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HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

tule, qui est très abondante La couche moyenne ou d'un gris pur est la plus riche en cellules; celles-ci y sont réunies en groupes serrés, et entourées également de substance fondamentale grenue. Leur volume varie énormément, car, à côté de cellules très petites, n'ayant que 0mm, 007 à 0Mm, 011 de diamètre et ressemblant presque à des noyaux, on en trouve d'autres très volumineuses, qui mesurent jusqu'à 0"'m, 036 et 0mnl,0Zi. (fig. 151). Ces dernières sont fusiformes, piriformes, triangulaires, quelquefois arrondies ; elles ont, pourla plupart, un à six prolongements, habituellement trois, quatre ou cinq. Lorsque ces prolongements font défaut, on peut admettre qu'ils ont été arrachés pendant la préparation, la délicatesse des cellules rendant ces mutilations excessivement difficiles à éviter.— Dans la couche la plus interne, enfin, d'un rouge jaunâtre, les cellules, bien que toujours très nombreuses, redeviennent un peu plus rares. Elles ont d'ailleurs la même conformation que dans la substance grise, et présentent un contenu tantôt pâle et tantôt coloré. Les cellules pigmentaires existent surtout dans les couches les plus internes et chez les personnes âgées.

Les tubes nerveux de la substance grise des circonvolutions proviennent tous, comme il est facile de s'en convaincre, de la substance médullaire dès hémisphères , et pénètrent dans la couche d'un rouge jaunâtre en faisceaux rectilignes , parallèles et serrés les uns contre les autres. Mais là déjà une foule de tubes quittent les faisceaux et traversent cette couche dans des directions très variées, principalement dans une direction parallèle à la surface, perpendiculaire, par conséquent à celle des faisceaux principaux. L'accumulation , sur certains points, de ces fibres horizontales donne naissance aux lignes blanches ou pâles que nous avons signalées dans cette couche , lignes dont la plus externe se trouve précisément à l'endroit où se perdent les faisceaux qui pénètrent dans la substance grise. En effet, ces faisceaux, émettant ainsi des branches latérales à mesure qu'ils se rapprochent de la superficie , deviennent de plus en plus minces, ce à quoi contribuent aussi

Fig. 151. — Cellules nerveuses de la partie interne de la couche grise qui recouvre les circonvolutions cérébrales de l'homme. Grossies 350 fois, a grandes cellules; b petites cellules ; c fibre nerveuse avec le cylindre de Taxe.

ti, u

Fig. 151.

l'amincissement et la dispersion de leurs éléments; si bien que, arrivés dans la substance grise, ils se dérobent à la vue. Mais un examen attentif permet de les poursuivre mémo dans cette couche, où ils forment des

ment plusieurs plans superposés. La plupart de ces tubes proviennent évidemment de ceux qui ont émergé de la couche d'un rouge-grisâtre, quelques-uns peut-être, vers la base du cerveau, du genou du corps calleux. Dans quels rapports ces fibres se trouvent-elles avec les col» Iules dans la substance blanche? Nous l'ignorons complètement. Il est évident, cependant , qu'un certain nombre d'entre elles retournent dans la couche d'un rouge grisâtre d'où elles sont venues , en d'autres termes qu'elles forment des anses, comme Valentin l'a annoncé le premier , et comme je l'ai très souvent constaté parfaitement sur des préparations conservées dans l'acide chromique. J'ai vu également , dans la couche d'un rouge grisâtre, des anses isolées à chefs très rapprochés, et dont la convexité était tournée vers la surface du cerveau. — Les fibres qui composent les faisceaux de la couche rouge grisâtre, ont, à leur origine, 0a,n,,0027 à 0mm,007, de largeur; mais elles finissent presque toutes par se réduire à 0mm,002, et prennent, dans la couche grise, le calibre des tubes nerveux les plus fins, c'est-à-dire ()""", 00(39 à 0,nm,0018. Les fibres qui se détachent de ces faisceaux à la face interne de la couche rouge grisâtre, ont quelquefois le même diamètre que celles des faisceaux eux-mêmes ; telles sont les fibres de la couche blanche la plus épaisse. D'autres fois elles sont plus fines. En général, les fibres qui vont des faisceaux dans la couche blanche superficielle, sont également d'une certaine grosseur et atteignent jusqu'à 0mm,007 de largeur. Beaucoup de ces dernières forment des anses; mais on trouve

fibrilles extrêmement fines , entrelacées , et conservant à peine des contours foncés.

