DE L EMAIL
cellules dont se composeraient les libres. En prolongeant da de l'acide çhlorhydrique , on voit les libres pâlir et les str s'effacer ; il ne reste pins alors qu'une espèce de charpente très fine dans laquelle on croit souvent reconnaître très distinctement des tubes. Cette charpente elle-même finit par disparaître, d'où il suit que sur des dents traitées par l'acide çhlorhydrique on ne trouve presque aucune trace de l'émail , tandis que l'ivoire conserve sa forme sans aucune altération.
Les fibres de l'émail sont unies entre elles d'une manière très intime, et sans substance intermédiaire. Je n'ai pas encore pu m'assurer de l'existence des canalicules que quelques auteurs admettent comme constants entre les fibres de l'émail. Mais on rencontre dans l'émail des cavités de différentes sortes. Je rangerai parmi ces cavités : 1° les prolongements, mentionnés plus haut , des canalicules dentaires dans l'épaisseur de l'émail et les cavités allongées, résultat de l'élargissement de ces prolongements, qu'on observe au voisinage de l'ivoire (fig. 193, c), et 2° des vacuoles en forme de fentes qu'on rencontre dans les couches moyennes et externes de l'émail (fig. 193) et qui ne communiquent nullement avec les précédentes ; ces vacuoles ne font jamais complètement défaut, mais quelquefois elles sont excessivement nombreuses ; elles sont du reste plus ou moins larges, et ne contiennent jamais d'air.
Le trajet des fibres de l'émail est, en général, le même que celui des canalicules dentaires de la couronne; mais il ne présente de fortes inflexions que sur la face triturante de la dent. Il semble aussi qu'un certain nombre de fibres de l'émail ne traversent pas toute l'épaisseur de l'émail , comme le
Fig. 191. — Surface de l'émail montrant les extrémités des fibres de cette substance. Grossissement de .350 diamètres. Chez le veau.
Fig. 192. — Fragments de fibres de l'émail , telles qu'on les obtient en traitant cette substance par l'acide çhlorhydrique faible. Grossissement de 350 diamètres. Chez l'homme.
Fig. 193. — Ivoire et émail de l'homme, à un grossissement de 350 diamètres, a, cuticule de l'émail; b, fibres de l'émail, présentant des stries transversales et des fentes; c, cavités plus étendues de l'émail ; d, ivoire.
font bien certainement la plupart d'entre elles. 11 est à remarquer que les fibres de l'émail ne sont pas toutes parallèles, mais qu'elles sont disposées par couches. Daus chaque couche les fibres sont parallèles et s'entrecroisent avec celles des couches voisines. Ces couches, auxquelles répondent les lignes circulaires visibles à l'extérieur, ont de 0mm,18 à 0n"",25 d'épaisseur et s'étendent de l'ivoire à la surface de l'émail : c'est ce qui donne cet aspect strié aux coupes verticales de l'émail , surtout quand on les humecte avec de l'acide chlorhydrique (fig. 189), attendu que ces coupes présentent alternativement des sections obliques plus foncées, et des sections longitudinales plus claires des prismes de l'émail. A la surface triturante de la dent il existe également de ces entrecroisements, qui y sont constants; les couches de l'émail y sont en général disposées en cylindres, dont la coupe serait un cercle dans les molaires, une ellipse dans les incisives. Mais vers le centre de la surface triturante l'arrangement des fibres est beaucoup moins régulier, et jusqu'ici il a été impossible de le débrouiller. Il ne faudrait pas confondre avec ces stries incolores , indices de la disposition des fibres de l'émail, certaines lignes brunâtre?, ou jaunâtres qui croisent, sous des angles variables, la direction des fibres ; elles se montrent, sur des sections verticales, comme des lignes ou des arcs obliquement ascendants (fig. 189), sur des coupes horizontales, comme des cercles , et occupent les couches extérieures seulement, rarement la totalité de l'émail. Ces lignes me paraissent résulter de ce que l'émail se dépose couche par couche.
La cuticule de V émail est une membrane amorphe, imprégnée de sels calcaires, et dont l'épaisseur varie entre 0mm,()009 et 0mm,0018; sa face tournée vers l'émail présente souvent de petites dépressions servant à loger les extrémités des fibres de l'émail. La grande résistance que cette membrane oppose aux agents chimiques en fait un excellent moyen de protection pour la couronne de la dent. En effet, la cuticule de l'émail ne s'altère nullement dans l'eau, même bouillante, dans l'acide acétique concentré, dans les acides chlorhydrique , sulfurique et nitrique ; ce dernier lui donne seulement une coloration jaune. Quand on la fait bouillir dans la potasse ou la soude caustiques , elle blanchit et se gonfle légèrement, mais ne se désagrège point ; la potasse donne alors par l'acide chlorhydrique un léger précipité qu'un excès d'acide redissout. La cuticule de l'émail dégage, en brûlant, une odeur ammoniacale, et laisse une cendre spongieuse formée de sels calcaires.
§ \hh. ©a cément. — Le cément (substantiel osteidea) (fig. 185) constitue une écorce de véritable substance osseuse autour de la racine des dents. Dans les dents à racines multiples, il n'est- pas rare de voir ces dernières soudées ensemble par le cément. Le cément commence à se montrer en couche fort mince à l'endroit où cesse l'émail , de sorte que les deux substances arrivent simplement au contact; d'autres fois le cément recouvre une petite portion de l'émail. La couche de cément devient de plus en plus épaisse à mesure qu'on descend vers l'extrémité de la racine : c'est sur
DU CÉMENT. Zl23
cette extrémité et entre les racines des molaires qu'elle acquiert sa plus grande épaisseur. Sa face interne est unie très intimement, chez l'homme, à l'ivoire, sans substance intermédiaire, si bien que très souvent, à un fort grossissement du moins, il est difficile de déterminer où est la limite exacte entre les deux substances. Sur la face externe s'appliquent très exactement le périoste alvéolaire, moins intimement la gencive ; cette face, débarrassée des parties molles , est en général inégale, souvent marquée de stries circulaires. Des trois substances qui composent les dents , le cément est la moins dure ; au point de vue chimique, elle est presque identique avec la substance des os. Bibra y a trouvé :
Clicz l'homme.
Chez Je bœuf.
Substance inorganique
Les substances sont, chez le bœuf :
Phosphate de chaux et fluorure de
Cartilage
Les acides enlèvent rapidement au cément ses sels terreux; il ne reste plus alors qu'un cartilage blanc, qui se détache facilement de l'ivoire, et qui donne de la gélatine par la coction.
De même que les os, le cément se compose d'une substance fondamentale et de cavités osseuses; mais il ne contient que rarement des canal icules de Ilavers et des vaisseaux. Par contre, le cément renferme souvent des canalicules spéciaux , analogues à ceux de l'ivoire , et d'autres cavités dont le caractère est moins normal.
