PHÉNOMÈNES ÉLÉMENTAIRES DES SÉCRÉTIONS DU PÉRIOSTE
dans les portions qui correspondent aux premières ébauches osseuses que dans celles qui proviennent de l'ossification des cartilages, des restes de substance osseuse plus ou moins abondants. Ici encore la résorption ne porte pas seulement sur les parties de l'os formées aux dépens du cartilage préformé, mais aussi sur les parties développées aux dépens des dépôts du périoste; ce sont, d'ailleurs, ces derniers dépôts qui persistent à l'état osseux comme substance compacte de ces os.
Les canaux de Hävers, ainsi que cela ressort suffisamment de tout ce qui précède, ne se forment pas, comme les espaces médullaires, par liquéfaction et résorption de la substance osseuse primitive issue du cartilage, mais ils sont simplement dus à la persistance des cavités qui apparaissent originairement dans les dépôts du périoste. Ces cavités (voy. aussi Valentin, Entw.. page 262) ont, dans le principe, une grandeur médiocre. Dans un humérus de cinq mois, elles ont de 0mm,035 à 0",m,052 de diamètre; dans le fémur du nouveau-né (Harting, loc. cit., p. 78), elles ont de 0mn,,022 à 0mm,052; à des époques plus éloignées, elles ont les mêmes dimensions dans les portions les plus nouvelles des dépôts du périoste. Nous avons précédemment insisté sur le contenu de ces cavités. Le point le plus intéressant de l'histoire des canaux de Hävers nous reste à étudier, je veux parler du mode suivant lequel se développent les systèmes de lamelles qui les entourent. Ces lamelles apparaissent également sans l'aide du cartilage, et ne sont autre chose que des dépôts successifs du contenu de ces canaux. Les fibres et les cellules de ce contenu, nous l'avons vu, sont, en effet, les analogues des fibres et cellules delà portion sous-périostique du blastème en voie d'ossification, et ne sont, dans une certaine mesure, que les restes non ossifiés de ce blastème originaire. L'observation de ce mode de développement est facile sur les jeunes os. On voit, à cette époque, que les dépôts du périoste, avant qu'ils subissent une résorption par dissolution, deviennent de plus en plus compactes par formation de lamelles secondaires dans les cavités dont nous parlons. A des époques plus avancées, on peut souvent aussi saisir sur les parois des canalicules de Hävers un blastème plus ou moins abondant en voie d'ossification (toujours sans concrétions calcaires). Par cette déposition successive de couches nouvelles à leur intérieur, les canalicules vasculaires se rétrécissent, et ces couches forment des lamelles comme les dépôts du périoste lui-même, soit parce que les dépôts du périoste se forment couche par couche, soit parce qu'il y a, à certains intervalles déterminés, des poses dans les dépôts osseux. Plus tard, les canalicules vasculaires, ou du moins quelques-uns d'entre eux, s'élargissent par résorption : tels sont, par exemple, les canaux nourriciers, les grandes ouvertures vasculaires des extrémités épiphysaires, etc. En beaucoup de points, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, la substance compacte est même résorbée en partie, et, en certains points, elle l'est complètement.
Le mode suivant lequel les os croissent en épaisseur, dans les points où les tendons et les ligaments s'insèrent directement sur les os, sans V intermédiaire du périoste, est encore indéterminé.
On sait que chez l'adulte on trouve en beaucoup de ces points, entre les fibres tendineuses, de véritables cellules de cartilage, dont la transformation en cellules osseuses est souvent très evidente ; peut-être doit-on en inférer que dans les premiers temps, il arrive aussi quelque chose de semblable. Dans le fait, j'ai vu pareillement, sur de jeunes sujets, et dans quelques tendons et ligaments (tendon d'Achille, ligament oalcanéo-cuboïdien, aponévrose plantaire, etc.), à leurs points d'attache aux os, des capsules de cartilage, ainsi que leurs métamorphoses en capsules osseuses. Très souvent les tendons et les ligaments prennent leurs insertions sur des parties qui restent longtemps à l'état de cartilage (épiphyses, tubérosité du calcanéum, etc.) ; il est évident qu'ici l'accroissement se fait d'après le mode connu de la transformation du cartilage en os. Dans le cément des dents (voyez plus bas), dont le mode de formation doit être placé à côté de l'ossification des dépôts du périoste, on trouve de grandes cellules analogues aux capsules de cartilage, et qui se transforment comme elles en capsules osseuses ; de telle sorte que, dans quelques productions osseuses qui ne procèdent point de cartilages préformés, on voit se développer des cavités osseuses de la même manière que dans les os primitifs.
La formation de l'os à la face profonde du périoste est une chose connue depuis longtemps ; mais c'était jusqu'ici une opinion généralement admise, qu'en ce point aussi l'os provenait de couches minces de substance cartilagineuse. Sharpey et moi avons prouvé le contraire. Quant à la nature du blastème d'ossification, et quant au mode suivant lequel il prend naissance et se métamorphose, les opinions sont encore partagées. La question de savoir si ce blastème est de nature cartilagineuse ou s'il n'est autre que du tissu conjonctif, a beaucoup perdu de son intérêt, ainsi que le font remarquer Reichert et VirchoAY, depuis que Virchow a prouvé l'analogie des cellules de cartilage et des cellules plasmatiques, et démontré ainsi la parenté du cartilage et du tissu conjonctif. Cependant, en ce qui me concerne, je suis loin de considérer cette question comme oiseuse, car la substance fondamentale de ces deux tissus diffère beaucoup dans leur genèse, ainsi quejo l'ai démontré plus haut (voy. § Il n'y a aucun doute que les dépôts sous-périostiques destinés à l'ossification ne sont point des cartilages hyalins, Virchow lui-même le reconnaît (/oc. cit., p. 442); cependant il pourrait se faire, alors même qu'il n'y a pas une identité parfaite ni entre les cellules ni entre la substance fondamentale, il pourrait se faire : 1° que la substance fondamentale du dépôt périostique ne procédât point des cellules de la même manière que celle du tissu conjonctif, et 2° que les dépôts périostiques s'accrussent, comme le cartilage, par formation endogène de cellules, et du dedans au dehors. C'est ce que Virchow admet, croyant avoir ainsi démontré l'identité intime de l'accroissement de l'os, soit du cartilage, soit des couches périostiques. Quelque vraisemblable que soit cette manière d'envisager les choses, il ne m'est pas permis pourtant de m'y rattacher. Je crois avoir constaté clairement que la substance fondamentale fibreuse des couches périostiques destinées à l'ossification, se développe, comme la substance fondamentale du tissu conjonctif, par la fusion de cellules fusiformes, et je ne puis, par conséquent, considérer les couches périostiques que comme un véritable tissu conjonctif, quoique incomplètement développé. Il suit, de là, que la substance fondamentale des couches périostiques destinées à l'ossification ne peut croître du dedans au dehors , comme cela a lieu pour le cartilage , mais bien par apposition extérieure et successive découches nouvelles procédant, par conséquent, de la surface profonde du périoste. Il suit encore, et cela est vraisemblable au plus haut degré, que les* cellules