Un très petit nombre des fibres arrivées dans la couche d'un gris pur conservent leur largeur et leurs contours foncés , et traversent cette couche directement ou obliquement, pour pénétrer dans la couche blanche la plus externe où elles deviennent horizontales. Dans cette dernière, en elfet , on trouve un nombre considérable de tubes d'une finesse extrême ( fig.

152), qui s'entrecroisent dans différentes directions et for-

Fig. 152. — Tubes nerveux très fins de la substance blanche la plus superficielle du cerveau humain, Grossissement de 950 diamètres.

HEMISPHERES CÉKÉim\l\. ok\

aussi dans cette couche des fibrilles excessivement fines, n'ayant que 0m,n,0009. — Quant à une liaison entre les cellules et les tubes nerveux de la substance corticale du cerveau, j'ai fait de vains efforts pour la découvrir. Nulle part, cependant, elle ne m'a paru plus vraisemblable que dans cette substance, où les fibres nerveuses, surtout celles de la couche grise, revêtent un aspect presque identique avec celui des prolongements de cellule, et dans laquelle elles se terminent bien certainement. On trouve là un nombre infini de tubes nerveux tellement fins et pâles, qu'on les rangerait difficilement parmi les fibres nerveuses, ne fussent leur trajet, plus direct que celui des prolongements de cellule, et leur aspect, légèrement variqueux, surtout après addition de soude. Si, dans un point du système nerveux central, les fibres naissent de cellules, ce doit être certainement dans la couche grise. On comprend cependant que cette origine puisse ne pas tomber sous les sens, quand on songe à la ténuité extrême des parties dont il est ici question.

Le corps calleux, corpus callosum, contient dans sa partie antérieure, audessus de la cloison transparente, de la voûte et du corps strié, des lignes grisâtres éparses au sein de la substance blanche, et dans lesquelles le microscope ne montre pas de cellules, mais seulement des vésicules transparentes, deOmm,007 à 0mm,009 de diamètre, analoguesà des noyaux et disséminées au milieu d'une foule de tubes nerveux, comme dans certains faisceaux du corps strié. De plus, Valentin (Nerven/., p. 2l\h) a vu quelquefois, à la surface du corps calleux, entre le raphé et les tractus longitudinaux, une couche grise fort mince, contenant des corpuscules nerveux très pales, et paraissant être la même chose que la bandelette cendrée, qui se continue avec le corps gaudronné du pied d'hippocampe. (Voy. Arnold, Bemerk, etc., p. 87. ) Partout ailleurs, le corps calleux ne contient que de la substance médullaire, composée de fibres nerveuses parallèles entre elles et présentant le même aspect et le même diamètre que celle de la masse centrale des hémisphères. Il en est de même de la commissure antérieure et de la voûte. Celle-ci entre très fréquemment en contact avec de la substance grise; c'est ce qui a lieu dans la couche optique, dont le tubercule antérieur donne naissance à la racine descendante de la voûte; dans le corps mamillaire (v. plus haut , § 120); à l'origine de la racine ascendante; au plancher du troisième ventricule, vers lequel s'étendent quelques faisceaux délicats de la racine ascendante, et à l'union de la voûte avec la cloison transparente. Cette cloison , revêtue sur ses deux faces d'une couche épaisse de tissu conjonctif ordinaire, avec beaucoup de corpuscules amylacés (v. § 122), se compose, comme le tuber cinereum, d'un réseau très riche de fibres extrêmement fines et de cellules nerveuses.

Les fibres des portions blanches de la voûte mesurent 0n"",0018 à 0mm,011 , mais le plus souvent 0mm,005 à Omm,007 ; celles delà partie supérieure de la couche optique et du tubercule mammillairc sont de l'espèce la plus fine, et n'ont que 0mm,0009 à 0"'n,,002. La corne d' Amnion et Y ergot présentent à peu près la même structure que les hémisphères ; mais la substance blanche

de la première renferme une traînée grise, formée principalement Je cellules sphériques sans prolongements, fortement serrées les unes contre les autres.

