues disposées en séries, et semblables à des cellules de cartilage; b, une semblable bande, avec cellules et noyauv plus allongés : ces cellules, en devenant fusiformes ou étoilces par les progrès du développement, se comportent comme des cellules plasmatiques.
tiennent point en propre des parties anatomiques figurées ; elle est simplement exhalée, par l'intermédiaire de l'épithélium, par les vaisseaux de la synoviale, et particulièrement par les prolongements frangés de' cette membrane, qui, conformément à cette destination, sont groupés sur les bords même du cartilage sur lequel ils versent ainsi leur humeur lubrifiante. Les prolongements synoviaux dépourvus de vaisseaux prennent quelquefois un développement anormal, deviennent durs, se séparent de leurs connexions avec les parties vasculaires de la synoviale, et donnent naissance à des corps étrangers de formes variées dans l'articulation. Ces corps étrangers peuvent aussi se montrer dans les bourses muqueuses et les gaines des tendons, dont les synoviales sont aussi pourvues de prolongements (voy. plus haut, § 86). Ils sont formés d'un revêtement épithélial, de tissu conjonctif, avec des noyaux allongés; contiennent en nombre variable, mais non constamment, des cellules de cartilage normales ou infiltrées de matière adipeuse, et se développent, non pas au dehors de la membrane synoviale, mais par végétation de cette membrane elle-même. Au reste, des corps solides analogues peuvent sans doute prendre naissance de toute autre manière : ainsi Bidder [Zeitschrift für rat. Medic, t. III, p. 99 et suiv.) et Virchow (Medic. Zeitung, \ 846, nos 2 et 3) ont observé des corps de cette espèce qui ne présentaient aucune trace d'organisation. Virchow a démontré dans ces productions la présence de la fibrine, et je suis tenté de les considérer avec lui, dans beaucoup de cas, comme des exsudations fibrineuses, et, dans d'autres, comme des précipités qui se sont formes dans la synovie, et qui se sont ensuite solidifiés. Cette dernière interprétation est basée sur ce que, dans les gaines tendineuses sous-cutanées, on trouve souvent des masses plus ou moins consistantes, sans structure, infiltrées de matières salines, et manifestement formées par de la synovie épaissie.
Des fragments osseux , détachés des végétations qui se sont développées autour de l'articulation, peuvent s'introduire aussi dans l'intérieur des articulations.
Les bourrelets graisseux {plicœ adiposœ) sont bien plutôt destinés à des usages mécaniques qu'à la sécrétion de la synovie, et paraissent servir de masses de remplissage dans les divers mouvements de l'articulation.
§ 101. Propriétés j»î»j situes e* chimiques «ïes os et «le tetirs Orgailes
accessoires. — Indépendamment d'une petite quantité d'eau (de 5 à 7 pour 100 d'après Stark dans la substance compacte) et de graisse (de 2 a 3 pour 100 d'après Bibra), les os consistent principalement en une substance qui donne de la gélatine (osséine, Robin et Verdeil), et en matière inorganique. Les matériaux inorganiques forment, chez l'adulte, environ les deux tiers de l'os desséché (68,82, pour 100 d'après Bibra) ; on les obtient presque entièrement par la calcination des os. Lorsque l'on a pratiqué cette opération avec les précautions convenables, l'os conserve complètement encore sa forme extérieure, mais il se brise facilement et se réduit en une poussière pesante, blanche, opaque, friable, ou matière terreuse des os. Cette matière renferme de 57 à 59 pour 100 de phosphate de chaux tribasique (3 atomes de base, 1 atome d'acide, d'après Heintz), 7 à 8 pour 100 de carbonate de chaux, de petites proportions de phosphate de magnésie et de sels alcalins, des traces de fluorure de calcium et de silice. Une faible quantité des matières salines de l'os se trouve aussi contenue dans les parois des vaisseaux , dans les cavités osseuses, et à l'état de dissolution dans les liquides de ces parties.
