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PHÉNOMÈNES ÉLÉMENTAIRES DES SÉCRÉTIONS DU PÉRIOSTE

plasmatiques prennent naissance en ce point, non par formation endogène successive, mais par formation nouvelle. Il ne m'a pas été possible, jusqu'à présent, de voir nulle part, dans le blastème périostique, une formation endogène de cellules analogue à celle qui survient dans les cellules de cartilage dans lés points voisins de l'ossifica-' tion ; je suis, dès lors, nécessairement porté à établir une distinction essentielle entre les modes suivant lesquels se métamorphosent les cartilages d'ossification, et les couches périostiques destinées à l'ossification. Dans le dernier cas, l'accroisse-ment se fait par apposition de couches sans cesse nouvelles, qui se forment successivement les unes après les autres sous la face profonde du périoste. liest possible, toutefois, qu'il y ait à la face profonde du périoste, comme cela a lieu pour les productions cornées, une couche de cellules, qui, par multiplication successive, fournisse le* matériaux des couches d'ossification, de telle sorte que l'opinion de Virchow serait jusqu'à un certain point fondée, en ce sens que les couches d'ossification ne seraient point des formations tout à fait nouvelles, et qu'elles ne seraient point, dans le principe, des exsudations amorphes. En ce qui concerne le développement des cellules, osseuses dans les couches périostiques en voie d'ossification, Bruch (loc. cit.) a émis des opinions particulières auxquelles il m'est impossible de me rattacher.

Relativement au mode suivant lequel les os s'accroissent en épaisseur, on sait, depuis la découverte de Duhamel [Mém. de VAcad. des se. de Paris, 1742, p. 384, et 1743, p. 138), que les os des animaux alimentés avec la garance [Iîubia tinctorum) se colorent en rouge. M. Flourens a fait aussi un grand nombre d'expériences à l'aide de la même matière colorante, particulièrement sur des animaux en voie d'accroissement, et l'on a cru d'abord que la garance ne colorait que les parties de l'os qui s'étaient formées après l'administration de cette substance. Mais cette méthode d'expérience a beaucoup perdu de sa valeur depuis que Rutherfordt (dans Hildebrandt- Weber, I, p. 339), Gibson [Meck. Arch., IV, p. 482), Bibra (loc. cit.), Brullé et Hugueny [loc. cit.), ont montré que l'alimentation par la garance avait pour effet de colorer, non-seulement toute l'épaisseur de l'os de l'animal qui croît, mais aussi les os de l'animal adulte, et cela sur tous les points. Ces expériences ont montré, en outre, que cette coloration était liée à la distribution des vaisseaux sanguins ; que la moelle se colorait (Bibra), ainsi que les couches profondes des canalicules de Hävers^ ainsi que les surfaces osseuses sous-périostiques, et que la coloration était plus intense dans la substance osseuse nouvellement formée parce qu'elle était plus vasculaire. Quelque imparfaite que soit la méthode expérimentale dont nous parlons, elle n'est, cependant pas tout à fait sans valeur, et, sur quelques points, elle a fourni quelques renseignements. C'est ainsi que Brullé et Hugueny, pensant que la décoloration des os colorés qui croissent s'opère par résorption des parties colorées, ont soutenu que les os longs augmentent par apposition intérieure de substance osseuse, particulièrement au niveau des épiphyses, tandis qu'il y a souvent une résorption à la surface extérieure. Je ne veux pas prononcer sur cette doctrine un jugement définitif ; mais je puis dire que je regarde en effet comme une chose certaine, qu'en beaucoup de points il s opère une résorption à la surface extérieure des os dans une étendue plus ou moins considérable. C'est par une résorption de ce genre qu'on peut se rendre compte de l'agrandissement du foramen magnum, après,, que les pièces qui le bordent se sont fusionnées, ce qui a lieu vers la sixième année ; il arrive quelque chose d'analogue aux trous des vertèbres qui correspondent à la moelle épinière, et à beaucoup d'ouvertures osseuses par lesquelles passent dés vaisseaux et des nerfs (trou ovale et trou rond du sphénoïde, trous intertransversaires des vertèbres cervicales, canal carotidien, etc.). De même, la loi établie par Serres [Meck. Arch., 1822, p. 455), que les ouvertures des os ne s'agrandissent, qu'aussi longtemps que les pièces qui les bordent ne sont pas souciées, est tout àfait inexacte pour les divers trous ou canaux placés dans l'épaisseur des os, ainsi que E. H. Weber et Henle l'avaient déjà fait remarquer; cette loi ne s'appliquo; qu'aux autres trous, et encore seulement dans les premiers temps.