La substance fondamentale est tantôt granulée et tantôt striée transversalement ; quelquefois elle est presque complètement amorphe, souvent elle se montre stratifiée comme les os. Les cavités osseuses présentent tous les caractères essentiels de celles qu'on rencontre dans les os ; il est inutile, par conséquent, de les décrire. Ce qui les distingue, ce sont uniquement les grandes différences qu'elles présentent sous le rapport de leur nombre, de leur forme et de leurs dimensions (0mn\0.1 à 0""n,05 et même à 0mm,07 de longueur), ainsi que sous le rapport du nombre et de la longueur de leurs prolongements (jusqu'à 0n,n,,07). La plupart de ces cavités sont obiongues et parallèles à l'axe longitudinal de la dent ; quelques-unes sont sphériques ou piriformes. Les plus remarquables, sans contredit, sont celles qui, avec une forme très allongée, présentent une cavité très étroite et en canal (fig. 187); elles ont alors une telle analogie avec les canalicules dentaires
qu'il est impossible de la méconnaître. Les prolongements sont souvent disposés en pinceaux ou comme les barbes d'une plume; ceux des cavités assez rapprochées servent non-seulement à unir ces dernières entre elles,
Fig. 194.
mais encore à les faire communiquer avec les extrémités des canalicules dentaires. Au voisinage de la couronne, là où la couche de cément est très mince, les cavités osseuses t'ont complètement défaut; ordinairement elles ne commencent à se montrer que vers la partie moyenne de la racine , uù elles sont cependant encore très peu nombreuses ; vers l'extrémité de la racine, elles deviennent de plus en plus abondantes et forment très souvent, comme dans les couches extérieures des os longs, des séries régulières placées dans l'épaisseur des lamelles du cément et dont tous les prolongements sont dirigés en dehors ou en dedans, d'où résulte, pour le cément, un aspect strié en travers. Les couches épaisses de cément qu'on trouve sur les dents d'un âge avancé renferment une multitude de lacunes, la plupart irrégulières et de forme allongée. On observe autour de certaines cavités ou de certains groupes de cavités osseuses un liséré jaunâtre festonné et très distinct, qui les circonscrit en totalité ou en partie ; peut-être ces lisérés ont-ils quelque rapport avec les cellules qui ont donné naissance aux cavités.
Dans les dents peu âgées, lorsque le cément a son épaisseur normale, on ne trouve point de canalicules de Hävers ; dans les dents avancées en âge , au contraire, dans les molaires surtout, et dans les cas d'hyperostose, ces canalicules se montrent très fréquemment ; on les voit, dans ces cas, pénétrer au nombre de 1 à 3 ou plus dans le cément, où ils se divisent deux ou trois fois, pour se terminer en cul-de-sac. Ils ont trop peu de largeur (0mm,0 09 à 0mm,02) pour loger, outre les vaisseaux sanguins, de la substance médul-
Fig. 194. — Ivoire et cément de la partie moyenne d'une incisive, a, canalicules dentaires ; b, espaces intcrglobulaircs ressemblant à des cavités osseuses; c, espaces intcrglobulaires plus petits ; d, commencement du cément avec de nombreux canalicules; e, lamelles dont se compose le cément ; f, lacunes; g, canalicules. Grossissement de 350 diamètres. Chez l'homme.
PARTIES MOLLES DES DENTS. k 25
läire ; ordinairement ils sont entourés de quelques lamelles concentriques , comme dans les os.
Outre ces cavités , le cément renferme ça et là des espaces anfractueux spéciaux, qui bien certainement sont d'origine pathologique (voy. mon Anatom, microsc. , 11, 2, p. 82, (ig. 202), et très souvent des canalicules analogues aux canalicules dentaires (flg. 194). Ces derniers sont tantôt très serrés les uns contre les autres , et tantôt écartés ; quelquefois ils présentent des branches qui se continuent avec les canalicules dentaires et avec les prolongements des cavités osseuses.
Dans les couches internes de cément du cheval, les cavités osseuses et leurs prolongements sont entourés de' véritables capsules , que Gerber a vues le premier. Quand on fait macérer ce cément dans l'acide chlorhydrique • les capsules deviennent très faciles à séparer, et permettent de constater les faits suivants, qui ne manquent pas d'intérêt pour l'histoire des cavités osseuses : 1" il y a souvent deux, trois cavités ou plus dans une même capsule , fait que j'ai constaté également sur des os rachitiques ; 2° la substance qui entoure immédiatement les cavités et leurs prolongements est moins soluble dans l'acide chlorhydrique que les autres parties de la paroi des capsules. En effet, tandis que les capsules présentent, dans leur ensemble, un aspect pâle et transparent , on voit très nettement à leur face interne un corpuscule foncé à bords dentelés, dans lequel on distingue quelquefois indubitablement une cavité, et qui n'est autre chose qu'une cellule osseuse, comme le démontre la comparaison avec les cavités osseuses ordinaires du cément et des os. Dans les cavités ordinaires du cément il est également facile, en se servant d'acide chlorhydrique, de démontrer l'existence d'une paroi propre ; on peut aussi isoler ces cellules de cément, qui assez fréquemment envoient quelques prolongements vers l'extérieur. Très souvent ces cellules sont vides ; quelquefois elles renferment une substance qui d'abord résiste également à l'action de l'acide chlorhydrique, mais dans laquelle j'ai cherché en vain un noyau .
§ 1^5. Parties molles «les dents. — Sous le nom départies molles des dents, on comprend le périoste alvéolaire, le germe dentaire et la gencive. Le périoste des alvéoles adhère très intimement à la surface de la racine, et ne diffère en rien du périoste des autres parties, si ce n'est qu'il est plus mou et qu'il ne renferme point d'éléments élastiques ; mais on y trouve un réseau nerveux fort riche, composé de nombreux tubes larges.
La pulpe, ou le germe dentaire, n'est autre chose que la papille dentaire du fœtus, dont le volume est énormément réduit par suite des progrès du développement : c'est une petite éminence. qui se détache du périoste du
Fig. 193. — Cément et ivoire de la racine d'une vieille dent, a, cavité de la dent; b, ivoire; c, cément et cavités osseuses; e, canalicules de Hävers. Chez l'homme.