La substance de l'os qui donne de la gélatine, est ce que l'on appelle le cartilage d'os ou cartilage de formation {cartilago ossium, sive formativa , sive ossescens). On obtient cette substance en traitant les os, à la tempéra-
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES DES US. 2f>7
ture ordinaire, par l'acide chlorhydrique ou azotique étendus; elle se présente sous l'aspect d'une matière molle, flexible, élastique, légèrement jaunâtre, transparente, analogue au cartilage, et conservant la forme primitive de l'os. Le cartilage osseux représente en poids environ le tiers de l'os desséché, et se putréfie lorsqu'il est humide; desséché et brûlé, il laisse une petite quantité de cendres. Lorsqu'on soumet le cartilage osseux à l'ébullition, il se dissout, et, de sa combinaison avec l'eau, il résulte une masse trois ou quatre fois plus volumineuse de gélatine. La gélatine peut aussi être obtenue directement, en soumettant les os eux-mêmes à une ébullition prolongée dans la marmite de Papin.
En ce qui concerne la nature de la substance fondamentale du tissu osseux, il est certain que les matières salines ne sont pas simplement déposées dans les parties molles de l'os sain et arrivé à son développement ; mais elles se trouvent, bien qu'à l'état solide, unies par une combinaison intime avec le tissu réductible en gélatine. Le cartilage d'os , et l'os calciné, conservant l'un et l'autre la forme de l'os lui-même, il est évident que les deux substances sont intimement combinées entre elles dans toute l'étendue de l'os ; mais il n'est guère possible de regarder cette combinaison comme une combinaison chimique ordinaire, pour ce double motif que le rapport entre la substance réductible en gélatine et le phosphate de chaux est très variable, et que la simple coction, sous une certaine pression, suffit pour séparer la gélatine des sels calcaires. (Consultez Fremy, Comptes rendus Acad. des sciences, XLI, n° 22.)
Les propriétés physiques des os sont en rapport avec leur Constitution chimique. L'abondance des sels terreux qu'ils contiennent leur donne la dureté, la densité, la solidité ; c'est à leurs éléments organiques qu'ils doivent l'élasticité et la flexibilité. Dans les os de l'adulte et dans l'état normal, les deux substances fondamentales sont unies dans des proportions telles , que l'os jouit d'une dureté et d'une solidité remarquables, et seulement d'un faible degré de flexibilité; d'où résulte une notable résistance à l'influence des causes traumatiques de ruptures. Chez l'enfant , les os, riches en substance cartilagineuse, offrent une solidité et une rigidité beaucoup moins grandes, et se trouvent plus disposés aux déformations; mais leur élasticité les protège plus efficacement contre les fractures. Le rachitisme est en quelque sorte l'exagération de cette disposition : les éléments organiques de l'os atteignent ici jusqu'à 70 ou 80 pour 100. Dans la vieillesse, les os deviennent plus durs, mais aussi plus cassants, et ils se brisent facilement. La raréfaction'eroissante du tissu osseux contribue aussi, pour sa part, à la fragilité des os à cette période delà vie. (Comparez avec les résultats de Fremy.)
La combustibilité des os dépend de leurs éléments organiques. Leur opacité, leur couleur blanche, leur pesanteur spécifique, qui l'emporte sur celle des autres tissus , et leur résistance à la putréfaction , dépendent de leurs éléments inorganiques. La liaison intime des éléments inorganiques avec les éléments organiques des os protège ces parties d'une manière si efficace, qu'on rencontre des os humains inhumés depuis la plus haute anti-
quité, oii même des os d'animaux fossiles qui renferment encore leur proportion accoutumée d'éléments organiques.
Les vrais cartilages , ainsi que les cartilages clu fœtus, contiennent, outre leur base organique, 50 à 75 pour 100 d'eau, 3 à U pour 100 de matières salines (principalement des sels de soude et du carbonate de chaux, parfois aussi un peu de phosphate de ehaux et de silice). La substance fondamentale du cartilage consiste en chondfine ou gélatine de cartilage. Les capsules de cartilage et les cellules de cartilage que ces capsules renferment, sont insolubles dans l'eau ; elles résistent plus longtemps que la substance fondamentale à l'action des alcalis et de l'acide sulfurique. — Les fiôro-càrtilûges (cellules de cartilage avec tissu conjonctif) ont été peu étudiés sous le rapport chimique. J. Müller n'a point trouvé de chondrine dans les ménisques interarticulaires de l'articulation du genou de la brebis. Donders, au contraire, a signalé la chondrine dans les disques intervertébraux, sans se prononcer sur la question de savoir s'ils ne contiennent pas aussi de la gélatine (Holland, , Beitr., p. 26/i). D'après Virchow, le noyau central de ces disques consiste , chez les nouveau-nés, en une substance qui offre une grande analogie avec la matière colloïde (Würzb. Verhandle II, p. 283). — Les ligaments se comportent chimiquement comme les tendons.
