VAISSEAUX ET NEHFS DU FOIE
s'injectent, et par l'artère hépatique et par la veine porte, tandis qu'on ne réussit point à les remplir par les veines sus-hépatiques.
2° Rameaux consulaires. Abstraction faite de quelques branches qui se détachent de l'artère hépatique avant son entrée dans le foie, et qui se rendent dans le sillon du canal veineux, dans le ligament rond et dans le ligament suspenseur du foie, tous les rameaux artériels de l'enveloppe du foie sont les terminaisons de certaines branches qui se distribuent dans le foie, et qui, à divers endroits, passent entre les îlots pour devenir superficiels. A leur point d'émergence, et déjà un peu avant , ces branches, qui ont chez l'adulte 1/30 , 1/20 de ligne (Theile) et chez l'enfant 1 /5 de ligne, se divisent en trois à cinq ramuscules, qui s'en séparent comme les branches d'une étoile ; ces ramuscules sont remarquables par leur trajet tortueux ; ils s'anastomosent un grand nombre de t'ois entre eux, et recouvrent ainsi d'un beau réseau artériel toute la surface du foie jusqu'aux gros troncs veineux (veines hépatiques, veine porte, veine cave inférieure), et les sillons et bords du foie. En définitive, ces artères forment partout un plexus capillaire à larges mailles, et se continuent en un grand nombre de points, peut-être partout, avec des veines qui affectent un trajet rétrograde, pénètrent dans l'épaisseur du foie, et s'ouvrent dans des rameaux de la veine porte. Il y aurait donc aussi, conséquemment, des veines capsulaires afférentes, ou des radicules de la veine porte provenant de l'enveloppe du foie. Les artères et les veines de la capsule du foie s'anastomosent d'une part, à leurs terminaisons, avec les rameaux des artères mammaire interne, phrénique, cystique, et même capsulaire et rénale droite (Theile) ; d'autre part, dans les sillons du foie, elles communiquent avec celles de la capsule de Glisson, de la veine cave et des veines hépatiques.
3° Rameaux lobulaires. Chaque rameau interlobulaire de la veine porte est accompagné d'un ramuscule de l'artère hépatique de 1/130 de ligne tout au plus de diamètre (Theile) ; ce ramuscule, chez le cochon, se divise en artérioles très ténues et anastomosées dans les cloisons membraneuses qui séparent les lobules, et se continue directement avec la portion périphérique du réseau capillaire des îlots ou lobules qui, comme nous l'avons vu, est
FlG.
Fig. 228. — Réseau artériel d'une portion de la face convexe d'un foie d'enfant. Grandeur naturelle.
formé par la veine porte. Ainsi le sang artériel, en petite quantité à la vérité, participe également à la sécrétion de la bile, et l'artère hépatique est bien différente en cela des artères bronchiques, dont le sang revient au cœur par des veines spéciales.
Les vaisseaux lymphatiques du foie sont très nombreux ; ils forment un réseau superficiel, situé au-dessous du péritoine, et des vaisseaux profonds qui accompagnent la veine porte et, chez les animaux du moins, les veines sus-hépatiques. Ces deux ordres de vaisseaux communiquent ensemble et aboutissent en partie à des ganglions pectoraux, après avoir traversé le diaphragme, en partie à de petits ganglions situés dans le sillon transverse et aux plexus intestinaux. Les lymphatiques sont aussi très nombreux sur la vésicule biliaire.
Les nerfs du foie sont très nombreux ; ils naissent du grand sympathique et un peu du nerf vague, et se distribuent principalement avec l'artère hépatique, qu'ils entourent de réseaux nerveux plus ou moins serrés, dépourvus de ganglions. Ces réseaux contiennent un grand nombre de tubes minces et de fibres de Remak; mais on y trouve toujours quelques tubes larges. On peut les suivre : 1° sur la vésicule biliaire et sur les gros conduits biliaires; 2° dans la capsule de Glisson jusque sur les artères interlobulaires, où leurs ramuscules les plus fins, de 0mm,018 à 0mm,027 de diamètre, ne sont plus composés que de fibres à noyaux ; 3° sur les veines hépatiques, et enfin kn dans les enveloppes de l'organe.
