FOLLICULES SIMPLES ET AMYGDALES. M
qui s'ouvrent dans leur intérieur. Ce produit est formé d'une substance blanc grisâtre, d'apparence muqueuse, mais qui, d'après mes recherches, ne contient point de mucine ; ce qui le constitue, ce seraient, ou bien des lamelles d'épithélium éliminées, ou bien de iepithélium mêlé de cellules et de noyaux identiques avec ceux qui tapissent les parois des follicules. Comment se forment ces cellules et quelle est leur origine? Je l'ignore. liest très vraisemblable, cependant, qu'elles proviennent de follicules rompus ; peut-être faut-il admettre que chez l'homme, ces follicules, une fois arrivés à un certain développement, éclatent ; mais ce qu'on voit chez les animaux semble peu favorable à cette hypothèse.
De tout ce qui a été dit dans ce paragraphe on peut conclure que je regarde comme complètement inexacte la description que Sappe y a donnée récemment [Gazette hebdomad., 7 décembre 1855, p. 877) des amygdales et des follicules de la langue.
Chez l'homme , l'inflammation des amygdales semble déterminer un gonflement notable des capsules, des modifications dans leur contenu, et enfin leur rupture. Les kystes remplis d'une matière puriforme ou caséeuse , qu'on décrit dans les maladies des amygdales, pourraient bien n'être autre chose, quand ils ne dépassent pas un certain volume , que ces mêmes capsules qui, en crevant, laissent échapper ensuite la matière sécrétée, laquelle s'accumule dans les grandes cavités. C'est ce qui explique pourquoi les parois des amygdales présentent si rarement leur, structure normale, et pourquoi on y rencontre tout au plus des capsules ouvertes, et même le plus souvent une substance granuleuse traversée par des fibres, avec des détritus de papilles et d'épithélium. Mais chez les enfants, et dans certains cas d'hypertrophie légère des amygdales, les capsules se distinguent très nettement. Quant aux animaux, on peut recourir avec avantage aux tonsilles du cochon et du mouton, aux follicules de la langue de bœuf, à des organes analogues aux amygdales, situés à l'entrée du larynx, chez le cochon, le mouton et le bœuf : dans toutes ces parties, examinées à l'état frais ou après durcissement dans l'alcool concentré , la structure des follicules peut être étudiée avec beaucoup de succès.
La substance grisâtre, jaunâtre ou verdâtre, molle ou d'une certaine consistance, qu'on rencontre si souvent comme produit anormal dans les cavités des amygdales , renferme des cellules à noyau de différents volumes, qui tantôt ont subi la Iransformation graisseuse et tantôt présentent des vacuoles et des membranes épaissies ; elle contient de plus de l'épithélium (sans cils vibratiles , contrairement à l'assertion de Valentin), souvent des cristaux de cholestérine et des cryptogames. Le contenu des follicules est plus voisin de l'état normal lorsqu'il n'est composé que d'épithélium, de petites cellules sans graisse et de noyaux libres, ces deux derniers éléments étant analogues à ceux des follicules : mais l'abondance de ce contenu doit souvent faire songer à un excès de développement. Néanmoins je suis porté à considérer ces cellules et ces noyaux comme composant la véritable sécrétion des amygdales, surtout à cause de l'existence de ces mêmes éléments chez les animaux, le mouton, par exemple, où ils sont cependant moins abondants. Évidemment, à l'état normal, ce contenu ne provient pas directement des follicules ; il se forme, à mon avis, dans un blastème exsudé à travers les parois de l'organe. Cette manière de voir n'explique point le rôle des capsules closes de l'amygdale et des follicules de la langue , auxquels tous deux s'applique ce qui précède. Si ces capsules ne crèvent pas à certains moments , leur rôle dans l'acte de la sécrétion doit se borner à élaborer dans leur cavité un liquide qui, pénétrant plus tard dans la cavité du follicule, servirait ensuite à former le véritable produit de sécrétion. Du reste, en présence de la grande analogie qu'on observe entre les capsules en question et celles des glandes solitaires de l'intestin, et
surtout des glandes de Peyer, puis celles de la rate et des glandes lymphatiques, on peut se demander si l'on ne doit pas rapprocher tous ces organes. Brücke s'est nettement exprimé dans ce sens , non sans raison , à mon avis. Mais, d'un autre côté, on n'oubliera pas que ces follicules sécrètent bien certainement, ce qui empêche de les assimiler complètement aux glandes lymphatiques (Brücke). Dans ma pensée, ce sont les follicules solitaires des gros intestins qui s'en rapprochent le plus : dans ces organes, en effet, il se fait également une sécrétion dont le produit est versé dans la fossette située au-dessus d'eux ; viennent ensuite les glomérules de Peyer, auxquels on pourrait assimiler les amygdales.