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CONDUITS EXCRETEURS DE LA BILE

de la veine porte, comme les branches d'un arbre ; on peut les suivre assez profondément par la dissection à l'aide du scalpel ; le microscope permet de les poursuivre jusqu'aux lobules, sur des foies frais ou sur des foies injectés. Avant leur arrivée aux lobules , les conduits hépatiques ne s'anastomosent point entre eux , ou bien ils ne présentent que de rares anastomoses. Les conduits interlobulaires , au contraire, comme on les a nommés, forment des réseaux qui entourent les îlots hépatiques qui ont de 0mm,02Zi à 0mm,019 de diamètre, donnent naissance à des rameaux de 0mm,022 à 0mni,019 de diamètre ; ces rameaux, peu considérables en nombre, se rendent aux îlots hépatiques et se mettent en rapport avec les réseaux des cellules hépatiques suivant le mode précédemment décrit. Les canaux biliaires les plus fins observés par moi au microscope (voy. § I6Z1), et qui avaient 0mm,022 do diamètre et 0mm,0072 de calibre intérieur, sont sans doute, en partie du moins, les mêmes que ceux qu'on a injectés et considérés comme les origines des prétendus conduits biliaires des lobules hépatiques.

Tous les conduits hépatiques (jusqu'à ceux qui n'ont que 0mm,22 de diamètre) consistent en une membrane fibreuse composée d'un tissu conjonctif dense contenant de nombreux noyaux et des fibrilles élastiques, et en un épithélium à cylindres de 0mm,022 d'épaisseur; dans les canaux qui ont moins de 0n"",09 h Omm,ll, cet épithélium se transforme insensiblement en épithélium pavimenteux. Le canal hépatique et le canal cystique sont constitués de la même manière; seulement les parois de ces canaux sont proportionnellement plus minces et peuvent être nettement divisées en une membrane muqueuse, et en une couche fibreuse dans laquelle on distingue quelques fibrcs-ccllules musculaires : il faut dire toutefois que ces fibres-cel lules y sont très clair-semées , et qu'il ne peut pas être question, dans ces canaux, d'une tunique musculeuse propre.

La vésicule biliaire possède, entre son enveloppe peritoneale et le tissu sousséreux , une mince couche musculeuse dont les fibres-cellules (de 0""",07 à 0",m,09 de longueur), dirigées en long et en travers, n'offrent que des noyaux indistincts.

La membrane muqueuse de la vésicule biliaire se distingue par un grand nombre de petits plis plus ou moins saillants, réunis en réseaux, et dans lesquels on trouve un réseau capillaire tout h fait pareil à celui des villosités intestinales. La muqueuse possède également un épithélium cylindrique dont les cellules, ainsi que les membranes de la vésicule, sont souvent teintes par labile, et dont les noyaux ne sont pas toujours distincts.

Les voies biliaires contiennent dans l'épaisseur de leurs parois une grande quantité de petites glandes en grappe jaunâtres, ou glandes des canaux biliaires, dont les éléments vésiculeux ont de 0mm,035 à 0""",052 de diamètre, et ne diffèrent pas essentiellement des autres petites glandes en grappe. Dans le conduit hépatique , dans le conduit cholédoque et dans la partie inférieure du conduit cystique, les glandes , placées dans l'épaisseur de la membrane fibreuse ou à sa face externe , sont très nombreuses ; elles ont de 0mm,55 à 2n,m,2 de diamètre ou plus ; elles s'ouvrent par des orifices

uniques ou multiples, visibles à l'œil nu (de 0tDU,,2 à 0mm,3) : ces orifices donnent à la membrane muqueuse de ces canaux une apparence réticulée. A la partie supérieure du canal cystique les glandes sont rares, et dans la vésicule biliaire, où quelques-uns prétendent les avoir rencontrées, elles sont loin d'être constantes. On trouve, au contraire, des glandes jusque dans les rameaux du canal hépatique qui n'ont que ü",m,7 de diamètre; ces glandes s'ouvrent en partie par des orifices fins disposés suivant deux séries.