Fig. 195.
fond de l'alvéole, pénètre dans la racine de la dent, et remplit Complètement le canal dont cette racine est creusée, ainsi que la cavité dentaire, sous la forme d'une substance cohérente, molle, rougeàtre, richement pourvue de vaisseaux etde nerfs, et intimement adhérente à toute lasurface interne del'ivoire. Le germe est formé d'une substance conjonctive vaguement tibrillaire, complètement privée de fibres élastiques, mais parsemée de nombreux noyaux sphériques ou allongés; elle se rapproche ainsi du tissu conjonctif encore peu développé qu'on trouve chez le fœtus ; elle présente cependant çà et là quelques étroits faisceaux distincts. On peut exprimer du germe un liquide que Tacide acétique coagule comme du mucus, sans le redissoudre complètement, ajouté en excès. Sous l'influence du même réactif, le germe entier prend une teinte blanchâtre, contrairement au tissu conjonctif véritable, qui devient transparent. La substance en question forme la masse principale de cette portion du germe qui est parcourue par des vaisseaux et des nerfs ; mais à la surface on trouve, au-dessous d'une pellicule amorphe très fine, une couche de 0nim,05, 0""n,07 à 0mm,09 d'épaisseur, formée de plusieurs plans de cellules cylindriques ou terminées en cône à un de leurs bouts, et placées perpendiculairement à la surlace du germe. Ces cellules, qui ont 0"'",027 de longueur sur 0""",005 à 0",in,D07 de largeur, renferment un noyau étroit et allongé, de 0"1,n,01 de longueur, muni de nucléoles, et forment une sorte d'épithélium cylindrique à la surface du germe ; plus en dedans, au contraire, elles ne sont plus groupées en séries distinctes, mais réunies en masses irrégulières, dans lesquelles elles sont toujours très serrées les unes contre les autres, et affectent une disposition rayonnée ; plus profondément enfin, on ne trouve que des cellules arrondies qui se confondent graduellement avec le tissu vasculaire du germe. Ces cellules correspondent aux cellules formatrices de l'ivoire que nous décrirons plus tard; ce sont elles qui fournissent les matériaux des dépôts d'ivoire qu'on voit se former, même chez l'adulte, à la face interne de la cavité dentaire.
Les vaisseaux du germe dentaire sont excessivement nombreux, d'où la couleur rouge de cette partie. Le germe d'une dent simple reçoit 3-10 petites artères, d'où naît, en dernier lieu, un réseau peu serré de capillaires ayant 0mtn,009 à 0n"",016 de largeur, réseau qui occupe à la fois la surface et l'épaisseur du germe, dans lequel on observe quelquefois des anses distinctes, et d'où partent ensuite les veines. Les germes dentaires paraissent dépourvus de vaisseaux lympliatiqv.es, mais ils présentent de très nombreux nerfs. Dans chaque racine pénètre un rameau d'un nerf dentaire de 0""",07 à 0""'\09 de diamètre, et plusieurs autres (jusqu'à 6 et plus) minuscules plus petits, n'ayant que 0"'m,02 à 0,nm,05. Ces rameaux s'élèvent d'abord isolément vers le sommet du germe, en émettant autour d'eux quelques filaments nerveux ; mais, arrivés dans la portion plus consistante du germe, ils forment un plexus de plus en plus serré et à mailles allongées, pour se ^ résoudre enfin en fibres primitives de 0,n,n,002 à 0mm,0ô34 de largeur. Quant à leur terminaison, je suis porté à croire qu'elle a lieu par des anses ; mais
j'avoue que la chose ne sera véritablement démontrée que lorsqu'on aura réussi à suivre d'une branche à une autre les fibres nerveuses qui composent les anses; or, c'est ce que personne n'a pu faire jusqu'à présent. R.Wagner reconnaît également qu'il existe là des anses; mais il ne les considère point comme des anses terminales. {Gott. Nachr., avr. 1853.)
La gencive (gingiva) est cette partie de la muqueuse buccale qui revêt le bord alvéolaire des mâchoires en circonscrivant le collet des dents ; elle est constituée par un tissu rougeâtre, vasculaire, assez mou, mais qui parait ferme au toucher, à cause des parties dures sous-jacentes. Là où les gencives touchent les dents , elles ont une épaisseur de 1 à 3 millimètres , et portent de grosses papilles qui ont ()""", 35 à 0""n,7 de hauteur, et même i""",6 chez les gens âgés ; de même que les papilles fongiformes, ces papilles sont garnies de petites papilles simples; le tout est revêtu d'un épithélium pavimenteuxde0",m,5 à 0mm,9 d'épaisseur entre les papilles. Je n'ai rien trouvé, dans les gencives, qui ressemblât à des glandes. On évitera de prendre pour des orifices glandulaires certaines dépressions arrondies de la couche épithéliale, dans lesquelles les cellules sont plus cornées. Ces dépressions , qui ont 0mm,18 à 0""",32 de largeur, se rencontrent fréquemment à la partie supérieure des gencives.
§ 1^6. Développement «les dents. — Les vingt dents de lait commencent à se développer dans le cours de la sixième semaine de la vie fœtale ; sur le bord alvéolaire des mâchoires se forme un sillon dans lequel naissent peu à peu , jusque vers la dixième semaine, vingt papilles ou germes dentaires ; bientôt des cloisons transversales limitent l'espace occupé par chacun des germes, qui dès lors se trouvent logés dans de petites cavités distinctes. Au quatrième mois , ces cavités se rétrécissent graduellement, tandis que les germes prennent la forme des dents futures; enfin elles se ferment complètement , mais de manière à laisser au-dessus de chaque cavité, ou sac dentaire, une autre cavité plus petite, espèce de sac dentaire de réserve, dans lequel se développera plus tard la dent permamente , et qui , dès le cinquième mois de la vie fœtale, présente les rudiments d'un germe den-
Fig. 190. — Mâchoire inférieure d'un fœtus humain de neuf mois, à un grossissement de 9 diamètres, o, langue renversée en arrière; b, moitié droite de la lèvre écartée ; b, moitié gauche enlevée ; c, nord antérieur du sillon dentaire ; d, bord postérieur ; e, papille de la première molaire; f, papille de la canine; g, papille de la deuxième incisive ; h, papille de la première ; i, plis où s'ouvriront plus tard les conduits de Rivinus.
/t28 HISTOLOGIE SPÉCIALE.
taire. Dans le principe, ces sacs de réserve sont situés au-dessus des sacs dentaires des dents de lait ; mais peu à peu ils reculent vers la face postérieure de ces dernières, et lorsque les alvéoles des dents de lait commencent à s'ossifier, ils fournissent de petites excavations, dans lesquelles sont logés ces sacs de réserve [fig. 197, g, h), qui, pour les dents incisives et canines, finissent par se séparer complètement des autres, dans les deux premières molaires , au contraire , s'ouvrent au fond des alvéoles des dents de lait. Tous les sacs de réserve, plus tard, donnent attache, par leur pointe, à un cordon solide qui s'étend, ou bien jusqu'à la gencive, ou bien, pour les deux premières molaires, jusqu'au périoste revêtant le fond des alvéoles des deux dents molaires de lait ( fig. 197, i ) ; c'est à ce cordon qu'on a donné à tort le nom de gvbernacuhim dentis, le consi-
Fig, 197.