La substance osseuse provenant des dépôts du périoste présente un certain cou-

traste avec la substance osseuse qui se développe des cartilages. La première forme surtout 1 ecorce compacte des os à cartilages préformés, et se distingue par la présence des canalicules de Hävers et de leurs systèmes de lamelles, tandis que la dernière donne naissance à la substance spongieuse, et ne porte point de canaux vasculaires. Il ne faut pas oublier, toutefois, que les formations osseuses des dépôts du périoste sont, dans le principe et à un certain degré, spongieuses, et que, dans tous les os à cartilages préformés, elles contribuent sans exception (souvent d'une manière essentielle) à la formation de la substance spongieuse. Il ne faut pas oublier, non plus, que, dans la substance spongieuse qui procède du cartilage (dans les épiphyses, par exemple), il paraît aussi se rencontrer des dépôts secondaires analogues à ceux des canaux de Hävers, et à ceux qu'on trouve dans la substance spongieuse issue des dépôts périostiques ; seulement, ces dépôts secondaires sont ici rudimentaires. On ne sait pas encore complètement comment la substance fondamentale des deux tissus osseux dont nous parlons se comporte sous le rapport chimique et morphologique. Quant aux cavités osseuses qu'on rencontre dans l'un comme dans l'autre, elles ne présentent pas la moindre différence.

§ 110. Des os qui ne dérivent pas de cartilages. — Il y a peu de temps

encore, on ne rangeait parmi ces os que certaines parties du crâne; mais, d'après les recherches de Bruch, il faut y joindre aussi la clavicule (Zeitschr. für wissenschàf. Zoolog., t. IV, p. 371). Les os crâniens, dont il est ici question, se développent en dehors du crâne primordial ', entre lui et le système musculaire, par conséquent en dehors des productions qui for ment le système des vertèbres. Lorsque le crâne primordial apparaît, les os dont nous parlons n'existent encore ni à l'état membraneux ni à l'état cartilagineux ; ils apparaissent seulement après le crâne primordial, et dans un blastème secondah^c. On peut les désigner sous le nom d'os secondaires, pour les distinguer des os primitifs, dont les matériaux de formation existent avant les leurs ; comme, d'autre part, ces os sont, dans la plupart des points, en contact avec des portions du crâne primordial, on peut leur donner aussi le nom d'os recouvrants. A ces os appartiennent la moitié supérieure de la partie écailleuse de l'occipital, les pariétaux, le frontal, la portion écailleuse des temporaux, le cadre du tympan, les os du nez, les os unguis, les os jugaux, les os palatins, le maxillaire supérieur, le maxillaire inférieur, le vomer, et, à ce qu'il paraît, l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde et les cornets sphénoïdaux. Le blastème de ces os, distinct de celui des os primitifs, apparaît successivement et sous forme d'une couche fondamentale membraneuse, à l'époque seulement où il doit être envahi par l'ossification. Ce blastème n'existe, par conséquent jamais en grandes masses; du reste, il se comporte essentiellement comme les dépôts du périoste et s'ossifie absolument comme eux.

L'opinion que certains os du crâne de l'homme et des animaux ne se développent point par l'intermédiaire du cartilage, cette opinion n'est pas nouvelle; mais Rathke, Reichert, Jacobson et moi, avons, les premiers, solidement établi le fait sous le rapport morphologique. Sharpey et moi l'avons aussi nettement fixé sous le rapport histologique. Il est loin, toutefois, de régner ici une parfaite identité de vues entre les auteurs. En ce qui regarde le point de vue histologique, je renvoie à cet égard aux observations déjà présentées dans le paragraphe précédent. Pour ce qui concerne îe

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