11 nous reste enfin à parler des origines des deux premières paires nerveuses. Le nerf olfactif contient, dans la portion blanche de sa racine, des fibres nerveuses très fines, qui ont 0mm,0009 à 0mm,005 tout au plus, et dont les plus délicates sont pâles et probablement dépourvues de moelle ; on y trouve, en outre, de la substance grise, formée d'une matière finement grenue et de cellules qui ont 0mm,016 à()mm,018 de diamètre. Des cellules analogues, ainsi que d'autres plus petites encore et n'ayant que 0,nm,0ü7, munies souvent de prolongements ramifiés, constituent le bulbe du nerf olfactif; elles y sont mêlées à une multitude de fibres fines dont il est impossible de déterminer les rapports avec les cellules et avec les nerfs olfactifs proprement dits. — Le nerf optique naît par deux racines blanches des corps genouillés, des couches optiques et des tubercules quadrijumeaux; il est uni, en outre, aux pédoncules cérébraux, à la substance perforée antérieure, au tuber cinereum et à la lame terminale. Nous ignorons encore quelle est , chez l'homme, l'origine des fibres de ce nerf, composé de tubes de 0mm,005 de diamètre. Les expériences faites sur les animaux permettent de conclure que ces fibres proviennent principalement des tubercules quadijumeaux. 11 est certain qu'elles s'entrecroisent en partie dans le chiasma , lequel renferme de plus, d'après Arnold, Todd-Bowman et autres : 1° des libres qui ne s'entrecroisent point et qui passent de la racine dans le nerf optique du même côté; 2° des fibres transversales , les unes postérieures, qui formeraient une commissure entre les racines des deux nerfs optiques , les autres antérieures, qui ne pourraient qu'unir entre elles les deux rétines. Les fibres de la première catégorie existent certainement, mais elles sont beaucoup moins nombreuses que celles qui s'entrecroisent. Quant aux autres, leur existence ne saurait point non plus être mise en doute. Au point de vue physiologique, on conçoit le rôle d'une commissure entre les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux de l'un et l'autre côté. Une commissure entre les deux rétines est devenue elle-même moins étrange depuis que nous savons que la rétine renferme de la substance grise, formée également de cellules à prolongements arborescents, d'où naissent les fibres optiques.

Relativement aux origines des fibres nerveuses dans le cerveau et dans les organes centraux supérieurs, en général, j'avais vu depuis plusieurs années, chez la grenouille, de fines fibres à contours foncés naissant des prolongements des cellules nerveuses de la moelle épinière {Zeilschr. f. wiss. Zooi, t. I, p. -144, pl. XI, fig. 7). Mais, chez l'homme, je n'aijamais pu constater un fait analogue d'une manière certaine. Je n'en suis pas moins convaincu que là aussi existent les mêmes rapports entre les cellules et les fibres. En fait, R Wagner et Leuckart prétendent avoir observé sur l'homme que les prolongements des cellules rameuses qu'on trouve dans la substance ferrugineuse se continuent avec des fibres nerveuses (Gült. Anz , 1850, N° 13; v. Ecker, Icônes phys., pl. XIV, fig. 3). Je tiens du professeur Domrieh qu'il a vu la même chose dans la substance corticale du cervelet. Plus récemment, R. Wagner [Göll. Nachr., Oc-

II É MISPHÈ KE S C ÉRÉ BRAU X .