dérant comme servant à guider la dent pendant l'éruption. Quant aux sacs dentaires des trois dernières molaires persistantes, celui de la première naît avec sa papille dans la seizième ou dix-septième semaine, et cela d'une manière indépendante, à l'extrémité postérieure du sillon dentaire primitif; en se formant, il laisse entre lui et la gencive un petit sac de réserve (voy. mon Anat. microsc, fig. 206). Ce n'est qu'au septième ou huitième mois après la naissance que ce sac de réserve s'allonge en arc de cercle derrière le sac primitif, s'enfonce dans le bord alvéolaire, donne naissance, sur son fond, à une papille, et finit par se détacher complètement de ce dernier pour former le sac dentaire de la quatrième molaire. Le reste de la cavité se ijange
Fig. 197. — Figure schématique montrant la manière dont se développe une dent d lait avec sa dent de. remplacement, d'après Goodsir. a, gouttière dentaire; b, la même munie d'une papille ; la même en train de se fermer, avec un indice de la cavité de réserve ; d, occlusion plus avancée encore ; e, sac dentaire; et, cavité de réserve ; /', la cavité de réserve gagne la face postérieure; g, cette cavité toulàfait en arrière avec un germe dentaire; h, les alvéoles des deux sacs se forment, la dent de lait a percé; i, la dent permanentere forme ; son s^ac dentaire, placé profondément, est muni d'un gubernaculum.
dans la série des autres sacs dentaires, et forme le sac de la dent de sagesse.
Le développement des dénis de lait débute dans le cinquième mois de la vie fœtale; au septième mois toutes ces dents sont en voie d'ossification. Cette ossification commence à la pointe du germe dentaire; il se forme d'abord de petites écailles d'ivoire qui, dans les molaires, sont multiples dans l'origine de même que les éminences du germe, mais qui ne tardent pas à se souder ensemble. Immédiatement après l'apparition d'une lamelle d'ivoire se montre * aussi, dans la partie supérieure du sac dentaire, une mince couche d'émail, formée aux dépens de l'organe adamantin (voy. plus bas), et qui, en s'unissant avec l'ivoire, constitue les premiers rudiments de la couronne de la dent. Par suite des progrès du développement, la lamelle d'ivoire s'étend à la surface du germe et s'épaissit de manière à représenter bientôt une espèce de chapeau qui coiffe le germe, puis une sorte de capsule qui l'entoure exactement de toutes parts. A mesure que l'ossification avance, le germe se rapetisse de plus en plus. En même temps le dépôt d'émail continue à se faire en procédant à la fois de toute la surface de l'organe, et gagne sans cesse en épaisseur. C'est ainsi que se forme en définitive tout l'émail qui entoure la couche d'ivoire de la couronne, tandis que l'organe adamantin et le germe dentaire diminuent graduellement de volume , jusqu'à ce qu'enfin l'un ne représente plus qu'une pellicule très mince, tandis que l'autre se rapproche de plus en plus de l'état qu'il présente chez l'adulte. Jusque-là il n'y avait encore aucun vestige du cément ni de la racine ; ces parties, en effet, ne commencent à se former que lorsque la couronne a atteint son développement presque complet, et lorsque la dent est sur le point de percer. A cette époque, le germe dentaire gagne considérablement en longueur, tandis que l'organe adamantin s'atrophie; des couches d'ivoire se développent dans ces parties du germe récemment développées, pour constituer la racine de la dent. La dent, poussée de bas en haut par sa racine, commence à exercer une pression sur la paroi supérieure du sac dentaire et sur la gencive, confondue avec lui ; elle perfore peu à peu ces parties, soumises en outre à un certain travail de résorption, et parait enfin à l'extérieur. Dès lors la gencive se rétracte sur la dent, et la portion intacte du sac dentaire s'applique sur la racine pour constituer le périoste alvéolaire. Le développement complet des dents de lait résulte des phénomènes suivants : 1° la racine se forme tout entière, et toute la couronne se montre à l'extérieur; 2° par suite d'une exsudation qui se fait à la face interne du sac dentaire, confondu en ce moment avec le périoste, exsudation qui débute dès avant l'éruption des dents, il se dépose du cément autour de la racine, tandis que la dent s'épaissit par des couches d'ivoire appliquées à sa face interne et que le germe se rapetisse d'une quantité correspondante. Dans les dents à racines multiples, le germe, d'abord simple , se divise plus tard à son point d'implantation, et chacune de ses divisions se développe en forme de racine.
Voici l'ordre dans lequel a lieu V éruption des dents : incisives moyennes
de la mâchoire inférieure, du sixième au huitième mois ; incisives moyennes de la mâchoire supérieure, quelques semaines plus tard ; incisives latérales, du septième au neuvième mois, celles de la mâchoire inférieure les premières; première molaire, du douzième au quatorzième mois, également en commençant par la mâchoire inférieure ; canines, du seizième au vingtième mois ; deuxième molaire, entre le vingtième et le trentième mois.
Les dents permanentes se développent exactement comme les dents de lait; l'ossification commence en elles un peu avant la naissance et envahit d'abord les premières grosses molaires; pendant la première, seconde et troisième année, elle gagne les dents incisives, les canines et les petites molaires, pour s'étendre enfin aux secondes grosses molaires. Il en résulte que, pendant la sixième et la septième année, 48 dents existent à la fois dans les deux mâchoires, c'est-à-dire 20 dents de lait et toutes les dents permanentes, à l'exception des dents de sagesse.
Lorsque les dents de lait doivent tomber, un travail de résorption fait disparaître les cloisons qui séparaient leurs alvéoles de ceux des dents de remplacement; en même temps leurs racines, par suite d'un phénomène encore peu connu, se détruisent de bas en haut. Les dents de remplacement, dont les racines se sont allongées, arrivent ainsi à se placer immédiatement au-dessous de la couronne, devenue libre, des dents de lait, qui finissent par tomber pour faire place aux premières. L'éruption des dents permanentes se fait dans l'ordre suivant : première grosse molaire, dans la septième année; incisive moyenne, dans la huitième ; incisive latérale, dans la neuvième; première petite molaire, dans la dixième; deuxième petite molaire, dans la onzième ; canine, dans la douzième ; deuxième grosse molaire, dans la treizième, et troisième molaire, entre dix-sept et dix-neuf ans.
Avant l'éruption des dents de lait les gencives du fœtus , et surtout du nouveau-né, sont blanches, très denses et d'une consistance presque cartilagineuse; aussi les appelle-t-on cartilages gingivaux, bien que leur structure n'offre aucune analogie avec celle du cartilage, car elles sont formées des éléments ordinaires des muqueuses. Nous devons dire cependant qu'elles contiennent une assez grande quantité d'un tissu comme tendineux. Les petits corpuscules du volume d'un grain de millet, que Serres a décrits dans les gencives, comme des glandes dont la fonction serait de sécréter le tartre, et qu'on a appelés glanduies du tartre , ne sont autre chose que des accumulations d'épithélium, résultant probablement d'un travail pathologique (voy. mon Anat. micr., II, 2, p. 95).
