BULBE RACHID1EN ET PROTUBÉRANCE ANNULAIRE
Wagner est porté à croire que toutes les cellules nerveuses sont unies entre elles, et que la majeure partie des fibres proviennent de cellules ; mais les détails qu'il a donnés sur ces connexions clans ses derniers travaux diffèrent notablement les uns des autres. Quant à moi, je pense qu'il est impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, de décrire exactement le trajet des fibres de la moelle. Aussi ne devra-t-on considérer les données suivantes que comme des points de repère pour des recherches ultérieures. D'abord, il me paraît indubitable qu'une partie des nerfs spinaux ne naissent point de la moelle, mais bien de l'encéphale, et je ne serais pas éloigné d'admettre qu'il faut ranger dans cette catégorie tontes les fibres sensitives de la peau et des parties les plus externes des muqueuses, ainsi que celles de tous les muscles soumis à l'empire de la volonté. En second lieu, il me paraît probable que les fibres des nerfs spinaux qui vont dans le grand sympathique ou ailleurs (dans les vaisseaux, les muscles, les os, etc.), et qui président moins directement à des sensations perçues ou servent aux mouvements involontaires, proviennent des cellules nerveuses de la moelle épinière , à moins qu'elles n'aient leur source dans les ganglions spinaux. Enfin, je crois qu'on peut admettre des anastomoses entre les cellules nerveuses, sans prétendre pour cela que ces cellules n'aient pas aussi des prolongements terminés librement, et ne puissent pas agir sur les fibres nerveuses en l'absence de toute liaison directe avec elles. Comme il est certain que tous les éléments du système nerveux ne sont pas liés directement les uns aux autres, et l'existence des cellules unipolaires ne laisse aucun doute à cet égard, je ne vois pas la nécessité qui forcerait d'admettre cette continuité pour la moelle épinière, rendant ainsi à jamais insoluble le problème de la marche isolée du fluide nerveux dans cet organe.
§ 1 18. Bulbe rachidien et protuhéranee annulaire.- — La moelle allongée
et la protubérance annulaire, composées de substance blanche et de substance grise très diversement entremêlées, doivent être rangées parmi les parties les plus compliquées du système nerveux central.
La substance blanche du bulbe est un prolongement de celle de la moelle épinière, auquel viennent s'ajouter des éléments nouveaux. Elle est constituée de la manière suivante : Au niveau de l'extrémité inférieure du bulbe, les cordons antérieurs de la moelle se dévient latéralement pour laisser à découvert les faisceaux entrecroisés des pyramides. Plus loin, ils donnent un petit groupe de fibres à ces pyramides, dont ils forment ainsi la partie externe, tandis que leur masse principale, circonscrivant les olives en dedans et en dehors, d'où leur nom de cordons olivaircs, se porte sur le côté et se divise en deux faisceaux qui traversent la protubérance en passant au-dessus de la deuxième couche de fibres transversales. De ces deux faisceaux, l'un est le ruban de Beil (laqueus), qui, s'appliquant sur les processus cerebelli ad cerebruni, pénètre dans le tubercule quadrijumeau postérieur, où il rencontre celui du côté opposé ; l'autre faisceau occupe le côté externe et inférieur des pédoncules cérébelleux inférieurs, et concourt à former la partie superficiel le (/Évp/cn/ww) des pédoncules cérébraux. En outre, les cordons olivaires, c'est-à-dire les cordons antérieurs de la moelle, paraissent donner des fibres aux pédoncules cérébelleux.
Les cordons latéraux delà moelle, arrivés au bulbe rachidien, se divisent en trois faisceaux. L'un de ces faisceaux continue son trajet ascendant pour s'unir aux fibres latérales du corps resti forme, avec lequel il pénètre, en grande
partie, dans le pédoncule du cervelet; une portion de ce faisceau va dans le tegmentum. Un second faisceau des cordons latéraux s'insinue entre les cordons antérieurs, qui se sont écartés, apparaît à la face antérieure du bulbe, s'entrecroise avec deux ou trois faisceaux venus du côté opposé (decussatio pyramidum), et forme la masse principale des pyramides. Le troisième faisceau, enfin, se porte en arrière, entre les cordons postérieurs, et constitue les deux faisceaux qui sont situés sur les côtés delà ligne médiane, au plancher du quatrième ventricule. Ces derniers, accolés d'abord l'un à l'autre, peuvent être poursuivis dans le tegmentum des pédoncules cérébraux , tandis que les pyramides antérieures traversent la protubérance annulaire en passant entre la première et la seconde couche de fibres transversales, pour pénétrer dans la base des pédoncules cérébraux.
Les cordons postérieurs de la moelle forment principalement les faisceaux grêles et les faisceaux cunéiformes. De ces derniers, une bonne partie se rend dans les pédoncules cérébelleux, tandis que le reste, placé en dehors des cordons ronds, s'unit aux faisceaux grêles et se prolonge dans la partie superficielle des pédoncules cérébraux.
Tous ces faisceaux consistent, abstraction faite de la substance grise, en tubes nerveux parallèles, dont le diamètre est le même que celui des fibres de la moelle, c'est-à-dire de 0""",002 à 0mm,009, rarement davantage.
Outre les fibres dont nous venons cle parler, la protubérance et le bulbe présentent un système de fibres généralement horizontales. Ce sont : 1° les fibres arciformes qu'on voit à la surface des pyramides et des olives ; 2° des fibres rectilignes qui vont d'avant en arrière, dans le plan médian du bulbe, et concourent à former le raphé (Stilling); 3° enfin un nombre très considérable de fibres horizontales qui, de ce raphé, s'étendent dans les deux moitiés latérales de la moelle, en suivant un trajet plus ou moins curviligne. Ces dernières fibres, fibres transversales internes, commencent en arrière des pyramides et forment un faisceau volumineux dont la partie antérieure est traversée très régulièrement par de petits faisceaux plats, provenant des pyramides et des cordons olivaires. Elles cheminent de dedans en dehors et pénètrent dans le corps dentelé de l'olive, dont elles constituent le noyau blanc presque tout entier. Elles s'étalent ensuite en forme de pinceaux, traversent l'écorce grise du corps dentelé , et se recourbent enfin toutes en arrière vers les cordons restiformes et latéraux. Dans ce trajet, elles décrivent un arc de cercle plus ou moins considérable, arc très petit pour les fibres qui émergent de la partie postérieure du noyau olivaire et qui traversent le noyau accessoire de l'olive (Stilling) et la substance grise à grosses cellules placée en dehors de lui, pour se diriger, presque en ligne droite, en arrière et en dehors; arc plus grand, au contraire, pour les fibres qui cheminent d'abord d'arrière en avant , entre les pyramides et l'olive, contournent ensuite la surface de cette dernière en se recourbant fortement d'avant en arrière, et s'irradient enfin dans l'épaisseur des faisceaux latéraux. Une autre portion des fibres transversales internes naît du raphé, passe en arrière de l'olive sans contracter avec elle de rapports im-