tobre 1851) a trouvé que, dans l'organe électrique delà torpille, les corpuscules ganglionnaires rayonnés fournissent un prolongement, rarement deux, non ramifié, qui devient une fibre à contours foncés. Comme précédemment, Wagner explique cette continuité en disant que le prolongement de la cellule pénètre dans le tube nerveux, dont il devient le cylindre de l'axe. Il est d'accord en cela avec Leydig, qui 'a vu ces mêmes rapports dans le cervelet d'un squale, et avec Stannius, qui a fait la môme observation sur le pétromyzon. Quant à moi, je ne puis concevoir qu'on trouve là autre chose que ce qui existe dans les ganglions, où l'on voit les prolongements des cellules constitués, non point par un simple cylindre de l'axe, mais aussi par une gaine de la moelle qui se continue en dehors avec celle des tubes nerveux à contours foncés. Comme il est loin d'être prouvé que toutes les cellules nerveuses des organes centraux et leurs prolongements soient pourvus d'une gaine, j'accorderai volontiers qu'un autre mode d'union peut se rencontrer quelquefois : mais je crois que, dans aucun cas, cette continuité n'est telle qu'elle a été figurée dans la plupart des planches de Wagner (Ecker, Icônes, pl. XIV). Les dessins de Leydig {Plagiost. I, fig. 8) me paraissent parfaitement exacts, et une des figures de Wagner leur ressemble très bien (/oc. cit., fig 7, Be). Ces recherches ont ouvert la voie, et je ne doute nullement, comme je l ai déjà dit dans ma Mikr. Anat,, que l'avenir ne montre une foule d'autres origines de fibres à contours foncés dans les organes centraux de l'homme et des animaux. Mais, d'un autre côté, fort d'un grand nombre de recherches sur le cerveau de l'homme, je me crois en droit d'affirmer que très probablement, dans certaines régions, il sera complètement impossible de démontrer que des fibres y naissent de cellules; attendu qu'un très grand nombre de tubes nerveux, ceux de la substance corticale du cervelet et du cerveau en particulier, deviennent d'une finesse et d'une pâleur telles qu'il est impossible de les distinguer des prolongements de cellules. — les anses, qui existent indubitablement dans les circonvolutions du cerveau, et que j'ai observées également dans le corps strié, sont-elles terminales, ou bien les nerfs finissent-ils par une extrémité libre? C'est une question qui n'est pas encore résolue, d'autant moins que nous ignorons même si certaines fibres ont véritablement une terminaison On peut admettre, à la vérité, que les fibres du corps calleux et celles des commissures en général naissent de cellules dans un des hémisphères et se terminent dans l'autre ; que celles qui vont de la surface des circonvolutions aux corps striés et aux couches optiques finissent dans ces derniers renflements. Mais, bien qu'on ait observé des anses, on ne serait point autorisé à affirmer qu'il en est véritablement ainsi, car ces anses pouvaient n'être pas terminales, et toutes les fibres se souder à des cellules sur un point ou sur un autre. Une fibre nerveuse qui ne serait pas unie, à son origine, avec une cellule, nous paraîtrait quelque chose d'étrange ; mais, dans un domaine obscur comme le système nerveux, on doit s'attendre à bien des choses imprévues et ne rejeter à priori rien de ce qui est possible. — Plusieurs auteurs ont vu des fibres se diviser dans le système nerveux central ; ainsi, avant ces derniers temps, Ehrenberg, Volkmann, E.-H. Weber, récemment Hessling [Fror, Notizen, avril 1849, Jenaische Ann. 1, p. 283), E. Harless Ubid, p. 284) et Schaffner [Zeitschr. f. rat. Med., IX) ont décrit la même disposition dans le cerveau de divers animaux vertébrés, notamment à la limite entre la substance blanche et la substance grise. Je ne doute point de l'exactitude de ces observations ; je ne puis cependant m'empêcher de faire remarquer que j'ai toujours cherché en vain, dans le cerveau de l'homme, ces divisons des fibres nerveuses, bien que j'aie examiné des centaines de fibres de la substance grise, et cela en me plaçant dans les meilleures conditions possibles. Mais je dois dire que j 'en ai trouvé dans la moelle épinière, assez rarement il est vrai (voy. Mikr. Anat., Il, 1, p. 429). — Nous ne connaissons encore que fort incomplètement les connexions des cellules munies de nombreux prolongements ramifiés. J'ai décrit, avec la plupart des auteurs, ces prolongements comme une espèce de tubes nerveux pâles et sans moelle, et je les ai isolés très souvent dans une longueur de 0""",5 ou 0m'",55 sans pouvoir indiquer, quant à leur mode de terminaison, autre chose que la ténuité excessive qu'ils ne tardent pas à acquérir.

