DU PANCRÉAS
§ 168. structBBre dm pancréas. — Le pancréas est une glande en grappe composée, qui ressemble si exactement aux glandes salivaires, qu'il suffira de peu de mots pour en faire connaître les caractères essentiels. Comme dans toutes les glandes en grappe, on distingue très facilement dans le pancréas des lobules de divers ordres, dont les plus petits sont composés de vésicules glandulaires. Ces vésicules, dans la glande en question, sont remarquables par leur volume (0nim,05 à 0""",09 de diamètre) et par leur forme généralement arrondie. Elles sont composées d'une membrane propre et d'un épithélium pavimenteux, formé de cellules qui renferment : 1° une substance précipitable par l'acide acétique, mais soluble dans un excès de ce réactif, et qui est probablement la même que la matière protéique du suc pancréatique ; 2° une foule de granulations graisseuses qui donnent aux vésicules un aspect foncé, et les font paraître remplies de cellules. Les canaux excréteurs du pancréas ont des parois minces et blanchâtres; ils ont, du reste, avec les vésicules sécrétoires les mêmes connexions que dans les autres glandes en grappe ; en se réunissant successivement, ils forment le canal de Wirsung. Leurs parois sont formées uniquement de tissu conjonctif et de fibres élastiques, et tapissées intérieurement d'un épitbélium composé de petites cellules cylindriques dont les dimensions dépassent rarement ()"•'", 01 6 à 0mm,018 pour la longueur, et 0nim,Ô05 pour la largeur. Dans l'épaisseur des parois du canal de Wirsung et de ses branches principales, on trouve de petites glandes en grappe de ()""", \U à 0""",18 de diamètre, dont les vésicules ont 0""",034 à 0""",05, et contiennent un épitbélium peu riche en graisse ; ces glandes, en nombre assez considérable, ne sont autre chose que des glandes muqueuses, analogues à celles qu'on trouve clans les voies biliaires. Suivant Verneuil, le canal excréteur de la tête du pancréas s'ouvre par une de ses extrémités dans le canal principal de la glande, par l'autre dans l'intestin ; l'orifice intestinal, qui est très fin, est situé au-dessus ou
au-dessous de celui du canal de Wirsung : il existe donc une sorte de canal pancréatique ajz^os(Verneuil)(voy. Bonamy et Beau, III, pl. 34). Le pancréas possède, comme toutes les glandes, une enveloppe formée d'un tissu conjonctif plus ou moins graisseux, et dans laquelle se ramifient les vaisseaux
et les nerfs. Les vaisseaux affectent la même distribution que dans la parotide ; les lymphatiques y paraissent seulement plus abondants.
Quant aux nerfs, ils accompagnent simplement les vaisseaux ; ils proviennent du grand sympathique et se composent de fibres fines avec quelques fibres de moyen calibre. Le suc pancréatique est complètement liquide à l'état normal ; ce n'est que par hasard qu'on y trouve des éléments solides , tels que des cellules d'épithélium, provenant des vésicules glandulaires ou des canaux excréteurs. Le pancréas naît de la paroi postérieure du duodénum, par une dépression en doigt de gant qui s'y forme, et dont le développement ultérieur suit la même marche que dans les glandes salivaires. Mais comme le pancréas constitue, dès l'origine, une masse beaucoup plus compacte , il en résulte qu'il est plus difficile d'étudier la structure de ses diverses parties.
V élude du pancréas ne présente aucune difficulté; chez l'homme, cependant, on est souvent incommodé par la graisse qui remplit les cellules épithéliales des vésicules glandulaires. C'est pourquoi il importe de ne pas négliger l'étude du pancréas chez les mammifères (lapin, souris), où cet organe contient généralement moins de graisse. Les glandules des canaux excréteurs se voient très bien quand on traite ces derniers par l'acide acétique.
Bibliographie. — A. Yerneuil, Mém. sur Vanat. du pancréas, dans Gaz. méd., 1851, n03 23 et 26.
SECTION IV
de la Rate.
§ 169. structure générale. — La rate est une glande vasculaire sanguine qui joue un certain rôle dans le renouvellement du sang et probablement
Fig. 229. —
Vaisseaux du pancréas, chez le lapin. Grossissement de 45 diamètres.