§ 102. Vaisseaux des os et de leurs organes accessoires. — A. [aisseaux sanguins. — Le périoste, indépendamment des vaisseaux destinés aux os, et qui ne font que le traverser, contient, principalement dans sa couche extérieure de tissu conjonctif, un réseau de capillaires assez fins (()""", 011 de diamètre). Les os sont très riches en vaisseaux, ainsi qu'on peut s'en convaincre sur des pièces injectées, ou plus facilement encore sur des os frais injectés de sang. Dans les os longs, la moelle et les extrémités spongieuses de l'os reçoivent leurs vaisseaux d'une autre source que la partie moyenne de l'os. Parmi ces vaisseaux, les uns dits vaisseaux nourriciers, s'engagent dans des canaux particuliers d'un certain diamètre , au nombre de un ou deux dans les diaphyses , en nombre plus considérable dans les épiphyses. Ces vaisseaux abandonnent quelques rares rameaux dans la partie profonde des canalicules de Hävers de la substance compacte, et se ramifient en conservant leurs diverses tuniques, même la musculaire , dans la moelle, où ils forment un réseau capillaire dont les rameaux les plus fins ont de 0r,"",009 à 0mn\011 de diamètre. Les vaisseaux de la substance compacte proviennent , en majeure partie, de ceux du périoste; ils perdent promptement leur tunique musculaire et forment dans les canaux de Hävers, qu'ils remplissent complètement ou en partie (une petite quantité de moelle vient alors compléter le remplissage), ils forment, dis-je, un réseau de vaisseaux que leur volume et leur structure ne permettent pas, en général, de considérer comme des capillaires, car le plus grand nombre possèdent une couche de tissu conjonctif et un épithélium. Il n'y a guère que dans les canaux de Hävers d'un grand volume qu'on trouve, à côté des vaisseaux dont nous parlons, de véri-
VAISSEAUX DES OS- ET DE LEURS ORGANES ACCESSOIRES. Ly59
tables capillaires de petit volume. Le sang veineux revient des os longs par trois voies : 1° par une grande veine qui accompagne l'artère nourricière et qui offre la même distribution; 2° par un grand nombre de veines grosses et petites qui sortent par les extrémités de l'os; 3° enfin, par un grand nombre de petites veines qui sortent séparément de la sub* stance compacte de la diaphyse, et qui offrent à leurs origines (ainsi que Todd et Bowman l'ont bien indiqué) des espaces élargis ou de petites excavations en forme de sinus , excavations qu'on aperçoit très distinctement sur des tranches osseuses.
Tous les vaisseaux des os, ceux de la moelle, des épiphyses et de la diaphyse, et ceux de la substance compacte, communiquent entre eux de diverses manières , de telle sorte que le système vasculaire forme dans l'os un tout continu, et que le sang peut se diriger vers toutes les parties de l'os suivant des directions variées. C'est ainsi que Bichat (Anat. gén., t. III, p. 37) trouva que sur un sujet dont les artères nourricières du tibia étaient oblitérées, la matière de l'injection avait néanmoins pénétré dans les vaisseaux de la moelle.
Dans les os courts, les vaisseaux sanguins se comportent à peu près de même que dans les épiphyses des os longs. Les rameaux artériels et veineux des os courts, sont généralement d'un petit volume. D'autres fois ils sont volumineux : tels sont les vaisseaux de la partie postérieure du corps des vertèbres, ou les veines basi-vertébrales de Breschet. Les vaisseaux des os courts forment aussi dans la moelle un réseau capillaire , et remplissent les canalicules de Hävers , moins nombreux dans ces os.
Les os piafs, tels que le scapulum et l'os innommé, ont des trous nourriciers dans lesquels s'engagent de grosses artères et d'où sortent de grosses veines, et ils reçoivent dans leur substance compacte des vaisseaux déliés provenant du périoste. Les parties spongieuses de ces os, dans le voisinage des cavités articulaires, possèdent aussi de nombreux et volumineux vaisseaux. Dans les os plats du crâne, les artères pénètrent par les deux faces de l'os sous forme de rameaux généralement assez fins , traversent la couche corticale, entrent dans la substance spongieuse, et s'y comportent de la manière accoutumée. On rencontre dans ces os les veines dites du diploé. Ces veines prennent leur origine dans la moelle, comme les veines des autres os ; leurs minuscules donnent naissance à des rameaux et à des branches qui , dans leur cours ultérieur , conservent une certaine indépendance et forment dans l'épaisseur de l'os des canaux ramifiés arborescents, de grand volume (canaux de Breschet), qui se terminent à la surface de l'os dans des points déterminés et par de grandes ouvertures (émissaires de Santorini) dans les sinus de la dure-mère, dont la description appartient à l'anatomie descriptive. Le nombre et le volume des veines dans les os plats du crâne est d'ailleurs très variable. Elles s'oblitèrent souvent par les progrès de l'âge , et comme en même temps le diploé est lui-même fréquemment résorbé, il en résulte que les canaux
veineux, ainsi que leurs ouvertures émissaires, se présentent dans des conditions très variables.