K. Wagner admet que, parmi ces prolongements, ceux qui ne se continuent point avec des fibres nerveuses à bords foncés, servent à relier les cellules les unes aux autres, et il affirme avoir observé directement de ces anastomoses dans Yala cinerea, dans le locus cœrulus, et dans la substance noire de l'homme. J'admets parfaitement l'exactitude deces observations ; mais, comme je l'ai déjà fait remarquer, je considère ces faits comme trop peu nombreux pour qu'il soit permis d'en conclure que toutes les cellules sont ainsi unies entre elles et que la terminaison par une extrémité libre n'existe pas. Si, comme je le prétends, ces prolongements sont des fibres nerveuses {talcs, je ne vois pas ce qui empêcherait à priori d'admettre qu'après avoir fourni de nombreux rameaux ils se terminent librement et exercent une certaine influence sur d'autres masses nerveuses. Nous savons, en effet, que les nerfs agissent sur d'autres tissus (muscles, glandes), sans contracter avec eux des rapports de continuité. N Une découverte qui ne peut manquer d'exercer une grande influence sur nos con- "'naissances touchant le trajet des fibres nerveuses dans les organes centraux, c'est celle de Türck [Sitz, der Wien. Akad, '1851 ; mars, juin 1853). Cet observateur a trouvé que, dans quelques maladies du cerveau ou de la moelle , certains groupes de fibres subissent des dégénérescences, et que notamment il s'y développe des cellules granulées. Je crois que l'emploi de l'acide chromique sera très utile dans l'étude des pièces pathologiques de ce genre.

§ 122. Enveloppes et vaisseaux du système si er «eux ecntral. — A. Eïl* veloppes. — 1° Moelle épintbre. — L&dure-mère (vneninx fibrosd) est une membrane blanc-jaunâtre, brillante, par place, à la manière des tendons, solide, passablement élastique, et composée de faisceaux parallèles de tissu coujonctif, en général longitudinaux, et de réseaux de fibres élastiques fines ; ces deux éléments existent en proportions à peu près égales. En avant, la dure-mère, de moitié au moins plus mince qu'en arrière, est unie assez intimement, par sa face externe, avec le ligament longitudinal postérieur de la colonne vertébrale ; en arrière et sur les côtés, elle est libre d'adhérences et séparée des arcs vertébraux, revêtus de leur périoste, par un intervalle dans lequel on trouve un tissu conjonctif lâche, à faisceaux anastomosés, ayantàpeine plus deOmm,009 à 0mr",011 de largeur (tissu conjonctif réticulé), plus rarement entremêlé de fibrilles élastiques (longitudinales ou entourant les faisceaux) et de cellules à noyau sphériques, fusiformes ou étoilées, analogues aux cellules formatrices du tissu conjonctif; en outre, des lobules plus ou moins considérables d'une graisse souvent gélatineuse et transparente, contenant des cellules pleines de liquide. Les vaisseaux qu'on rencontre dans cet espace sont les plexus veineux que tout le monde connaît, et des vaisseaux plus petits ou même des réseaux de capillaires très fins, contenus dans le tissu conjonctif lui-même. La face interne de la dure-mère, d'après l'opinion générale, serait revêtue par le feuillet externe de l'arachnoïde ; mais on ne trouve, sur cette face, qu'un épithéliunl composé de cellules à noyau polygonales, aplaties, qui reposent immédiatement sur la couche la plus interne de la dure-mère. Le ligament dentelé est dépourvu d'épithélium, et, de même que la bandelette épaissie de la pie-mère sur laquelle il s'insère, il a tout k fait la structure de la dure-mère.

L'arachnoïde spinale n'est pas formée, comme on le dit habituellement, d'un feuillet externe, uni à la dure-mère, et d'un feuillet interne ou libre ; elle

ENVELOPPES ET VAISSEAUX DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL. i)U5