Nous devons mentionner ici quelques rameaux spéciaux des conduits biliaires, les casa aberrantia (E.-H. Weber) : 1° Dans le ligament triangulaire gauche du foie ces rameaux existent au nombre de six à dix ou plus ; ils ont de 0"m,01 3 à 0""",057 de diamètre, et consistent en une membrane fibreuse et en petites cellules. Ferrein et Kicrnan les ont vus s'étendre jusqu'au diaphragme ; ordinairement ils n'atteignent que la partie moyenne environ du ligament triangulaire, où ils se ramifient pour former des réseaux ou s'anastomoser en anses. D'après Theile, on voit parfois des canaux biliaires d'un certain volume se diriger jusqu'aux limites du lobe gauche du foie, sans entrer dans le ligament triangulaire. 2° On trouve des canaux biliaires anastomosés dans le mésentère qui réunit le lobe de Spiegel et le lobe droit du foie, derrière la veine cave inférieure ; on en trouve encore dans le pont membraneux qui recouvre souvent la veine ombilicale , et aussi au bord de la fossette de la vésicule biliaire. 3° Dans le sillon transverse du foie, d'après E.-H. Weber, il se détache des branches gauches et droites du canal hépatique et de leurs rameaux une grande quantité de fins ramuscules s'étendant dans le tissu conjonctif qui recouvre le sillon transverse, et formant ainsi un réseau qui réunit la branche gauche et la branche droite du canal hépatique. Quelques rameaux peu considérables de ces conduits biliaires se terminent en cul-de-sac àleur extrémité renflée, de 0""", 088 à 0""n,12 de diamètre, et présentent sur leurs parois une multitude de prolongements arrondis qui, analogues à ceux qu'on aperçoit sur les parois des plus petits rameaux bronchiques, paraissent consister en cellules aplaties communiquant largement avec la cavité des canaux. Les parties que Weber a considérées comme des vasa aberrantia ont été décrites plus tard par Theile comme des glandes des canaux biliaires. Theile dit que les glandes très allongées ne présentent pas seulement des inflexions en divers sens; elles se ramifient aussi , et leurs branches de bifurcation peuvent s'anastomoser soit entre elles, soif avec celles des glandes voisines. Cela peut être observé, suivant lui, dans les glandes des canaux biliaires d'un certain volume , mais surtout dans le tissu conjonctif du sillon transverse, où les réseaux glandulaires communiquent avec les deux branches du eannl hépatique. Dans un travail plus récent, Weber défend sa première opinion. Il objecte principalement à Theile que nulle part ailleurs on ne voit les conduits excréteurs des glandes muqueuses former des réseaux, que les conduits excréteurs d'une glande n'entrent point en communication avec les conduits d'une autre glande, et enfin que, chez le nouveau-né , bien qu'on trouve dans le sillon transverse un réseau des conduits biliaires, cependant les rameaux à extrémités fermées et renflées manquent presque complètement.

On ne sait pas encore d'une manière bien précise comment se comportent les plus fines ramifications des canaux hépatiques ou oies conduits interlobulaires de Kiernan. Nous avons déjà insisté sur ce point dans le § 16 4 . Je veux seulement rappeler ici que les mis (N. Guillot, par exemple) auraient vu non-seulement les anastomoses des conduits interlobulaires, mais encore celles des rameaux fournis par ces conduits, tandis que d'autres (Theile, par exemple) ne décrivent que de rares connexions entre ces conduits. En ce qui me concerne, il est vrai que j'ai vu des conduits interlobulaires s'anastomoser, mais les rameaux de ces conduits auxquels on peut donner le nom de rameaux lobulaircs, bien qu'on ne puisse les poursuivre que jusqu'à la sur-

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