§ 167. Développement du foie. — En tenant compte des derniers travaux de Bischoff et de Remak, on peut se représenter de la manière suivante le développement du foie. Les premiers rudiments du foie apparaissent de très bonne heure (vers la cinquante-cinquième ou la cinquante-huitième heure chez le poulet, un peu après les corps de Woîff et l'allantoïde, chez les mammifères); ils se composent de deux masses celluleuses, l'une externe, issue delà membrane fibreuse de l'intestin, l'autre interne ou épithéliale, qui circonscrivent un canal, simple dans l'origine, bifurqué peu de temps après. La couche épithéliale se compose primitivement, comme dans l'intestin, de cellules arrondies, peut-être stratifiées. En se multipliant, ces cellules forment des espèces de bourgeons pleins qui plongent dans la couche externe ; ce sont les cylindres hépatiques de Remak qui, en môme temps qu'ils prennent de l'accroissement, se ramifient et s'anastomosent entre eux. Les cellules de la couche externe, contenues dans les mailles de ce réseau, ne se multiplient pas moins pendant ce temps, et se transforment successivement en vaisseaux, en nerfs, en tissu conjonctif, etc. Mais comment ce parenchyme spécial et réticulé de cellules et de vaisseaux parvientil à constituer le foie tel que nous l'observons plus tard? L'explication n'est pas aisée. En premier lieu, pour ce qui concerne les réseaux de cellules hépatiques et les lobules ou îlots du foie développé, ils résultent manifestement des cylindres hépatiques primitifs, dont l'accroissement a fait de nouveaux progrès, et dont les cellules, se multipliant sans cesse, ont formé
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constamment de nouveaux bourgeons qui, à leur tour, se sont anastomosés en réseau avec les premiers ; il résulte de là que le réseau des cellules hépatiques qui constitue le foie parfait, provient directement du réseau primitif. Nos renseignements sont encore incomplets quant à divers points de détail du développement des réseaux de cellules hépatiques ; ce développement paraît possible de plusieurs manières un peu différentes. Dans certains cas, le réseau des cellules hépatiques, à une époque un peu avancée, ne présente plus de prolongements cylindriques et terminés par une extrémité libre, de sorte qu'il paraît s'accroître par apposition continuelle de nouvelles mailles sur ses bords, peut-être aussi par allongement incessant des mailles déjà existantes, et formation non interrompue de nouvelles anastomoses entre elles, C'est là ce qui se passe, si j'ai bien observé, chez l'homme, où il m'a été impossible, dans la septième semaine, de trouver des cylindres hépatiques terminés par une extrémité libre. D'autres fois de tels cylindres se montrent pendant fort longtemps, peut-être jusqu'à une époque voisine de l'état parfait, et leur développement paraît précéder celui de nouvelles anastomoses circonscrivant un certain espace ; c'est le cas du poulet, des oiseaux et, d'après J. Müller, de quelques mammifères. Les figures que Müller a données des cylindres hépatiques chez ces derniers les représentent groupés en lobules. Peut-être aussi ces cylindres donnent-ils l'explication des observations de E.-H. Weber et Krause, qui disent avoir vu les canalicules biliaires se terminer en cul-de-sac à la superficie du foie. Les canaux biliaires ne sont autre chose, bien certainement, que des excavations secondaires formées dans une partie des cylindres hépatiques primitivement pleins et dans les cordons qui a voisinent la première dépression en doigt de gant de la couche epitheliale ; ces cavités croissent du canal excréteur commun vers les branches, et se développent comme dans toutes les autres glandes, c'est-à-dire soit par liquéfaction des cellules internes, formant les rudiments en question, soit par sécrétion d'un liquide entre ces cellules et formation consécutive d'une cavité. Dans cette hypothèse, un seul point resterait inexpliqué, c'est que, d'après Remak, tous les cylindres hépatiques, même les plus gros, s'anastomosent entre eux, tandis que les canaux biliaires, comme on sait, sont simplement ramifiés et non anastomosés. Il faudrait donc admettre que, dans le cours du développement, les ana stomoses des grands cylindres hépatiques primitifs ne suivent pas la marche croissante des autres parties, qu'au contraire elles se résorbent, fait qui trouve son analogue dans une foule d'autres phénomènes de la vie fœtale. Il faut peut-être faire une exception pour l'homme, car il me semble que les anastomoses décrites par E.