se compose d'une simple couche, répondant au feuillet interne des auteurs. C'est une membrane excessivement fine, tran parente, qui offre le même trajet et la même étendue que la dure-mère. Sa face externe est unie à la dure-mère, en arrière et sur la ligne médiane de la région cervicale, par des filaments assez solides en haut , beaucoup plus faibles en bas. Partout ailleurs elle est complètement lisse, ce qu'elle doit à son épithélium , qui ressemble parfaitement à celui de la dure-mère; elle s'applique simplement contre cette dernière membrane, comme fait la plèvre pulmonaire par rapport à la plèvre costale. La face interne de l'arachnoïde est également lisse, mais dépourvue d'épithélium ; elle est séparée de la moelle et de la queue de cheval par un espace considérable, appelé espace sous-arachnoïdien ; mais elle envoie de nombreux filaments à la pie-mère et aux racines nerveuses, filaments qui, abstraction faite de ceux qui accompagnent les vaisseaux et nerfs, sont accumulés principalement sur la ligne médiane postérieure, où ils sont rangés en série non interrompue et forment même, notamment à la région cervicale, une cloison perforée ou complète. Quant à sa structure intime, l'arachnoïde est composée essentiellement de faisceaux de tissu conjonctif anastomosés en réseau, de 0nil",00"2à 0mm, 005 de largeur et sous forme de lamelles dont les extérieures sont constituées par des faisceaux plus grêles, les internes par des faisceaux plus gros. Autour de ces faisceaux s'enroulent ordinairement des fibres élastiques, de telle façon que lorsqu'ils ont été gonflés par l'acide acétique, ils présentent une série de renflements en chapelet (fig. 25). Ces fibres, cependant, sont quelquefois très fines ou manquent complètement; certains faisceaux en renferment également dans leur épaisseur.

La membrane vasculaire ou pie-mère s'applique étroitement sur la moelle épinière et sur l'épendyme du cordon terminal , pénètre dans les scissures antérieure et postérieure, d'où elle envoie des prolongements très minces dans l'épaisseur de la moelle, et fournit des gaines délicates aux racines nerveuses. La pie-mère contient principalement du tissu conjonctif ordinaire, dont les fibrilles sont parallèles, rarement anastomosées ; on y trouve, en outre, un grand nombre de noyaux, souvent linéaires, et quelques rares fibrilles élastiques. Çà et la on rencontre, dans cette membrane, des cellules pigmentaires, jaunes ou brunes, irrégulièrement fusiformes, très fines à leurs extrémités et mesurant de 0m,",09 à 0mm,il en longueur. Ces cellules s'accumulent souvent en quantité considérable dans la région cervicale de la pie-mère, à laquelle elles donnent une couleur brune ou même noirâtre.

Encéphale. — Les méninges de l'encéphale, considérées d'une manière générale, ressemblent à celles de la moelle; elles s'en distinguent cependant par quelques particularités. La dure-mère crânienne se compose de la duremère proprement dite et du périoste interne du crâne, qui sont la continuation directe des membranes correspondantes de la colonne vertébrale, lesquelles se confondent l'une avec l'autre au niveau de l'atlas ; elle est plus épaisse, en général , et d'un blanc plus éclatant que la dure-mère rachidienne. Sa face externe, ou son feuillet périostique, est blanc jaunâtre,

rugueuse et plus ou moins adhérente aux os ; elle sert de soutien aux misseaux méningés d'un certain volume, et se montre, d'ailleurs, plus vaseulaire que la véritable dure-mère, à laquelle elle est très lâchement unie dans le jeune âge, et dont on peut quelquefois la séparer par place, même chez l'adulte. Le feuillet interne est moins vasculaire, d'un blanc plus éclatant ; en beaucoup d'endroits, il a le brillant des tendons ; sa face interne est lisse et généralement égale. C'est du feuillet interne que partent les prolongements qui constituent la grande et la petite faux, la tente du cervelet, et c'est entre les deux feuillets que se trouvent, à peu d'exceptions près, tous les sinus de la dure-mère. — Les deux feuillets sont formés d'un tissu eonjonctif analogue à celui des tendons et des ligaments. Les faisceaux de ce tissu sont généralement peu distincts et se composent de fibrilles parallèles auxquelles se mêlent un grand nombre de fibres élastiques fines. Tantôt ils s'étendent sur un assez long trajet sans changer de forme, et tantôt, comme dans les sinus , ils constituent un grand nombre de petits filaments tendineux qui s'entrecroisent dans toutes les directions. La face interne de la dure-mère est tapissée d'une couche multiple, d'après Henle, double, d'après Luschka, de cellules épithéliales pavimenteuses, de 0m,n,011 à 0mm,013 de diamètre , et contenant un noyau arrondi ou ovalaire de 0mm,005 à 0mm,0Ü9. Cet épithélium ne repose sur rien de spécial qu'on puisse considérer comme le feuillet pariétal de l'arachnoïde. (Voy. Luschka, Seröse Haute, p. 64.)

