BULBE RACHIDIEN ET PROTUBERANCE ANNULAIRE
médiats, traverse la partie postérieure des cordons olivaires et des cordons ronds, pour se terminer également dans les corps restiformes. — Toutes ces fibres ont évidemment une disposition commune, et me paraissent s'étendre des corps restiformes et des pédoncules cérébelleux aux parties antérieures du bulbe rachidien. Mais leurs connexions intimes sont encore peu connues. Voyez à ce sujet Stilling et mon Anat. microsc.
La substance grise de la moelle allongée est accumulée en quantité considérable sur trois points principaux , qui sont : les olives, les corps restiformes et le plancher du quatrième ventricule.
1° La substance grise des olives constitue, comme on sait , une lame plissée qui représente une espèce de bourse fermée de toutes parts , excepté à son côté interne. Cette bourse occupe la place des cornes antérieures de la moelle épinière, lesquelles arrivent tout près de son extrémité inférieure; mais elle n'est point unie d'une manière directe avec ces cornes. Elle semble même complètement isolée de toute espèce de substance grise. Outre les nombreuses fibres nerveuses transversales qui la traversent, en général, en droite ligne, elle renferme une multitude de petites cellules nerveuses très petites, de 0tnm,()18 à 0,mn,027 de diamètre, deforme arrondie, pourvues de trois à cinq prolongements ramifiés et d'un contenu granuleux, jaunâtre, auquel les olives doivent leur couleur. L'examen le plus attentif ne ma montré
Fig. 148. — Section transversale de la moelle allongée de l'homme, grossie#15 fois. P, pyramide; 0, olive; FI, cordon latéral; Fc, faisceau cunéiforme; Fg, cordon grêle (pyramide postérieure ) ; H, racines du nerf hypoglosse ; V, du nerf vague; Fa, scissure antérieure; Fp, scissure postérieure , sur le plancher du quatrième ventricule; R, raphé : a, fibres longitudinales du raphé; 6, couche grise médiane, parcourue par des fibres transversales; c, irradiation de ces fibres dans le cordon olivaire et dans Folive; d, noyau accessoire de Folive, e, noyau de l'hypoglosse; f, entrecroisement des nerfs hypoglosses ; g, noyau du nerf vague; hhh, grosses cellules nerveuses dans l'épaisseur du corps restifonne; i, masse médullaire de l'intérieur de l'olive, faisant partie des fibres transversales internes ; le, fibres arçiformes à la face externe de l'olive ; l, fibres transversales à la surface de la pyramide; m, n, o, noyaux gris dans la pyramide et dans le cordon olivaire.
Fig. 148.
aucun rapport de continuité entre les cellules et les fibres nerveuses qui les traversent. Au niveau des deux tiers supérieurs et en arrière de l'olive, se trouve le noyau appelé par Stilling noyau accessoire de V olive, lequel est complètement indépendant de l'olive elle-même. C'est un corps allongé, aplati, jaunâtre, dont la structure est exactement la même que celle de la substance grise de l'olive, et que traversent également des fibres horizontales; la plupart de ces fibres sont la continuation de celles qui passent par l'olive.
2° Dans les corps resti formes la substance grise apparaît sous la forme d'une masse allongée (corps ou noyau cendre), vaguement délimitée et mélangée avec un nombre très considérable de libres nerveuses. Elle occupe surtout le faisceau latéral, mais s'étend aussi dans les cordons cunéiformes et grêles. On peut la considérer comme un prolongement des cornes postérieures delà moelle ; on y retrouve même, comme Stilling l'indique avec raison , une trace de la substance gélatineuse de ces cornes, substance qui a pris un grand développement dans la partie supérieure de la moelle jusqu'au commencement de l'entrecroisement des pyramides, et qui est placée tout à fait latéralement. Les éléments de la substance grise des corps restiformes sont : 1° un grand nombre de libres qui semblent se continuer avec les fibres horizontales internes ; 2" une foule de cellules généralement pâles, quelquefois brunâtres, pourvues de prolongements, assez irrégulièrement distribuées, et dont la plupart ont le même volume que celles des olives.
3n La substance grise du plancher du quatrième ventricule représente, quant à i'épendyme, le prolongement du noyau gris de la moelle épinière; sous d'autres rapports, c'est un élément nouveau qui forme une couche assez épaisse, étendue du calamus scriptorius à \ aqueduc de Sylvius. Elle contient partout beaucoup de tubes nerveux , les uns d'un diamètre considérable, pouvant atteindre 0""",015 et 0""",018; les autres d'une finesse qui va jusqu'à l'extrême. On y trouve, déplus, des cellules nerveuses, rameuses, de toutes les dimensions, depuis 0""",015 jusqu'à 0m'",07 et plus. Les cellules les plus grosses sont celles de Y aile cendrée, à l'extrémité postérieure du sinus rhomboidal et celles de la substance ferrugineuse ou locus cœruleus (tig. iU9). Ces dernières renferment d'abondantes granulations pigmentaires et fournissent de nombreux prolongements arborescents. Les petites cellules à noyaux multiples que nous avons rencontrées dans le cordon de I'épendyme de la moelle font ici complètement défaut; car on ne les retrouve plus au-dessus de la décussation des pyramides.
Outre ces trois amas de substance grise, qu'on peut rattacher, en quelque sorte, au noyau gris de la moelle épinière, il existe dans le bulbe quelques noyaux plus petits : tels sont eeux qu'on voit dans les pyramides, près des olives, et dans les cordons olivaires, en dehors du noyau accessoire de l'olive. Tous ces noyaux renferment, comme Stilling l'avait déjà fait remarquer, des tubes nerveux minces et de grandes cellules qui, dans les cordons olivaires, peuvent atteindre jusqu'à 0mm,056 de diamètre, et sont toutes munies de prolongements.