-H. Weber entre le conduit hépatique droit et celui du côté gauche, dans le sillon transverse du foie, trouvent une explication satisfaisante dans les observations de Remak, et ne sont autre chose que les anastomoses entre ces canaux qu'on observe chez le fœtus et qui sont arrivées à un certain degré de développement, bien que peu avancé. Le développement des membranes fibreuses des canaux biliaires se conçoit aisément quand on songe de quelle manière les réseaux de cylindres hepa-
tiques et la couche fibreuse du foie se pénètrent mutuellement, de sorte que des éléments du t'oie les plus voisins des cylindres hépatiques il peut se former aisément des couches de tissu conjonctif, etc. Le développement des vaisseaux, des nerfs, etc., se comprend également sans peine, et se fait comme dans les autres organes. La vésicule biliaire, d'après Remak, est dans l'origine une excroissance solide de l'un des conduits hépatiques, excroissance «qui devient creuse dans la suite et grossit très rapidement. J'ai remarqué que les plis dont est garnie la muqueuse de cette vésicule existaient déjà chez un fœtus humain de cinq mois.
L'élude du foie sera faite d'abord sur le cochon, où la séparation nette de l'organe en lobules facilite singulièrement la détermination des connexions entre le parenchvme sécréteur et les vaisseaux et conduits hépatiques. Les cellules hépatiques sont très faciles à obtenir chez tous les animaux, soit à l'état d'isolement, soit en séries, en fragments de réseaux; mais pour saisir convenablement leur mode de coordination, le meilleur moyen consiste à pratiquer, avec le couteau double, des sections très minces sur un foie frais; des coupes faites à main libre avec un rasoir ne sauraient les remplacer en aucune façon, même si l'on se servait d'un foie qu'on aurait fait durcir préalablement dans l'alcool, l'acide pyroligneux, l'acide chromique, etc. Ce n'est pas à dire que ces dernières ne puissent montrer les réseaux de cellules hépatiques, qu'on distingue même, à la lumière directe, sur des fragments de foie opaques; mais elles ne sauraient en donner une idée complète. Les rameaux biliaires les plus fins ne sont pas faciles à trouver; mais sur des tranches qui intéressent à la fois plusieurs lobules, on découvrira, en cherchant attentivement, sur la plupart des préparations, au bord des lobules, quelques fragments de ces canaux, faciles à reconnaître à leurs petites cellules polygonales ; peut-être aussi, en multipliant les recherches, trouvera-t-on un de ces fragments en rapport avec son réseau des cellules hépatiques ; je n'ai pas encore eu ce bonheur. Les canaux plus volumineux ne présentent point de difficulté. Les glandes de ces canaux sont visibles en partie à l'œil nu, en partie seulement après addition de soude caustique; les anastomoses de Weber entre les deux canaux hépatiques, dans la scissure transverse du foie, se reconnaissent sur de bonnes injections. Les vasa aberrantia du ligament triangulaire gauche et des autres régions peuvent être aperçus même sur des pièces non injectées, traitées par l'acide acétique ou la soude. Les nerfs et les vaisseaux lymphatiques du foie font très faciles à voir, même chez l'homme; nous ne parlons pas, bien entendu, des portions les plus ténues de ces éléments. L'étude des vaisseaux exige de bonnes injections, pour lesquelles je recommanderai surtout, chez l'homme, des- foies d'enfant, où l'on obtient de magnifiques ramifications de l'artère hépatique dans le péritoine, sur les vaisseaux, etc. Le réseau capillaire des lobules s'injecte facilement avec une masse fine ; d'ailleurs d'excellentes injections, faites par divers anatomistes, se trouvent répandues partout.
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STRUCTURE DU PANCREAS.
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SECTION III