Les cartilages articulaires, les autres cartilages annexés au système osseux, et même les fibro- cartilages, ne contiennent chez l'adulte , dans I etat normal, absolument aucuns vaisseaux. Il faut en excepter toutefois le périchondre, qui, sous ce rapport, se rapproche d'ailleurs du périoste. Dans quelques cartilages, dans les cartilages costaux par exemple , vers J'àge moyen de la vie, et surtout plus tard, on voit quelquefois apparaître des vaisseaux; mais en même temps on remarque souvent aussi dans ces cartilages des ossifications partielles, et le développement des vaisseaux peut être considéré comme le premier phénomène de l'ossification. Les ligaments fibreux, et particulièrement les ligaments élastiques, sont pauvres en vaisseaux et doivent être, sous ce rapport, placés sur la même ligne que les tendons. Les membranes synoviales se distinguent, au contraire, par le nombre de leurs vaisseaux sanguins, et les franges synoviales dont nous avons parlé plus haut, sont particulièrement remarquables par leur richesse vasculaire. Dans les membranés synoviales, le réseau vasculaire, à mailles médiocrement étroites, est appliqué immédiatement au-dessous de l'épithélium, et les vaisseaux qui le composent ont de 0mn',U09 à 0n"",022 de diamètre.
B. Vaisseaux lymphatiques des os. — Ces vaisseaux ont été mentionnés par quelques auteurs anciens et modernes (voy. Mikrosk. Anat. de KöHiker, lï, 1, 536); cependant ils sont encore douteux, et c'est en vain que je me suis efforcé jusqu'à ce jour de les découvrir. En ce qui concerne les parties accessoires du système osseux, on peut se demander aussi si le périoste et les capsules synoviales renferment des vaisseaux lymphatiques. De semblables vaisseaux n'ont point été observés encore dans le périoste ; quant aux capsules synoviales, leur présence y est admise par quelques auteurs : tel est, par exemple, Cruveilhier. Cependant les origines précises de ces vaisseaux n'ont jamais été aperçues en ces points, et quant à moi , il me paraît très douteux que les membranes synoviales proprement dites en soient pourvues. Ce qui est certain, c'est que dans le tissu conjonctif lâche qui entoure les capsules synoviales, et qui se trouve aussi entre ces capsules et le périoste des extrémités épiphysaires des os (particulièrement au genou), on aperçoit parfois des lymphatiques.
§ 103. :*erfs du système osseux. — Le périoste est riche en nerfs ; mais la plus grande partie des nerfs qu'il renferme ne lui appartient pas, ils sont destinés aux os (voy. plus bas). Si l'on envisage seulement les nerfs propres au périoste , on peut se convaincre que leur nombre est assez restreint ; en quelques points même, ils paraissent manquer complètement, comme par exemple au col du fémur et sous certains muscles (sous le petit fessier et sous les péroniers, par exemple). Il n'y a pas d'os cependant sur le périoste desquels on ne puisse rencontrer des nerfs en certains points de leur étendue. Ces nerfs sont situés dans la même couche que les vaisseaux ;
NEUFS Di; SYSTÈME OSSEUX. 261
tantôt ils accompagnent les grandes divisions vasculaires, tantôt ils cheminent isolément. Ils proviennent, en grande partie, des branches nerveuses destinées aux os, et ils forment, par leurs ramifications et leurs anastomoses, d'ailleurs assez rares, des réseaux allongés. Les fibres primitives de ces nerfs ont en moyenne de 0""",00/i à 0""",009 de diamètre. Cependant, par suite de divisions successives ou par une diminution progressive, les fibres primitives se montrent en certains points avec un diamètre de ün"n,0026 à ()n1,n,0035, et se terminent, au moins quelques-unes et peutêtre toutes, par des extrémités libres. C'est ce que j'ai vu de la manière la plus claire dans le périoste de la fosse sous-épineuse et de la fosse iliaque de l'homme, et ce que J.-N, Czermak a observé sur le frontal du chien. Sur les extrémités articulaires de quelques os, comme au coude, au genou et sur les os courts, les nerfs m'ont paru plus abondants qu'ailleurs. Ces nerfs se divisent et s'anastomosent dans la couche de tissu conjonctif riche en vaisseaux qui recouvre le périoste proprement dit, et accompagnent généralement les vaisseaux dans leur distribution. 11 ne m'a pas été permis en ces points de constater la division des fibres primitives, ni leur mode de terminaison.