Les sacs dentaires possèdent une enveloppe de tissu cellulaire, pourvue de vaisseaux et de nerfs , de la partie inférieure de laquelle procède le germe dentaire [pulpa dentis). Le germe a exactement la forme de la dent correspondante, et se compose de deux parties, l'une interne, riche en vaisseaux , et plus tard aussi en nerfs, l'autre externe, non vasculaire. Cette dernière est limitée par une pellicule amorphe très mince (membrana prœformativa, Raschkow), sans autre importance dans le développement de la dent, et se compose, au-dessous de cette pellicule, de cellules qui ont Q'""\036 a 0m,"050 de longueur sur 0mm,005 a 0""", 0094 de kir-
geur, avec de beaux noyaux vésicuïaires, renfermant un ou plusieurs nucléoles bien distincts. Ces cellules, très serrées les unes contre les autres, forment comme un épithélium à la surface du germe ; mais elles ne présentent point à leur face interne une limite exacte, comme c'est le cas pour les épithéliums ; elles paraissent se continuer insensiblement, par l'intermédiaire de cellules plus petites, avec la substance propre du germe. Du reste, sur des germes très vasculaires une limite précise entre ces deux parties est établie par les vaisseaux, dont les anses capillaires, très rappro-
Fig. 198.
chées les unes des autres, ne pénètrent jamais dans la couche des cellules cylindriques, et se terminent à sa face interne, de sorte que, dans le cas où les cellules en question fourniraient l'ivoire, la dénomination de membrane de l'ivoire qu'on leur a donnée semblerait justifiée. La partie interne du germe se compose d'une substance fondamentale, d'abord granuleuse ou amorphe, plus tard fibreuse, renfermant un grand nombre de noyaux de cellules arrondis ou ovalaires, et qu'on doit considérer comme une espèce de tissu conjonctif. Un nombre extraordinaire de vaisseaux se développent dans le germe à l'époque de l'ossification. C'est sur la limite des parties ossifiées qu'on voit les anses vasculaires les plus abondantes : elles sont verticales et formées de capillaires d'environ 0""", 01 4dediamètre. Les nerfs accompagnent les vaisseaux, mais se développent beaucoup plus tard ; ils sont également très nombreux ; leur distribution dans le germe est la même que sur la dent développée.
L'organe de l'émail (organon adamanlinœ) recouvre à la manière d'un bonnet toute la surface du germe, et adhère lui-même extérieurement au sac dentaire; mais il se termine près de la base du germe dentaire par un bord libre. Cet organe a une structure toutespéciale : il se compose essentiellement de cellules étoilées(fig. \ 99, c), ou d'un tissu conjonctif réticulé qui contient dans ses mailles une grande quan-
Fig. 198. — A, sac dentaire de la deuxième incisive d'un fœtus humain de huit mois, vu de face. Grossissement de 7 diamètres, a, sac dentaire; b, pulpe de l'émail ; e, membrane adamantine; d, émail; e, ivoire; f, cellules de l'ivoire; g, limite de la lamelle d'ivoire; h, papille dentaire ; i, bord libre de l'organe adamantin.
B, première incisive du même fœtus, vue de profil. Les lettres indiquent les mêmes objets qu'en A. a, lamelle dentaire dans sa totalité; /.-, nerf et vaisseau de la papille.
un
tité d'un liquide riche en albumine et en mucus, et que , dans, ces derniers temps, 4 Huxley [Inc. cit., p. 1 53, 1 5G) a considéré à tort comme
de l'épithélium modifié. Ce tissu conjonctif est surtout abondant vers l'époque de l'ossification et pendant les premières périodes de ce travail: ainsi, tandis qu'au cinquième et au sixième mois il a 0""",9 à 1""",5 d'épaisseur, il n'a plus chez le nouveau-né que 0m,n,3 i à 0mn,,5 ; à cette époque, son tiers externe est également muni de vaisseaux , et le tissu réticulé s'est transformé en véritable tissu conjonctif (fig. 199). A la face interne du tissu spongieux se montre la membrane de V émail, membrane adamantine de Raschkow, véritable épithélium qui n'offre rien de particulier, dont les cellules, mesurant 0'm",0 25 en longueur et 0""",00o en largeur, sont finement granulées , très délicates et renferment un noyau oblong situé souvent vers la pointe de la cellule.
La manière dont se développent les diverses substances qui composent la dent a été considérée de tout temps comme très difficile à élucider. C'est dans la formation de l'émail que les phénomènes paraissent le plus simples : tous les auteurs ont admis avec Schwann que les fibres de l'émail ne sont autre chose que les cellules ossifiées de la membrane adamantine. Mais voici que Huxley (loc. cit. ) prétend qu'il n'en peut être ainsi , attendu que l'émail , à toutes tes époques de son développement , est entouré de la membrane préformative du germe dentaire, membrane qui le sépare de la membrane adamantine. Suivant Huxley, le développement de l'émail serait indépendant de la membrane adamantine : cette substance se formerait audessous de la membrane préformative, qui deviendrait en définitive la cuticule extérieure de la dent, découverte par Nasmyth. Huxley avoue cependant qu'il lui est impossible de donner plus de détails sur le mode de développement de l'émail.
Un de nos élèves les plus distingués, E. Lent (/. i, c.,), a trouvé effectivement, que si l'on traite par les acides étendus l'émail envoie de développement, on peut séparer de sa surface, à toutes les époques, une membrane amorphe délicate qui , aussi longtemps que l'ivoire n'est pas formé, se continue avec la membrane préformative du germe dentaire ; de façon qu'il semble que l'émail naisse au-dessous de cette dernière. Cette donnée étant admise, le développement de l'émail ne peut avoir lieu que d'après l'un des modes suivants : 1U Les fibres de l'émail résultent d'une sécrétion Fig. 199. des cellules de la membrane adamantine, sécrétion qui
Fig. 199. — A, section de l'organe adamantin tlu sac dentaire d'une molaire de nouveau-né. Grossissement de 250 diamètres, o, sac dentaire; b, partie vasculaire de l'organe adamantin, dont le tissu est un peu plus dense vers la partie non vasculaire ou le tissu spongieux c; d, membrane de l'émail.
B, quatre cellules de la membrane de l'émail, grossies 350 fois.
traverse la membrane préformative à l'état liquide , pour se solidifier et s'ossifier ensuite.
2° Les fibres de l'émail naissent de l'ivoire, et résultent d'un plasma exsudé à travers les canalicules dentaires.
