‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 122 sur 247 · ENVELOPPES ET VAISSEAUX DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL · texte numérisé non relu

ENVELOPPES ET VAISSEAUX DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL

sous-arachnoïdien pour pénétrer dans la pie-mère. 11 se pourrait que dans le crâne, de même que dans le canal rachidien, les nerfs cérébraux envoyassent dans la pie-mère des filets qui viendraient s'ajouter à ceux que lui fournit le grand sympathique (plexus carotidien interne, plexus vertébral). Du moins Bochdalek a-t-il vu se détacher des racines d'un grand nombre de nerfs crâniens une foule de ramuscules très ténus, dont la structure était analogue à celle de ces racines elles-mêmes, et qui allaient rejoindre les plexus, enlaçant les artères de la base du crâne et de la picmère de cette région et du cervelet, peut-être aussi les plexus choroïdes du quatrième ventricule. Le même auteur a trouvé également des filaments nerveux émanant directement du bulbe, de la protubérance et des pédoncules cérébraux, et pénétrant dans la pie-mère sans s'être réunis préalablement aux troncs nerveux voisins.

B. Vaisseaux du système nerveux central. Sous le rapport de la distribution et de la conformation des vaisseaux sanguins, l'encéphale et la moelle ne présentent que des différences très minimes. Les artères, après s'être ramifiées dans la pie-mère, pénètrent dans la substance nerveuse sous la forme de vaisseaux très fins (excepté dans la substance perforée et dans la protubérance), mais qui conservent encore tous les caractères des artères. Là, elles continuent à se diviser et finissent par se résoudre en un réseau capillaire assez lâche d'où naissent les racines des veines. Celles-ci se rendent toutes aux troncs veineux que l'anatomie descriptive apprend à connaître (tig. 1 54). Constamment la vascularité de la substance grise l'emporte de beaucoup sur celle de la substance blanche (d'après Ecker, ce serait le corps strié qui renferme le plus de vaisseaux ) ; les vaisseaux , dans la première , sont un peu plus fins et forment des mailles plus serrées ; c'est en partie à cette circonstance qu'elle doit sa coloration. Suivant E.-H. Weber, les capillaires sont distants entre eux de 0mm,056 dans le sens de la longueur et de 0mm,032 dans le sens de la largeur. Sur un cerveau de brebis injecté par Gerlach, les mailles étaient trois à quatre fois plus étroites dans la substance grise que dans la substance blanche. Dans la moelle épinière, les points d'émergence des vaisseaux forment en quelque sorte des séries parfaitement régulières. Deux de ces séries existent au fond du sillon antérieur, où l'on

Fig. 134. — Vaisseaux de l'encéphale d'une brebis, injecté par Gerlach. a, vaisseaux de la substance grise ; b, vaisseaux de la substance blanche.

Fig. 154.

voit le prolongement fourni par la pie-mère émettre à droite et à gauche des vaisseaux qui pénètrent dans la substance grise. Une troisième série semblable se remarque dans le sillon postérieur, et il n'est pas rare d'en trouver d'autres qui correspondent aux racines nerveuses et à l'insertion du ligament dentelé. Tous ces vaisseaux pénètrent dans la substance grise sans diminuer de calibre d'une manière notable, et ce n'est qu'au sein de cette substance qu'ils se résolvent en capillaires. — Dans la substance grise du cervelet, on voit très distinctement des vaisseaux parallèles les uns aux autres; ils sont moins évidents dans ie cerveau et dans les autres parties de l'encéphale, à l'exception du thalamus La structure de ces vaisseaux est, en général, la même que partout ailleurs. Au moment où elles pénètrent dans la substance nerveuse, les artères sont encore pourvues de leurs trois tuniques : la tunique adventice, cependant, est réduite à une membrane mince, mais résistante, et d'apparence complètement homogène ; la tunique moyenne est formée exclusivement d'éléments musculaires, tandis que la tunique interne est composée d'une membrane élastique fenêtrée, parfaitement caractérisée, et de cellules épithéliales fusiformes, très remarquables. Ces diverses couches se perdent insensiblement, de sorte qu'au voisinage des capillaires on ne trouve plus que la tunique adventice, quelques rares cellules allongées transversalement avec leur noyau, et un épithélium ; puis viennent des capillaires à parois hyalines, parsemées d'un nombre plus ou moins considérable de noyaux, capillaires qui ont quelquefois une grande ténuité (les plus tins ont, dans la moelle, 0m"\0047; dans l'encéphale, 0mm,0045). Les grosses veines ne présentent le plus souvent aucune trace de muscles lisses; elles sont constituées simplement par du tissu conjonctif mêlé de noyaux ou de fibres élastiques, et par un épithélium. Les petites veines m'ont présenté çà et là quelques rares éléments contractiles.

A l'état normal, on trouve dans les cavités encéphaliques une quantité extrêmement minime d'un liquide séreux, sécrété évidemment par les plexus \ asculaires, et qui, mis en mouvement par les cils vibratiles, contribue peut-être à la nutrition des parois de ces cavités. Un autre liquide, le liquide encéphalo-rachidien, est contenu dans les espaces sous-arachnoïdiens dont nous avons parlé plus haut, espaces qui, d'après Luschka, seraient tapissés d'un épithélium dans leur portion rachidienne. Ce liquide est facile à recueillir : il suffit pour cela d'ouvrir l'espace sous-arachnoïdien le plus considérable, lequel s'étend depuis la base de l'encéphale jusqu'à l'extrémité du sac formé par la dure-mère rachidienne. 11 est alcalin et contient 98,56 d'eau, 0,55 d'albumine et de principes extractifs, et 0,8/i de sels, principalement du chlorure de sodium. Sa fonction principale paraît être de favoriser les mouvements du système nerveux central et de compenser les différences de volume qui résultent des divers états de plénitude des vaisseaux.

Ce qui va suivre a trait à divers états pathologiques. Dans l'épendyme des ventricules, non-seulement on trouve à peu près constamment , par places, au-dessous

Page 1