Les nerfs des os existent vraisemblablement partout (excepté toutefois dans les osselets de l'ouïe et dans les os sésamoïdes), mais ils ne se comportent pas de la même manière dans tous les os. Dans les grands os longs, ils s'engagent avec les vaisseaux nourriciers de l'os dans le trou du même nom , sous forme d'un rameau (quand il y a deux trous nourriciers, il y a deux rameaux nerveux) d'environ 0mm,35 de diamètre, visible par conséquent à l'œil nu. Ces nerfs se rendent directement dans la cavité médullaire, où ils se divisent en suivant, la distribution des vaisseaux, sans être cependant toujours accolés aux vaisseaux ; ils gagnent ainsi les extrémités épiphysaires de l'os, se ramifient simplement, et ne forment, autant que j'ai pu le voir, que de rares anastomoses. Tous les os longs possèdent en outre, a leurs extrémités, beaucoup de nerfs très tins qui s'introduisent directement dans la substance spongieuse avec les vaisseaux nombreux de cette région, et se ramifient dans la moelle. En troisième lieu, enfin, dos filets nerveux très fins pénètrent jusque dans la substance compacte des diaphyses, accompagnant les fines artères qui la parcourent, et s'y distribuent indubitablement, quoiqu'il ne me soit cependant jamais arrivé de les trouver dans la partie centrale de cette substance. Dans les petits os longs de la main et du pied, les nerfs se comportent de même. Toutefois, la cavité médullaire n'étant pas ici aussi développée , les nerfs ne sont pas aussi distinctement divisés en nerfs diaphysaires et épiphysaires.
Parmi les os courts , les vertèbres, et particulièrement leur corps , sont remarquablement riches en nerfs. Ces nerfs pénètrent dans le corps de la vertèbre, non-seulement en arrière en compagnie des artères et des veines de cette région (veines basi- vertébrales), mais aussi en avant et sur les côtés avec les vaisseaux, et se divisent dans la moelle de la substance spongieuse. J'ai constaté la présence des nerfs dans l'astragale, le calcanéum, le sca-
phoïde, le cuboïde, le premier cunéiforme. Dans les plus grands de ces os, les nerfs sont multiples ; dans les plus petits, il y a toujours au moins un rameau nerveux.
L'omoplate et Vos de la hanche possèdent des nerfs nombreux. Ceux-ci s'engagent avec les gros vaisseaux dans les orifices signalés précédemment , c'est-à-dire en partie par la surface de l'os , et en partie dans le voisinage des cavités articulaires. 11 n'est pas difficile non plus de démontrer la présence des nerfs dans le sternum et dans les os plats du crâne. Chez le nouveau-né, j'ai vu les nerfs s'engager dans l'os occipital et dans l'os pariétal par les trous émissaires, qui, à cette époque, donnent aussi passage à des filets artériels. Chez l'adulte, on trouve aussi des nerfs dans le frontal, dans les pariétaux, dans l'occipital. Il est vrai qu'ils sont peu nombreux : cependant çà et là on aperçoit, le long des petites artères, des filets nerveux microscopiques qui s'engagent dans la substance compacte et qui pénètrent sans doute jusqu'au diploé.