De ces deux modes , le second n'explique ni la formation régulière des fibres de l'émail , ni la manière dont l'émail croît en épaisseur par suite de l'apposition
FlG. 200.
de nouvelles couches à sa face externe; je l'abandonne donc complètement. Mais la première hypothèse n'est pas sans présenter de grandes difficultés. Déjà on concevra des doutes sur cette énergique sécrétion des cellules , dont le produit formerait des libres allongées, accolées entre elles, il est vrai, mais néanmoins faciles à séparer. Cette partie de l'hypothèse cependant trouverait encore des arguments en sa faveur : la botanique, en effet, nous apprend quel développement peuvent prendre les exsudations secondaires des cellules ; d'un autre côté, il est démontré par les cellules primordiales qu'une exsudation peut se faire également à la face externe des cellules animales (voy. § 4 6); on pourrait invoquer aussi, comme un exemple très frappant de parties provenant de cellules épithéliales, les dents cornées des larves de batraciens, dont nous avons parlé plus haut (p. 41). La difficulté capitale gît dans cette circonstance, que le produit exsudé devrait traverser la membrane préformative. Bien que la chose ne me paraisse nullement impossible, je ne puis cependant me déterminer à adopter définitivement cette explication, et cela surtout parce que ce serait un fait auquel je ne connais point d'analogue. Je ferai observer cependant que, d'après ce que j'ai vu moi-même, il est impossible de ne point admettre que la membrane qui se démontre à la surface de l'émail en voie de développement, est bien la membrane préformative, car elle se continue bien certainement et directement avec la membrane préformative du germe non encore ossifié. On ne saurait penser non plus que cette continuité soit purement accidentelle, et qu'il faille interpréter autrement la membrane qui recouvre l'émail, en disant, par exemple , qu'elle n'est que la portion la plus extérieure et non encore complètement ossifiée des fibres de l'émail, attendu que jamais elle ne se décompose en fragments séparés, comme fait ce dernier, et qu'elle forme toujours une membrane continue, absolument comme la cuticule de
Fig. 200. — Section à travers le sommet d'une molaire de fœtus humain , dans laquelle le développement de l'ivoire et de l'émail a commencé depuis peu. a, germe dentaire avec ses vaisseaux ; b, membrane dite de Vivoire, constituée par les cellules de l'ivoire ; e, ivoire développé; d, émail développé; e, membrane préformative ; e, membrane préformative (ou cuticule de l'émail) traitée par l'acide acétique. D'après Lent.
émail développe. Lue autre circonstance, non moins certaine que cette interprétation de la membrane de l émail, me paraît être la suivante: c'est que le/ e l ut de la membrane de 1 émail et de l'organe adamantin sont en connexion ace développement de émail. Les rapports anatomiques entre l'organe adamant n et a jeune dent l identité de position et de diamètre entre les cellules dé un c prismes de 1 autre, la disparition progressive de l'organe adamantin, si riche en ma teriau* formateurs, a mesure que l'émail se développe . sont pou moi des sfenes évidents qu'il existe entre les deux parties un lien dès plus intimes S I n en é ai pas ainsi, comment comprendre cet organe adamantin, dont la structure est si néode et qu on rencontre partout ou il y a de l'émail, dont il suit pas a pas lèdévt loppement (e quon songe aux dents composées)? Or, comme rien n annonce une ossification directe des cellules de l'émail (quant à moi. du moin, je n'ai trouve dans les fibres de 1 email aucune trace de novaux de ce uTes et S remen ace qui se voit pour les cellules de l'ivoire je n ai jamais vu les rthfa 1 ema.l unies aux fibres de cette substance), et comme la seconde hvpolh* pr Z posée plus haut ne peut se soutenir, la première interprétation, adoptée par Lent acquiert un certain degré de probabilité, en attendant que de nouve UeT rec herrl p nous fournissent des données plus certaines. nouvelles recherches
Dans le développement de ! 'ivoire, de même que pour celui de l'émail, le germe tout entier n est pas mis a contribution, mais seulement sa couche la plus externe qui a
quelque ressemblance avec un épithélium. Je ne crois pas que le germe se transforme simplement, de dehors en dedans, en cellules d'ivoire, lesquelles s'ossifieraient ensuite ; mon avis est plutôt que, de même que le corps spongieux de l'organe adamantin , cette partie doit toute son importance aux vaisseaux qu'elle contient, et qui fournissent aux cellules de l'ivoire les matériaux de leur développement. On peut également s'expliquer très bien comment le germe diminue de volume, sans qu'il soit nécessaire pour cela d'admettre qu'il s'ossifie de dehors en dedans. De même que nous voyons le contenu des larges canalicules de Hävers des os de fœtus diminuer lorsque les lamelles commencent à se former sur les parois de ces canalicules , de même on conçoit que le germe diminue par suite
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tribuent nullement à La formation de la dent. La manière dont se fait cette transformation des cellules, après être restée si longtemps à l'état de problème, semble avoir été démontrée enfin par les travaux de Lent, il y a plusieurs années , je trouvai sur les cellules d'ivoire de l'homme des appendices filamenteux qui s'étendaient dans l'ivoire de nouvelle formation ; je Soupçonnai que c'étaient des canalicules dentaires, mais je ne réussis point a convertir cette probabilité en certitude. Or, sur des dents en voie de développement et presque réduites en bouillie par lu macération dans
l'acide elilorliydriquo, Lent est parvenu a isoler los cellules en question, unies a de véritables canalicules dentaires bien formés. Ce fait établi, on doit se demander quels rapports existent entre les canalicules dentaires et les cellules d'ivoire, et comment se forme la substance fondamentale de la dent, Des trois hypothèses imaginées pour résoudre lu première question, aucune ne me satisfait aujourd hui , attendu qu il est
faux que les Cellules de l'ivoire fournissent non-seulement, les canalicules dentaires
mais encore la substance interposée entre eux, idée fondamentale qui dominait
toutes les Suppositions faites sur la formation de l'ivoire.
D'un autre côté, Virchow, en démontrant que les cellules du tissu conjonctifpeu* vent, en «allongeant et en poussant des prolongements étoiles, se transformer directement en cellules osseuses, a élargi considérablement nos vues sur le développe* ment des petites cavités des substances osseuses, auxquelles appartient l'ivoire. D'accord avec Lent, je crois donc qu'il faut envisager comme il suit le développe-, ment de l'ivoire.
\" Les canalicules dentaires sont de véritables prolongements des cellules de l'ivoire, prolongements qui donnent naissance à des branches secondaires par lesquelles ils
communiquent entre eux. Tout C6 que, nous montre 1 observation directe tend a prouvée que dans une foule de cas une simple cellule suffit, pour produire un cana-
li< ule dentaire tout entier, ou du moins une longue portion de canalicule. En effet , sur des canalicules en voie de formation, on no voit jamais de traces d un développement aux dépens de '-(•ries de cellules, comme seraient, par exemple, des varfco- Sités juxtaposées ou des noyaux ; d'un autre coté , comme je l'ai annoncé depuis longtemps [Mikr. Anal., ßg. 209), on reconnaît très fréquemment dans les cellules de l'ivoire les signes certains d'une grande puissance de végétation, et cela aux nombreuses multiplications de leurs noyaux. J'admets donc, d'après cela, que les cellules de l'ivoire, qui reçoivent sans cesse des vaisseaux du germe de nouveaux matériaux de formation au moyen desquels elles maintiennent leurs dimensions , donnent naissance*, d'un autre côté ^ à des prolongements ramifié-, ou anastomosés de plus en plus longs, en d'autres termes, aux canalicules dentaires. Jene prétends pas, du reste, que dans tous les cas une cellule ayant la forme qu'elle présente au début suffit à la* production d un canalicule dentaire entier ; car on rencontre aussi des cellules de l'ivoire étranglées a leur partie moyenne i voy. 201, f). Dans ces circonstances, il se pourrait que la portion du corps de la cellule qui touche l'ivoire fût absorbée peu à peu pour prolonger le canalicule dentaire, de manière à disparaître
comme cellule, tandis que If; noyau serait résorbé; OH pourrait mémo admettre que
de semblables étranglements se produisent un grand nombre fie fois, sans que la loi
d'après laquelle une seule cellule produit tout Un canalicule dentaire cessât d'être vraie, car ces étranglements ne vont jamais jusqu'à diviser complètement une cellule.
