BULBE RACHIDIEN ET PROTUBÉRANCE ANNULAIRE
Une partie de la substance grise dont nous venons de parler, c'est-à-dire celle de la moitié antérieure du quatrième ventricule, appartient en réalité à la protubérance annulaire. Mais celle-ci contient en outre dans son
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intérieur, au-dessus de la couche la plus superficielle de fibres transversales, tant sur la ligne médiane que sur les côtés, d'autres amas de substance grise, composés de cellules de différents volumes (atteignant jusqu'à 0"'m,05 et plus de diamètre), munies toutes de prolongements, amas qui sont tellement enchevêtrés au milieu des fibres longitudinales et transversales, qu'il est inutile de les décrire chacun en particulier, et qui se continuent d'un côté avec les noyaux gris du bulbe, de l'autre avec la substance noire des pédoncules cérébraux.
Une question très épineuse, c'est celle des rapports des dix paires nerveuses qui naissent du bulbe, de la protubérance et des pédoncules cérébraux. Les anatomistes qui ont cherché la solution de ce problème ne se sont servis, pour la plupart, que des moyens usuels, qui consistent à suivre les fibres avec le scalpel. Or, ces moyens sont complètement insuffisants. Nous n'avons à citer, comme ayant usé de moyens spéciaux, que E. Weber (art. MuslCELBEWiïGUNG, Wagn. Handb. cl. Pkys., III, 2, p. 20-22), qui a fait usage de préparations durcies dans le carbonate de soude, et Stilling, qui a examiné au microscope des tranches minces de pièces durcies dans l'alcool. Les résultats auxquels je suis arrivé moi-même, en me servant de
fie 149\ — Cellule nerveuse de la substance ferrugineuse qui forme le plancher du sinus rhomboidal de l'homme. Grossissement de 350 diamètres.
préparations conservées dans l'acide chromique et rendues en grande partie transparentes au moyen de la soude, concordent presque en tout point avec ceux de Stilling, auquel nous devons un excellent travail sur la moelle et le pont de Varole. Tous les nerfs mentionnés ci-dessus, sans exception , loin de naître des cordons ou masses fibreuses d'où ils émergent, pénètrent plus ou moins profondément dans les parties centrales, où, probablement, ils entrent en relation avec certaines masses grises que Stilling a désignées heureusement sous le nom de noyaux des nerfs [noyau de l'accessoire, par exemple). Quelques-uns de ces nerfs, comme les nerfs trochléa leurs , s'entrecroisent avec ceux du côté opposé, avant d'arriver à leur noyau gris. Nous devons signaler le plancher du quatrième ventricule et de l'aqueduc de Sylvius comme jouant un grand rôle sous ce rapport, car la plupart des nerfs dont nous avons parlé s'étendent jusqu'à lui , au moins en partie. (Pour plus de détails, voyez Stilling et ma Mikr. Anat., II, 1, p. ^58-^62.)
La question des origines nerveuses est également très difficile à résoudre quand il s'agit de la moelle allongée. Jusqu'ici on s'était généralement contenté de poursuivre les racines nerveuses jusque dans tel ou tel cordon de la moelle; mais cela ne suffit pas. Les nerfs plongent tous une ou plusieurs fois dans la substance grise, et c'est dans cette dernière, et non ailleurs, qu'il faut rechercher leurs origines.
Grâce aux efforts de Stilling, dont les résultais sont presque complètement conformes aux miens, nous connaissons aujourd'hui le point précis de la substance grise où aboutit chacune des dix paires de nerfs crâniens. Mais on pourra se demander des lors si c'est là leur origine réelle, ou s ils vont plus loin encore ? Comme Wagner prétend avoir trouvé, dans ces derniers temps, de véritables origines nerveuses dans le plancher du sinus rhomboidal, ceux qui feront de nouvelles recherches à ce sujet devront examiner spécialement quels sont les nerfs qui se terminent dans cette région, s'ils s'entrecroisent préalablement, comme je crois l'avoir vu pour les nerfs hypoglosse et accessoire, et si quelques-uns, peut-être tous, au lieu d'avoir leur origine dans la moelle allongée, ne font que la traverser pour se terminer dans les ganglions du cerveau. Quoi qu'il en soit, la nature toute spéciale des fonctions du bulbe autorise à penser que c'est véritablement dans son épaisseur qu'un grand nombre de nerfs prennent naissance.
§ 119. Cervelet. — Le cervelet olfre une disposition assez simple pour ce qui est de la distribution des éléments nerveux dont il se compose. On ne trouve, en effet, de substance grise qu'à la superficie de cet organe, dans le corps dentelé et dans le revêtement du quatrième ventricule. Tout le reste du cervelet est formé de substance blanche. Celle-ci est constituée uniquement par des tubes nerveux parallèles, probablement non ramifiés, à contours foncés, présentant tous les caractères de tubes centraux (délicatesse, tendance à devenir variqueux, facilité avec laquelle s'isole le cylindre de l'axe, etc.), et n'offrant point de différences notables dans les diverses régions, en tant, du moins, qu'il nous a été permis de le constater ; ces tubes ont un diamètre de ü""n,0Ü27 à 0""",009, ou de 0m,",005 en moyenne. La substance grise se rencontre : 1° en très petite quantité sur les parois du quatrième ventricule, au-dessus des valvules de Tarin, où elle est formée de cel-