De ces observations, conformes à celles de Kobelt, Beck, Engel, Luschka, etc., il résulte clairement et positivement que le système osseux contient une notable proportion de nerfs. En ce qui concerne leurs origines, on les a poursuivies depuis longtemps jusque dans les nerfs cérébro-rachidiens. C'est ainsi que les nerfs de la diaphyse du fémur, du tibia, de l'humérus, ont pu être rapportés aux nerfs cruraux , tibiaux , ischiatique et perforant de Casserius ; le filet qui s'engage dans le frontal, au nerf susorbitaire. J'ai confirmé ces données en ce qui concerne les nerfs du tibia, et Luschka a trouvé aussi que les nerfs des divers os du crâne et des vertèbres procèdent de la même source, c'est-à-dire des nerfs cérébro-rachidiens. Le nerf grand sympathique n'est pas étranger cependant à cette distribution ; Luschka l'a dernièrement montré pour les vertèbres , et Kobelt l'avait déjà annoncé précédemment. L'inspection microscopique est en harmonie avec ce qui précède : les nerfs des os présentent, en effet, dans leurs divisions et dans leurs ramifications, la même apparence que les filets sensitifs des nerfs rachidiens. Les troncs nerveux contiennent un tiers de fibres de 0mm,0tl à 0""*',013 de diamètre, et deux tiers de fibres de 0mm,00ft à ()""", 009 de diamètre ; les branches renferment des fibres de 0mm,004 à 0mm,007, et quelques-unes atteignent jusqu'à 0""",013 ; enfin, clans les rameaux les plus fins, on trouve seulement des fibres de 0"'m,0025 à 0""",00;)5. Les nerfs du périoste, souvent accolés aux nerfs des os, peuvent être suivis aussi jusqu'à leur origine, et procèdent également des nerfs rachidiens ; cependant il n'est pas démontré que le nerf grand sympathique ne fournisse pas au périoste quelques filets. Je n'ai jamais pu saisir le mode de terminaison des nerfs dans les os. Ce que je puis dire seulement, c'est que les plus fins rameaux des nerfs de la moelle sont composés d'une ou deux fibres nerveuses très fines, et d'une gaîne très mince ou névrilème homogène. Il m'a été impossible de voir ce que deviennent ces fibres. Je dois encore mentionner ici que dans deux endroits, j'ai trouvé des corpuscules de Pacini sur les nerfs des os avant l'entrée du nerf dans le corps de l'os. C'est ainsi que,
environ à U millimètres avant son entrée dans le trou nourricier, le nerf de la dîaphyse du tibia m'a présenté un corpuscule, et que le nerf relativement volumineux du premier métatarsien m'a offert deux corpuscules dans le voisinage de son entrée.
Je n'ai nulle part trouvé de nerfs dans les ligaments de l'homme (le ligament cervical du bœuf renferme quelques filets très fins qui accompagnent les petites artères et renferment des fibres nerveuses deOmm,025 à 0m,\0033 de diamètre); cependant je ne doute pas que les ligaments, recevant des vaisseaux comme les tendons, ne contiennent aussi comme eux quelques filets nerveux. La membrane interosseuse des os de la jambe possède au contraire de petits minuscules qui procèdent du nerf interosseux. Ces minuscules très distincts sont formés d une à trois libres de Ü""n,007 à 0mm,009 de diamètre, et les fibres primitives offrent des terminaisons libres. Je dois mentionner ici encore un nerf de 0"m,,07 de diamètre que j'ai vu s'engager avec une artère dans la partie fibreuse extérieure de la symphyse pubienne.
Quant aux cartilages, je n'ai jusqu'à présent rencontré de nerfs que dans la portion cartilagineuse de la cloison nasale du veau, le long des vaisseaux artériels, dans les sillons qui contiennent les vaisseaux. Ces nerfs étaient constitués par des minuscules très déliés de 0m,",013 à 0n"",02 de diamètre, dont les fibres élémentaires étaient de 0""",00'26 à 0""",003f) de diamètre.
On trouve beaucoup de nerfs dans les capsules articulaires, mais ils appartiennent à la capsule fibreuse et au tissu conjonctif lâche qui double la membrane synoviale. Dans l'articulation du genou , j'ai cependant aperçu des nerfs dans la membrane synoviale proprement dite : ces nerfs, très rares, sont surtout distincts le long des divisions vasculairès les plus volumineuses; ils ont de ()""", 015 à 0""",017 de diamètre, et les libres qui les composent ont de 0""",0017 à 0""",00i de diamètre. Dans la synoviale qui recouvre les limites du condyle du fémur, j'ai aperçu aussi quelques filaments nerveux.