2" La substance fondamentale de V ivoire ne provient point des cellules de l'ivoire : semblable aux substances inter cellulaires , elle résulte d'une exsudation, soit de ces cellules , soit du germe dentaire. Comme les cellules de l'ivoire s'allongent a leurextrémité externe, en canalicules dentaires, et qu'il n'est' pas vrai, comme on l a cm jusqu'ici, qu'elles bourgeonnent de telle sorte que les canalicules dentaires ne peuvent être considérés que comme leur partie interne, il est impossible de faire dériver l'ivoire directement de cette partie. Les cellules de l'ivoire sont fortement pressées les unes contre les autre-, , et ne laissent entre elles aucun intervalle pour une substance intermédiaire. Celle-ci n'apparaîl qu'au moment ou les cellules - allongent à
leurs pointes ; il n'est guère possible, d'après cela, de faire naître cette substance directement du germe. Il ne resterait donc, pour expliquer l'origine de la substance intermédiaire, que de concevoir son développement par l'intermédiaire des cellules de l'ivoire. Or, on pourrait songer à établir entre cette substance et les cellules les mêmes relations qui unissent ensemble les capsules cartilagineuses et osseuses et les cellules des cartilages et des os ; en d'autres termes, on pourrait admettre que chaque cellule de l'ivoire donne naissance, à son extrémité bourgeonnante, à un tube secondaire formé d'un principe gélatineux, tube qui, en s'ossifiant, se confond avec les tubes voisins, de sorte qu'à cette époque la substance fondamentale tout entière serait formée uniquement de ces gaines externes des canalicules dentaires. Mais je dois reconnaître que je ne puis citer aucun fait à l'appui de cette manière de voir ; bien plus, la substance fondamentale, dès son apparition, est complètement hyaline, et ne montre aucun indice pouvant faire croire qu'elle se compose de tubes ; elle ne se divise en tubes sous l'influence d'aucun réactif. Je ne saurais donc considérer la substance fondamentale que comme un produit d'exsudation de toutes les cellules de l'ivoire, produit qui ne contracte aucun rapport histologique spécial avec'certaines cellules ou certains canalicules dentaires. 11 va sans dire que c'est également le germe qui fournit les matériaux de cette exsudation, et que les cellules ne sont que des intermédiaires chargés de la sécrétion, en quelque sorte comme les glandes et les épithéliums. On ne saurait s'empêcher cependant de faire jouer aux cellules un certain rôle dans la. formation de la substance fondamentale, bien que ce rôle n'ait pu être déterminé jusqu'ici.
Somme toute, il est établi que les canalicules dentaires de l'ivoire résultent d'une transformation directe d'un des éléments histologiques du germe, c'est-à-dire des cellules de l'ivoire; tandis que la substance fondamentale doit être considérée comme une matière exsudée par ces cellules, ou plutôt par les vaisseaux du germe. Ma manière de voir est donc intermédiaire entre l'ancienne doctrine de l'exsudation, d'après laquelle l'ivoire tout entier serait sécrété par le germe, et la doctrine de la transformation, qui veut qu'elle résulte uniquement de certains éléments histologiques du germe métamorphosés. Quant à la théorie de Huxley, dans laquelle l'ivoire se déposerait tout simplement dans l'épaisseur du germe, sans qu'il y ait participation histologique de cet organe, je la déclare fausse de tous points, sauf cette circonstance, que je reconnais comme lui , que l'ivoire se développe au-dessous de la membrane préformative. Je ferai remarquer, en outre, que chez les animaux, peut-être aussi chez l'homme, à l'état pathologique, l'ossification paraît envahir également les portions internes du germe ; car il existe de l ivoire vasculaire ( vasodentine, Owen ), même chez l'homme, d'après Tomes, et dans les dents de certains animaux il y a absence complète du germe. Dans ce cas , il est probable que le germe s'ossifie simplement comme le tissu conjonctif ; c'est du moins ce que tendrait à faire croire cette circonstance que la vasodentine ressemble beaucoup plus au tissu osseux ordinaire qu'à l'ivoire.
Dans l'ossification de l'ivoire il arrive souvent, chez l'homme du moins , que le dépôt de sels calcaires au sein de cette substance récemment formée', mais parfaitement caractérisée au point de vue morphologique, quoique présentant encore peu de dureté , que ce dépôt, dis-je, se fait de telle sorte que l'ivoire tout entier semble formé de sphères solides distinctes. Ces sphères se rencontrent aussi bien dans les premières lamelles d'ivoire que dans les dents plus avancées en âge, mais surtout sur les bords de la racine d'une dent d'un certain volume , regardée par sa face externe ; elles disparaissent plus tard, quand la marche du développement dentaire est normale; alors la terre calcaire se dépose également dans leurs intervalles, si bien que l'ivoire devient complètement homogène. Dans le cas contraire, ces sphères persistent en plus ou moins grand nombre, et les espaces qui les séparent, lesquels ne sont autre chose que les espaces interglobulaires dont nous avons dit un mot plus haut, ne présentent qu'une substance dentaire incomplètement ossifiée.