M arachnoïde crânienne diffère de celle de la moelle, moins par sa structure que par son trajet. Il est vrai qu'ici encore on ne peut démontrer qu'un seul feuillet arachnoïdien , répondant au feuillet viscéral des auteurs et appliqué exactement contre la dure-mère; mais ses rapports avec la piemère sont bien plus intimes. En effet, au lieu d'être unie à celle-ci, comme dans la moelle, seulement par quelques fibres et lamelles, l'arachnoïde crânienne y adhère et se confond même avec elle en une foule d'endroits, notamment à tous les points de réflexion et sur les parties saillantes de la base de l'encéphale ; là même où les adhérences sont moins intimes , les deux membranes sont unies entre elles par une foule de prolongements. Aussi ne trouve-4-on pas, dans le crâne, d'espace sous-arachnoïdien continu , mais seulement un certain nombre d'espaces plus ou moins considérables , ne communiquant pas tous entre eux. Les plus considérables de ces espaces, situés entre le cervelet et le bulbe, et au-dessous de la protubérance, des pédoncules cérébraux, de la scissure de Sylvius, etc., communiquent directement, les premiers du moins, comme Virchow et moi l'avons vu, avec l'espace sous-arachnoïdien de la moelle épinière ; tandis que les plus petits, placés dans les anfractuosités, au-dessous desquelles l'arachnoïde forme comme un pont, peuvent bien communiquer entre eux, mais sont indépendants, pour la plupart, des grands espaces dont nous venons de parler. Nulle part il n'existe de continuité entre l'arachnoïde et la membrane qui revêt les ventricules ; c'est ce que Henle avait déjà parfaitement indiqué.

La structure de l'arachnoïde encéphalique est la même que celle de

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l'arachnoïde spinale, si ce n'est que les faisceaux anastomosés et les fibres ('•lastiques qui les entourent, sont généralement plus volumineux dans la première, où ils atteignent jusqu'à 0mni,02 et même 0""n,05 de largeur. Souvent aussi ces faisceaux présentent des espèces de gaines formées d'un tissu eonjonctif plus homogène, au-dessous desquelles se déposent parfois des granulations graisseuses ou pigmentaires. La face externe de l'arachnoïde est recouverte d'un épithélium en tout semblable à celui de la dure-mère.

La pie-mère encéphalique est plus vasculaire, mais plus fine que celle de la moelle ; elle tapisse toutes les éminences, toutes les dépressions de la surface de l'encéphale, à l'exception du sinus rhomboidal, au-dessus duquel elle forme une espèce de pont en s'étendant du calamus scriptorius à la luette et aux valvules do Tarin, pour constituer la toile choroïdienne inférieure et se réfléchir ensuite sur la face inférieure du vermis inférieur et des tonsilles. La pie-mère ne pénètre dans l'intérieur de l'encéphale que par un seul point, c'est-à-dire par la fente transversale du cerveau {grande fente cérébrale) où, tapissant les veines de Galien et la glande pinéale, elle s'enfonce au-dessous du genou postérieur du corps calleux, forme la toile choroïdienne et le plexus choroïde du troisième ventricule, puis, passant au-dessous de la voûte, donne naissance aux plexus vasculaires des ventricules latéraux , plexus qui communiquent avec la pie-mère de la base du cerveau , entre les pédoncules et le lobe inférieur du cerveau. Quant à la véritable structure de la pie -mère, on peut dire que cette membrane est tellement riche en vaisseaux que sur certains points le tissu eonjonctif qui leur sert de gangue ne vient qu'en seconde ligne. Rarement le tissu eonjonctif est nettement fibrillaire comme celui de la moelle épinière ; en général, il est plus homogène et se rapproche des membranes de Reichert ou du tissu eonjonctif développé incomplètement; il contient quelques noyaux, mais il est dépourvu de fibres élastiques. Oà et là, cependant , on trouve aussi , dans la pie-mère, des faisceaux réticulés de tissu eonjonctif ; ainsi , par exemple, autour des veines de Galien , de la glande pinéale, des vaisseaux d'un certain volume, et aussi sur le cervelet. De même qu'autour de la moelle, on rencontre ici des cellules pigmentaires fusiformes, principalement sur le bulbe rachidien, sur la protubérance, et même plus en avant, jusque dans la scissure de Sylvius, où j'ai vu ces cellules dans la tunique externe des petites artères.