g 10A. Développement des o*. — Eu égard à leur développement, les es peuvent être divisés en deux groupes : 1° ceux qui procèdent des cartilages pré formés (os primitifs); 2° ceux qui apparaissent d'abord sous forme d'un blastème mou et se transforment en os après un court espace de temps (os secondaires). Les premiers, sous leur forme cartilagineuse, sont déjà pourvus de toutes leurs parties essentielles (diaphyses, épiphyses, corps, courbures, protubérances, etc.) ; ils prennent naissance dans le lieu qu'ils occupent comme les autres cartilages, et s'accroissent comme ceux-ci , tantôt plus, tantôt moins. Ensuite ils s'ossifient tous du dedans au dehors (chez l'homme tous s'ossifient ainsi). Une partie du cartilage se transforme complètement en os, de manière que le périchondre de cette partie devient périoste; à partir de ce moment jusqu'à son complet achèvement, l'os s'accroît en partie par suite de l'ossification de la portion du cartilage restant, en partie aux dépens d'un blastème mou qui se dépose couche par couche à la surface
20/l HISTOLOGIE SPÉCIALE.
interne du périoste et qui s'ossifie. Le second groupe d'os se forme et s'accroît aux dépens d'un dépôt limité de blastème mou non cartilagineux. Ce dépôt se renouvelle à mesure que l'ossification s'en empare, d'abord aux extrémités de l'os , et bientôt aussi sur toutes les surfaces. Lorsque ces os ont atteint une certaine dimension, le blastème aux dépens duquel ils se sont jusqu'alors accrus , peut se cartilaginifier en partie, et ce cartilage peut se comporter comme dans les autres os ; mais toujours la plus grande partie de la masse formatrice reste molle, et la majeure partie de l'os procède de cette masse sans avoir passé par l'état cartilagineux.
Quoique le développement du tissu osseux ait donné lieu à un grand nombre de travaux, cependant le mode suivant lequel les os se forment dans la totalité des éléments qui les constituent, a été jusqu'ici peu étudié. Dans les années 1846-47, Tomes, Sharpey, Bowman et moi (Ziirch. Milth., I, p. 168), avons jeté les principales bases de cette étude. H. Meyer (Müllers Arch., 1 8 49) et moi (Zootomisch. Jiericht, Leipzig, 1 849, et Mikroskop. Anat., II, 1 ) avons poursuivi ensuite le développement des os dans tous ses détails. Dans ces derniers temps, Bruch, Virchow, Brandt, Robin, Tomes et de Morgan, ont complété cette étude par des travaux très estimables.
$ 105. Sfiuciettc cartilagineux primitif. — Le squelette cartilagineux primitif du corps Immain est moins complet que le squelette osseux qui existera plus tard, mais il n'en a pas moins une suffisante étendue. Nous trouvons comme parties constituantes de ce squelette : 1° une colonne vertébrale complète, avec autant de vertèbres cartilagineuses qu'il y aura plus tard de vertèbres osseuses: ces vertèbres sont pourvues d apophyses cartilagineuses et de leurs ligaments intervertébraux ; 2° des côtes cartilagineuses et un sternum cartilagineux formant une seule pièce ; o° des extrémités thoraeiques et pelviennes cartilagineuses, composées de pièces égales en nombre et en forme avec celles du squelette osseux, à l'exception toutefois du cartilage du bassin, qui forme une seule masse ; lv" enfin un crâne cartilagineux incomplet. Le crâne primordial , ainsi qu'on l'a désigné [Anu.t. microscopique de A. Kölliker, tab. III, fig. 1-3), offre dans le principe une masse cartilagineuse cohérente, qui correspond principalement à l'occipital (à l'exception de la moitié supérieure de la portion écailleuse), au sphénoïde (à l'exception de l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde), à la portion mastoïdienne et à la portion pierreuse du temporal , à l'ethmoïde, au limaçon, aux osselets de l'ouïe et à l'os hyoïde. Le crâne primordial correspond encore à quelques autres parties cartilagineuses qui ne s'ossifient point et qui persistent toute la vie durant à l'état cartilagineux, ou bien qui disparaissent. Tels sont, parmi les premières, la plupart des cartilages du nez et les apophyses cartilagineuses de l'os hyoïde; tels sont, parmi les secondes, l'apophyse de Meckel, deux lamelles cartilagineuses sous les os du nez, un prolongement cartilagineux qui réunit l'apophyse styloïde à l'os hyoïde, et deux autres prolongements , dont l'un va de la partie extérieure de la petite aile du sphénoïde à la lame criblée de l'ethmoïde, et dont l'autre est situé à la rencontre des portions mastoïdienne et pierreuse du