CORDON CENTRAL DES NERFS GANGLIONNAIRES. 3Ö
0""",0027 à0""n,0056. Ces fibres, d'un volume si différent, sont en partie mélangées ensemble, en partie réunies en faisceaux distincts et simplement juxtaposés; cette dernière disposition se voit surtout au voisinage des ganglions du cordon central et dans les ganglions eux-mêmes.
La structure des ganglions sympathiques, envisagée d'une manière générale , est la même que celle des ganglions spinaux ; ils sont composés : 1° de fibres' nerveuses qui ne font que les traverser, se rendant d'une partie du tronc dans une autre; 2° d'un certain nombre de tubes fins qui prennent naissance dans les ganglions eux-mêmes, et 3° d'une multitude de cellules ganglionnaires. En outre, les ganglions reçoivent les branches spinales ou de communication , tandis qu'un certain nombre de rameaux émergent de leur périphérie.
Les cellules ganglionnaires du grand sympathique ne différent pas sensiblement de celtes du système cérébro-spinal; elles sont seulement plus petites, d'une manière générale, car elles ont 0mn\0014 à 0mm,0M de diamètre, ou 0mm,018 à 0mrn,02 en moyenne. Elles sont aussi plus pâles ou même complètement incolores, et assez uniformément arrondies. Quant kY origine des fibres nerveuses du cordon central du grand sympathique, un simple coup d'œil fait voir immédiatement qu'elles proviennent en grande partie des branches spinales.
Ces branches se détachent du tronc des nerfs spinaux immédiatement au-dessous du ganglion spinal; elles sont constituées comme les racines sensibles (c'est-à-dire qu'elles sont formées principalement de tubes minces ) , et quel que soit leur
F ig. 163.
Fig. 164.
Fig. 163. — Sixième ganglion thoracique gauche du grand sympathique du lapin, vu par sa face postérieure, traité par la soude et grossi 40 fois. T 2, tronc du grand sympathique; B c, Bc, branches spinales, ou de communication, se divisant chacune en deu\ rameaux ; Spl nerf splanchnique; S, ramuscule du gangliou présentant deux grosses fibres et un grand nombre de Obres fines, et se rendant probablement à des vaisseaux; g, corpuscules ganglionnaires et fibres ganglionnaires qui se réunissent au tronc du grand sympathique.
Fig. 164. — Éléments tirés du grand sympathique de l'homme, vus à un grossissement de 350 diamètres. A, fragment d'un nerf gris traité par l'acide acétique, a, tubes nerveux fins; b, noyaux des fibres de Remak.
B, trois corpuscules ganglionnaires, dont l'un est muni d'un prolongement pâle.
nombre , elles sont liées certainement avec l'une et l'autre espèce de racines. Tout ce que nous avons pu voir jusqu'ici nous fait présumer que les fibres de ces branches afférentes naissent de la moelle épinière et des ganglions spinaux , qu'elles sont , par conséquent , les racines du grand sympathique. Il serait possible, néanmoins, qu'un petit nombre de ces fibres eussent leur source dans le grand sympathique, et se réunissent aux nerfs spinaux pour cheminer avec eux vers la périphérie. Une fois entrées dans le cordon central du grand sympathique, les branches afférentes qui proviennent des nerfs spinaux, se divisent, en général, en deux ou trois rameaux qui s'unissent au tronc principal pour se diriger soit vers l'extrémité supérieure, soit vers l'extrémité inférieure de ce dernier. Sur les lapins, on réussit très souvent à suivre les fibres d'une branche afférente jusqu'au ganglion voisin et même dans certains rameaux périphériques ; mais le plus souvent, les faisceaux isolés se dérobent à la vue après un court trajet. ïl n'en est pas moins certain pour cela que peu à peu tous ces faisceaux passent dans les nerfs périphériques du grand sympathique ; car ces nerfs renferment tous un nombre très considérable de tubes larges et à contours obscurs, analogues à ceux des branches afférentes; d'un autre côté, on ne voit nulle part, dans le cordon central, la terminaison ou l'origine de ces fibres. C'est là aussi le motif principal qui doit faire considérer les branches afférentes, non comme de véritables branches, mais comme des racines du grand sympathique.
Outre les fibres, fines et grosses, des branches afférentes, le cordon central du grand sympathique en contient un grand nombre d'autres qui sont pâles, mais à contours foncés, et d'une finesse extrême. Je ne crains pas d'affirmer que ces tubes, qui n'ont que 0mm,0027 à 0mm,005 de largeur, naissent dans le grand sympathique lui-même, et ne sont nullement de simples prolongements des fibres des branches afférentes, comme on l'a prétendu dans ces derniers temps, après avoir découvert des ganglions bipolaires chez les poissons. Chez les mammifères, il est extrêmement facile de faire voir, en examinant des ganglions sympathiques entiers, et en se servant avec circonspection de la soude étendue et delà compression, que la grande majorité des fibres des branches afférentes ne contracte pas la moindre liaison avec les corpuscules ganglionnaires, entre lesquels elles passent tout simplement pour se rendre dans les branches efférentes. Mais, comme entre ces fibres on en trouve d'autres, dans le grand sympathique, qu'il est impossible de suivre jusque dans les branches afférentes, on doit admettre nécessairement que cette seconde catégorie de fibres constitue un élément nouveau qui a son origine dans ce nerf lui-même. Cette conclusion paraît d'autant plus fondée qu'il n'est point difficile, comme je l'ai fait voir le premier, et d'autres après moi, de démontrer que dans les ganglions sympathiques des mammifères et des amphibies des fibres nerveuses prennent naissance des cellules ganglionnaires, et que toujours, dans les ganglions, un certain nombre de fibres semblent envelopper les cellules, c'est-à-dire qu'elles parcourent un trajet extrêmement tortueux entre les différents groupes de