SYSTÈME NERVEUX EN GÉNÉRAL
§ 1.1.3. Délimitation, division. — Au pointde vue de l'ana.tomie descriptive, le système nerveux forme un ensemble continu, composé de deux masses principales, la moelle épimère et Y encéphale, et d'une foule de cordons, Tes nerfs, qui de ces masses s'étendent à presque toutes les parties de l'organisme. La moelle épinièrè et l'encéphale constituent le système nerveux central on let organes centraux. Ils sont, pour l'anatomiste, la source d'où naissent tous les nerfs ; pour le physiologiste, des organes d'un ordre supérieur qui excitent les mouvements et qui sont le siège des sensations et des facultés de l'âme. Les nerfs, au contraire, dont la réunion forme le système nerveux périphérique, jouent simplement le rôle de conducteurs, chargés de transmettre aux centres nerveux les impressions venues du dehors et de porter aux muscles l'excitation produite dans les organes centraux. Cette manière de voir, cependant, n'est pas complètement exacte, attendu que : 1° il existe dans les organes centraux beaucoup d'éléments subordonnés semblables à ceux qui forment les nerfs ; 2" les ganglions ou renflements nerveux d u système nerveux périphérique renferment des éléments analogues, sous le rapport de la forme et des fonctions, à ceux des organes centraux. Quant àl'ancienne division du système nerveux en système de la vie animale ei système de la vie végétative, elle tombe devant les faits observés dans ces derniers temps, et le grand sympathique, ou système nerveux ganglionnaire, ne devra être considéré désormais que comme une portion du système nerveux périphérique, portion constituée, il est vrai, d'une manière toute spéciale.
§ \ Éléments du système nerveux. — Les tubes nerveux ou fibres nerveuses, appelés aussi tubes primitifs, fibres primitives des nerfs {fila nervea, s tubuli nervei, s. fibrœ nerveœ) (fig. 139-1M), sont des cordons mous, fins, cylindriques, de 0mn,,0011 à 0"im,02 de diamètre, qui constituent l'élément principal des nerfs et de la substance blanche des organes centraux, mais
qui se rencontrent également dans presque toutes les parties formées de substance grise et dans les ganglions. Quand on les examine à l'état frais, la lumière transmise nous les montre hyalins, diaphanes, à simple contour; la lumière réfléchie les fait paraître brillants et opalins comme de la graisse, blancs, quand ils sont réunis en grand nombre. Dans cet état, il est impossible de distinguer les différentes parties qui entrent dans leur composition. Mais des moyens très simples permettent de reconnaître qu'ils sont formés de trois éléments bien distincts, d'une enveloppe délicate, d'un liquide visqueux et d'une fibre molle, mais élastique, placée au centre de ce dernier.
L'enveloppe ou la gaine des tubes nerveux (membrane limitante de Valentin) (fig. 141, '1; 2, 3, 4, a) est une membrane extrêmement mince, souple, élastique, complètement amorphe et hyaline, et que, pour ce motif, on ne peut voir sur des fibres nerveuses exemptes de toute altération, si ce n'est dans quelques régions limitées. Mais , sous l'influence de certains réactifs, elle devient parfaitement évi- "] h dente , au moins dans les grosses fibres des cordons nerveux et des organes centraux. On peut alors reconnaître qu'elle a des propriétés chimiques exactement identiques avec celles du sarcolemme des fibres musculaires. Il n'a pas été possible jusqu'ici de démontrer cette gaîne dans les fibres les plus fines du système nerveux périphérique et central ; la question de savoir si elle existe ou non dans ces fibres ne saurait donc être décidée pour le moment.
En dedans de la gaîne amorphe, on trouve la moelle nerveuse (gaîne mé-