D'après mes observations, le cément procède de cette partie du sac dentaire située
entre le germe et l'organe adamantin, et se montre dès avant lepoque de l'éruption dentaire, alors que la racine commence à se former. A ce moment, la partie inférieure du sac dentaire s'allonge, s'applique intimement sur la racine en voie de formation, et fournit, comme fait le périoste pour les os qui croissent en épaisseur, un blastème mou exsudé par les riches réseaux vasculaires qu'il renferme, blastème dans lequel se développent des cellules à noyau, et qui s'ossifie ensuite. Les premières traces du cément, qui par conséquent ne provient pas d'une ossification du sac dentaire lui-même, se sont montrées à moi, chez le nouveau-né, sous la forme de petites écailles isolées, arrondies ou ovalaires, qui adhéraient solidement à l'ivoire de la racine, encore très courte, et qui présentaient exactement l'aspect de la substance osseuse en voie de développement des os du crâne. De ces écailles , les plus petites avaient des cavités osseuses distinctes et une légère coloration jaunâtre, mais conservaient encore une mollesse et une transparence parfaite , et se confondaient insensiblement, parleurs bords, avec un blastème très pâle renfermant des noyaux ; dans les écailles plus larges, les bords étaient les mêmes, mais déjà la partie centrale était plus foncée et plus solide ; il y avait, en un mot, toutes les transitions possibles depuis les premières jusqu'à celles qui étaient parvenues à l'état d'os parfait, sans que l'on vît de dépôts de grumeaux calcaires. A mesure que la racine s'allonge, de nouvelles lamelles osseuses apparaissent , deviennent peu à peu confluentes de haut en bas, pour ne former enfin qu'une seule couche, à la face externe de laquelle s'applique, par le même procédé , la quantité de substance nécessaire pour donner au cément son épaisseur naturelle. Huxley prétend que le cément, lui aussi, se forme au-dessous de la membrane préformative ; mais il ne nous dit pas comment. Chez l'homme, il est certain que cela n'a pas lieu pour cette portion du cément qui renferme de véritables cellules osseuses, car elle est un dépôt qui provient du sac dentaire. Je ne serais pas éloigné d'admettre, au contraire, que certaines couches homogènes et sans cavités osseuses, qu'on rencontre surtout à la partie supérieure de la racine, et qu'on a considérées jusqu ici comme du cément, ressemblent davantage à l'ivoire sous le rapport du développement. Je ne saisis pas bien comment , chez les animaux où du cément avec cellules osseuses recouvre quelquefois la couronne, Huxley fait concorder le développement de ce cément à la face externe de l'émail, avec sa théorie de la formation du cément au-dessous de l'a membrane préformative. Il serait pour le moins hypothétique d'admettre qu'entre l'émail et la membrane préformative il naît une couche de cellules , et sans cette couche, sans la participation de certains éléments histologiques, on ne saurait concevoir ici la formation du cément, fait que Huxley lui-même se montre disposé à admettre (/oc. cit., p. 163).
La cuticule de l'émail doit être considérée, ainsi que nous l'avons vu plus haut, comme la membrane préformative demeurée intacte, et même un peu épaissie pendant le développement de la dent. Au niveau de la racine, la membrane préformative est recouverte par les dépôts de cément, et dans la suite elle disparaît comme couche distincte.
Pour terminer, jetons un coup d'œil sur les diverses substances qui composent la dent et sur leurs rapports réciproques. Nous voyons tout d'abord que ces substances, bien que se ressemblant par un certain nombre de caractères, ne peuvent cependant être réunies dans un même groupe de tissus. Il existe beaucoup plus d'analogies entre l'ivoire et le cément qu'entre ces deux substances et l'émail. L'ivoire est simplement du tissu osseux dont la substance fondamentale est formée de tissu interceîlulaire pur, et dont les cellules se sont transformées en longs canalicules anastomosés. Dans certains cas, le cément ou la substance osseuse et l'ivoire se rapprochent l'un de l'autre, et cela lorsque d'un côté l'ivoire est traversé par de nombreux canalicules de Hävers, et contient des cellules osseuses étoilées, et que , de l'autre côté, le cément présente soit des cellules très allongées avec de nombreux prolongements et des canaux vasculaires , soit des lacunes très rares au milieu de nombreux canalicules parallèles, analogues aux canalicules dentaires ; on conçoit dès lors que les
canalicules dentaires s'anastomosent souvent avec les cellules osseuses du cément. Sous le rapport du mode d'accroissement, les analogies ne sont pas moins grandes entre l'ivoire le cément et les os ; le germe dentaire correspond au périoste, les cellules de l'ivoire, à cette couche cellulaire qu'on voit au-dessous de ce dernier. V émail pourrait être comparé à l'ivoire qui ne contient pas de canalicules, comme celui qui constitue les couches extérieures des dents de poisson ; au moins est-il certain qu'il partage avec la substance fondamentale de l'ivoire ce caractère d'être "formé d'un plasma exsudé par les cellules. Quand l'émail présente des canaux, il ressemble beaucoup à l'ivoire ; mais ces canaux ont sans doute une tout autre signification que ceux de l'ivoire, car ils sont de simples cavités dues à une résorption. Le plus souvent l'émail n'a aucune analogie avec le cément ; mais il est du cément homogène, vaguement strié transversalement, qui ressemble quelque peu, extérieurement du moins, à l'émail, dont il se rapproche d'ailleurs parle mode de développement. Eu égard aux parties qui servent à la production des diverses substances dentaires, l'ivoire, développé dans la partie la plus vasculaire de la muqueuse buccale , est une véritable production muqueuse, l'émail une formation ëpithéliak, et le cément une substance tégumentaire fournie par la muqueuse.
§ 147. Propriétés physiologiques des dents. — La dent, complètement développée, est un organe dur, mais non déchu de tout mouvement nutritif, comme le démontrent surtout les diverses maladies auxquelles elle est sujette. Les canalicules dentaires et leurs ramifications, la cavité osseuse et les canalicules du cément , les interstices entre les prismes de l'émail, jouent dans les dents le même rôle que les cavités osseuses et leurs canalicules dans les os. Tous ces espaces sont remplis, pendant la vie, de liquides exsudés tant par les vaisseaux du germe dentaire que par ceux du périoste alvéolaire , liquides qui rendent possible un certain échange de suhstance, lent à la vérité. Il serait très difficile, pour le moment, de préciser la nature de cet échange ; cependant, de ce que l'ivoire arrivé à son état parlait ne se colore point par la garance (Hunter, Flourens et autres, voy. Henle, p. 878), on pourrait induire tout au moins que le mouvement nutritif dans les dents est beaucoup moins actif que les os ; peut-être, dans les premières, la matière calcaire ne se renouvelle-t-elle point, ou seulement d'une manière excessivement lente. Dans tous les cas, c'est l'ivoire, traversé par de nombreux canalicules anastomosés, qui présente la disposition la plus favorable à l'afflux des liquides; mais là, non plus que dans les os, il ne faudrait songer à une circulation régulière de ces fluides ; on doit admettre plutôt que suivant l'énergie du travail d'exsudation et de résorption du germe dentaire, suivant l'abondance des matériaux qui sont usés dans la dent elle-même, et de ceux qui sont fournis à l'émail et au cément, et peutêtre éliminés par ces substances, le mouvement des fluides éprouve de grandes variations. L'émail n'est point imperméable, mais il se laisse difficilement traverser par des liquides, comme le démontre ce fait que les nerfs du germe ne sont point affectés (agacés) par les acides aussi longtemps que la couche d'émail est intacte, mais bien lorsque l'ivoire est mis à nu, comme sur les incisives. L'émail est d'ailleurs la partie la plus dure de la dent; il renferme à peine de substance organique, et se montre souvent dépourvu d'un système de canaux. La cuticule de l'émail est encore plus