‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 149 sur 247 · GLANDES DE L'ESTOMAC. Ä · texte numérisé non relu

GLANDES DE L'ESTOMAC. Ä

simples ; mais jamais on ne rencontre de véritables glandes en grappe avec ramifications arborescentes du canal excréteur et vésicules terminales arrondies, bien que de telles glandes se voient encore dans la dernière portion de la muqueuse œsophagienne.

Les glandes muqueuses (fîg. 208, A) ne se rencontrent que dans cette région pâle de l'estomac qui avoisine le pylore : ce sont des utricules composés , ressemblant exactement aux glandes précédentes quant à la forme fondamentale, si ce n'est que tous leurs éléments sont plus volumineux. Mais les cellules à pepsine y font complètement défaut; les utricules terminaux, parfaitement cylindriques , sont remplis de courtes cellules

Fié. 20S.

cylindriques, dans la plupart desquelles on trouve des granulations graisseuses, de même qu'au cardia. Il n'y a point de glandes simples dans cette région; mais Donders parait avoir vu, dans certains cas, de véritables glandes en grappe tout près du pylore,

Fig. 208. — Glandes composées de l'estomac de l'homme. Grossissement de 100 diamètres.

A. Glande muqueuse de la partie pylorique de l'estomac.

B. Glande à suc gastrique de la région cardiaque. 1, conduit excréteur commun (stomach cell, Todd-Bowman) ; 2, utricules simples garnis en A de cellules epitheliales cylindriques, en B de cellules à pepsine.

C. Cellules à pepsine grossies 350 fois, a, grosses cellules; b, cellules plus petites.

Chez les animaux , comme Todd et Bowman l'ont montré d'abord sur le chien. Donders et moi sur beaucoup d'autres mammifères , les glandes de l'estomac sont partout de deux espèces : des glandes muqueuses à épithélium cylindrique, et des glandes à pepsine, à cellules analogues à celles qu'on rencontre chez l'homme. On trouvera la description détaillée de quelques-unes des formes de ces glandes dans mon Anatomie microscopique (II, 2, p. 1 40 et suiv.), et dans Donders (/oc. cit.).

Les deux formes de glandes de l'estomac répondent à deux produits de sécrétion dont les effets sont bien distincts : cette vérité, sur laquelle Wasmann avait le premier attiré l'attention, a été mise hors de doute par moi [Mikr. Anat., II, 2) et par Donders (loc. cit.). Chez le chien, on trouve des glandes à épithélium cylindrique près du pylore ; partout ailleurs ce sont des glandes à cellules arrondies ; il en est de même chez les ruminants, le cheval, le lièvre, le chat et le lapin. Chez le cochon, au contraire, ces dernières glandes n'existent qu'à la partie moyenne de l'estomac, particulièrement près de la grande courbure. Une série de digestions artificielles, que j'ai faites avec le docteur Göll (de Zurich), en me servant de préférence de la muqueuse stomacale du cochon, m'a conduit à ce résultat positif que les glandes se comportent d'une manière toute différente, relativement à leur pouvoir dissolvant ; que celles qui contiennent des cellules rondes , digèrent en très peu de temps les substances protéiques légèrement acidifiées, tandis que les glandes à cellules cylindriques n'ont aucune action sur les mêmes substances , ou ne produisent qu'un effet minime après un temps très long. De même aussi la portion de la muqueuse gastrique qui est le siège de la première espèce de glandes présente seule une réaction acide bien franche. Ces faits ont été vérifiés également sur l'homme par Donders et par moi. Le principe actif de nature organique, la pepsine, réside dans les cellules granulées arrondies des glandes à pepsine : il peut en être extrait au moyen de l'eau pure , mais surtout de l'eau légèrement acidulée : ces cellules méritent donc le nom de cellules à pepsine que leur a donné Frerichs. Celles qui garnissent la partie supérieure des glandes sont fréquemment expulsées vers l'extérieur pour concourir directement à la digestion. Ces cellules m'ont paru, chez l'homme, beaucoup plus petites que les cellules profondes, comme si elles résultaient d'une scission de ces dernières. D'autres fois toutes les cellules glandulaires restent en place, même pendant la digestion, et alors c'est la partie liquide du suc gastrique qui, en se portant au dehors, en extrait le principe actif.

Le mucus gastrique forme un enduit plus ou moins épais sur toute la muqueuse ; il est, en général, plus abondant au niveau des glandes muqueuses. Todd-Bowman, les premiers, ont avancé (Part. III, 1 847, p. 192) avec raison que ce mucus provient des cellules cylindriques de la surface et des glandes muqueuses de l'estomac. Ce fait a été vérifié plus tard par Donders et par moi. Ou bien le mucus transsude à travers les cellules, ou bien il est mis en liberté par les cellules qui éclatent. On voit souvent, en effet , un grand nombre de cellules rompues à la surface de l'estomac. Dans ce dernier cas, qui ne se présente point pour les glandes elles-mêmes, comment se fait la régénération de l' épithélium ? On ne le sait guère. Il est probable que les cylindres , avant d'être éliminés , se divisent dans le sens transversal , et que le segment externe est seul expulsé : très souvent, en effet, on trouve deux noyaux dans une même cellule. Peut-être aussi les cellules se vident-elles de leur mucus sans se détacher, ainsi que l'admettent Todd-Bowman, et cela en se perçant à leur extrémité libre d'une ouverture, qu'effectivement on rencontre très fréquemment sur les cellules éliminées.

D'après Berlin, plusieurs espèces de glandes existeraient dans l'estomac des oiseaux. Les plus anciennement connues sont les glandes folliculeuses composées de l'estomac glanduleux : elles sont formées d'un canal central, simple ou ramifié, d'où partent une foule d'utricules dirigés perpendiculairement à son axe et garnis d'une couche épaisse de cellules épithéliales cylindriques : ces glandes sécrètent, en éliminant leur épithélium, un liquide neutre contenant de la pepsine. De petits utricules simples, tapissés d'un épithélium cylindrique, se trouvent disséminés entre les glandes

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