Les parties de la pie-mère qui sont en rapport avec les cavités cérébrales, la toile choroïdienne et les plexus choroïdes, ont exactement la même structure que les autres, si ce n'est qu'elles se composent, les plexus surtout, presque uniquement de vaisseaux, et que leur surface est revêtue d'un épithélium. Celui-ci est formé d'une couche simple de cellules polygonales, arrondies, de 0mm,018 à 0mm,022 de diamètre, et de 0mm,007 à 0mm,009 d'épaisseur, cellules qui contiennent habituellement, outre un noyau sphérique, des granulations jaunâtres, souvent très abondantes, et une ou deux gouttelettes graisseuses foncées, de 0mm,002 à 0mm,005 de diamètre. Des angles de la plupart de ces cellules, suivant Henle, s'étendraient, vers la

couche de tissu coujonctif des plexus, des prolongements courts, étroits, transparents, et terminés en pointe comme des épines. D'un autre côté, Valentin (P/njsioL, 2e éditV, 2e partie, page 22) affirme que chez les mammifères ces cellules portent des cils vibratiles. Au-dessous de l'épithélium on rencontre une couche mince paraissant être du tissu coujonctif homogène, puis un peloton très serré de vaisseaux de divers calibres, entre lesquels on ne distingue point de tissu coujonctif proprement dit, mais simplement une substance unissante transparente et homogène.

Toutes les parties des cavités encéphaliques qui ne reçoivent point de prolongements de la pie-mère, le plancher du quatrième ventricule, l'aqueduc de Sylvius , le plancher et les parois latérales du troisième ventricule, le ventricule de la cloison transparente, la paroi supérieure des ventricules latéraux, la corne antérieure et la corne postérieure , une portion notable de la corne descendante, le canal de la moelle, et, chez l'embryon, la cavité du bulbe olfactif : toutes ce. parties Fœ. 153, sont tapissées d'une membrane spéciale ,

appelée épendyme des ventricules (fig. 1 53). L'épendyme est un simple épithélium pavimenteux, vibra tile d'après Purkyne et Valentin {Müll. Arch., 1836 ; Val. lie per t, 1836, p. 156), et d'après ce que nous avons été à même de constater dernièrement, sur un supplicié, pour l'extrémité postérieure du sinus rhomboidal (voy. Würzb. Verh., t. V.). Cet épithélium, à l'état normal, repose immédiatement sur la substance nerveuse ; mais i! est si fréquent de voir se développer au-dessous de lui, notamment au niveau de la voûte, de la lame cornée et sur la cloison transparente, une couche de substance conjonctive fibroïde, de 0n,,u,02, à 0mm,l1 d'épaisseur, qu'on peut admettre avec Virchow que cette couche est presque constante à un certain âge. Dans l'opinion de Virchow, cette couche existerait toujours et ne serait qu'une portion de la substance fondamentale et molle, appartenant au groupe des substances conjonctives, qu'on retrouve dans toutes les parties du système nerveux central, dont elle unit entre eux les divers éléments. — L'épithélium du troisième ventricule présente de grosses cellules, de 0'nm,0i 8 à 0""",027 de diamètre, munies d'un noyau de ()""", 007 et de granulations ou d'amas pigmentaires. Dans les ventricules latéraux, les cellules n'ont que 0mm,011 à 0""n,016; mais elles sont presque aussi épaisses que larges, et elles contiennent un noyau arrondi et un assez grand nombre de granulations jaunâtres, en général amassées dans leur partie centrale. D'après Luschka, l'épithélium de tous les ventricules du cerveau est vibratile chez le nouveau-né.

Les vaisseaux des membranes que nous venons de décrire, se comportent

Fig. 153. — Ependyme de l'homme. A, du corps strié. 1, vu de face ; 2, vu de profil; a, cellules épithéliales '; ö, fibrös nerveuses sous-jacentes.

B, Cellules épithéliales de la commissure molle. Grossissement de 330 diamètres.

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