STRUCTURE DES GANGLIONS SPINAUX
Il arrive quelquefois que le premier et le dernier nerf spinal ne présentent qu'une seule racine, tantôt motrice , tantôt sensitive. J'ai mesuré le diamètre do toutes les racines antérieures et postérieures du côté gauche, sur deux cadavres, l'un d'homme, l'autre de femme ; les résultats de ce travail, qui se trouvent consignés dans Verh. der Wiirzb. ph. m. Ges., 1850, 2e cah., m'ont servi à calculer l'étenduedela section transversale de toutes les racines réunies, comme on peut voir dans ma Mihr. Anat., §416. Les racines sont entourées d'un névrilème très mince, dépendance de la piemère, dont il partage la structure. Ce névrilème forme autour des nerfs une gaînede 0""n,005 d'épaisseur, et envoie dans leur intérieur des cloisons qui isolent les différents faisceaux nerveux. Souvent deux racines voisines s'anastomosent ensemble : ce fait est surtout fréquent dans les racines sensitives, et dans l'espèce humaine il n'est point de sujet sur lequel on ne trouve des anastomoses entre les racines de la région cervicale.
§ 124. structure des ganglions spinaux. — La structure des ganglions spinaux est difficile à démêler chez les mammifères. Voici cependant ce que je crois pouvoir énoncer avec certitude. En tant qu'il m'a été permis de le constater, il ri existe , dans les ganglions , aucun rapport de continuité entre les racines sensitives et tes globules ganglionnaires. Les fibres qui composent ces racines, ne font que traverser les ganglions , réunies en un ou plusieurs faisceaux anastomosés , suivant le volume de ces derniers. Au-dessous du ganglion, elles reconstituent un tronc dont les fibres se mêlent immédiatement avec les racines motrices.
La plupart des globules ganglionnaires paraissent être unis à des fibres nerveuses ; tantôt ils donnent naissance à une seule fibre nerveuse, et tantôt à deux ou plusieurs fibres. — Ces fibres, auxquelles je donne le nom de fibres ganglionnaires, se dirigent généralement, peut-être toujours, vers la périphérie, se joignent aux fibres des racines qui traversent le ganglion , et qu'elles renforcent. Il s'en -
Fig. 156. — Ganglion lombaire d'un jeune chien, traité parla soude et grossi 45 fois. S, racines sensitives ; M, racines motrices. R a, branche antérieure des nerfs spinaux ; R p, branche postérieure. On voit que les deux espèces de racines participent à la formation de chacune de ces branches. G, ganglion et cellules donnant naissance à des fibres ganglionnaires qui renforcent la racine sensitive ; celle-ci ne fait que traverser le ganglion.
suit que chaque ganglion peut être considéré comme une source de fibres nerveuses nouvelles.
F ig. 158.
Pour étudier les ganglions spinaux, on choisira de préférence ceux du cinquième nerf sacré ou du nerf coccygien de l'homme, ou ceux d'un petit mammifère ; on les déchirera ou bien on les examinera en totalité, après les avoir traités par l'acide acétique et surtout par la soude étendue. Dans tout leur trajet à travers les ganglions, les tubes nerveux ne présentent rien de spécial, c est-à-dire ne subissent aucune modification de diamètre. Quant à des divisions de tubes nerveux, je n'en ai jamais rencontré, et s'il est vrai qu'il en existe dans les ganglions, je puis affirmer du moins qu'elles y sont extrêmement rares, car il m'a toujours été impossible d'en trouver, bien que mes recherches fussent spécialement dirigées dans ce sens et que souvent j'aie pu , sur des mammifères, suivre un grand nombre de fibres nerveuses d'un bout à l'autre du ganglion.
Les éléments essentiels des ganglions, les globules ganglionnaires ou cellules ganglionnaires (fig. 1 57 et 1 59) possèdent, une enveloppe externe distincte : ils sont généralement arrondis, allongés ou piriformes, un peu aplatis, et mesurent de 0mm,027 à 0""",080 et même 0m,",09 en diamètre, le plus grand nombre 0"'m,05 et 0mm,07. Leur contenu tout entier est finement granulé, souvent mêlé, au voisinage du noyau,
de gros grains pigmenlaires jaunes ou gris jaunâtre , dont le nombre augmente avec l'âge et auxquels les ganglions doivent leur couleur jaune. Les noyaux ont 0""",009 à 0""",0'18 , et les nucléoles 0"in,,0018 à 0""",005. Dans les ganglions spinaux, les globules ganglionnaires se trouvent en grande abondance à la surface du renflement, entre le névrilème et les fibres des racines nerveuses qui le traversent ; mais il en existe aussi à l'intérieur du ganglion: ils y occupent, réunis en petits amas, les mailles des plexus nerveux. Les cellules sont maintenues dans leur position respective et séparées les unes des autres, ainsi que des tubes nerveux, par un tissu spécial qui, sur des cellules isolées, paraît leur former une sorte de gaîne, ce qui lui a fait donner le nom de gaine externe des cellules ganglionnaires. Mais ce tissu forme en réalité un système continu de petites cloisons réparties dans toute la masse du ganglion, cloisons qui limitent des espaces remplis de cellules et qui très rarement forment à ces dernières des enveloppes bien nettes. Le tissu dont il s'agit doit évidemment être rangé auprès du tissu conjonctif ; mais il atïecte plusieurs formes dont Valentin [Müll, Arch., 1 839, p. 1 U)avaitdéja parfaitement reconnu la signification; ces formes sont : 1- celle d'une substance plus ou moins homogène ou fibroïde, avec des noyaux arrondis, aplatis, de 0""",005 à 0""n,070, disséminées dans son
Fig. 157. — Globules ganglionnaires du ganglion de Gasser du chat, grossis 350 fois. 1. Cellule pourvue d'un prolongement court et pâle, qui se continue avec l'origine d'une fibre; a, enveloppe de la cellule et tube nerveux à noyaux; b, membrane de cellule du globule ganglionnaire.
2. Cellule donnant naissance à une fibre, mnis dépourvue d'enveloppe; b, membrane de cellule du globule ganglionnaire.
3. Globule ganglionnaire dépouillé artificiellement de sa membrane de cellule et de sa gaîne externe.
Fig. 158. — Cellules de la gaîne des globules ganglionnaires, telles qu'on les trouve dans les ganglions spinaux de l'homme. Grossissement de 350 diamètres.
Fig. 157.