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ENVELOPPES DE LA RATE ET TRABÉCULES

aussi dans la sécrétion de la bile. La rate est constituée par une enveloppe fibreuse et séreuse, et par un parenchyme mou composé principalement de cloisons solides {trabécules spléniques) disposées en forme de réseaux, et d'une substance rouge {pulpe splénique) renfermée dans les mailles des trabécules. Dans la pulpe splénique on trouve, en outre, un grand nombre de corpuscules particuliers, de couleur blanchâtre [corpuscules de la rate). La rate, enfin, contient une foule de vaisseaux et un certain nombre de nerfs.

§ 170. Enveloppes de la rate et trahéenles. — \J enveloppe peritoneale

recouvre toute la surface de la rate, à l'exception du bile, où le péritoine se réfléchit sur les vaisseaux et les nerfs spléniques et se porte sur le grand cul-de-sac de l'estomac en formant l'épiploon gastro-splénique, et de la partie supérieure de la rate, où il constitue le ligament phrénico-spléniquc. L'enveloppe péritonéale de la rate est tellement adhérente, chez l'homme, avec l'enveloppe fibreuse sous-jacente (cette adhérence est moindre chez les ruminants), qu'on ne peut la détacher de l'organe que par lambeaux.

La membrane fibreuse [tunique albuginée ou tunique propre) enveloppe complètement la rate : c'est une membrane demi-transparente, assez mince, mais cependant très résistante. Au niveau du hile de la rate, cette enveloppe pénètre dans l'intérieur de l'organe en formant une gaine particulière (vagina vasorum), analogue à la capsule de Glisson, pour les vaisseaux, qu'elle accompagne jusqu'à leurs plus fines ramifications. Chez l'homme, l'enveloppe fibreuse consiste en un tissu conjonctif ordinaire, contenant de nombreux réseaux de fibres élastiques. D'après mes recherches, on trouve encore dans cette enveloppe, chez quelques animaux, une certaine quantité de fibres musculaires lisses: c'est ce qu'on peut observer chez le chien, le cochon, l'âne, le chat (ces fibres musculaires n'existent point chez le lapin, le cheval, le bœuf, le hérisson, le cochon d'Inde et la chauve-souris).

Les trabécules spléniques (tig. 230) sont des fibres blanches, brillantes, aplaties ou cylindriques, d'un diamètre moyen de 0n,m,2 à lm"',5; elles naissent en foule de la face profonde de l'enveloppe fibreuse, en nombre plus restreint de la surface externe des gaines fibreuses vasculaires, et s'unissent entre elles dans l'épaisseur de la rate, de manière à constituer un réseau qui s'étend dans tout l'organe. Les mailles circonscrites par le réseau des trabécules communiquent toutes entre elles ; elles renferment la

Fig. 230. — Coupe transversale faite vers la partie moyenne de la rate du bœuf adulte. Figure destinée à montrer les trabécules spléniques et leur disposition. Grandeur naturelle.

substance rouge de la rate ainsi que les corpuscules de la rate, et, bien qu'elles diffèrent beaucoup les unes des autres, elles présentent cependant, jusqu'à un certain point, la même forme et les mêmes dimensions. Les anciens anatomistes considéraient ces espaces comme des cavités régulières recouvertes d'une membrane et analogues à celles des corps caverneux du pénis. Sans doute il y a entre ces deux sortes de cavités une grande analogie, en ce sens qu'elles sont bornées par des trabécules disposées de la même manière ; mais dans la rate ces cavités ne sont point tapissées d'une membrane, ainsi qu'il est aisé de s'en convaincre sur des fragments de rate dont la pulpe a été enlevée par le lavage. Une semblable préparation constitue le meilleur moyen d'étude pour arriver à la connaissance de la disposition et de la liaison des trabécules, On y voit facilement que les trabécules. quoique d'un calibre très différent, ne se ramifient point à la manière des vaisseaux, et qu'elles se lient entre elles d'une manière tout à fait irrégulière. Là où quatre ou cinq (ou plus) de ces trabécules de dimensions inégales se réunissent, on trouve ordinairement un petit tubercule aplati et cylindrique, semblable à un ganglion nerveux. Ces petits tubercules se rencontrent plus fréquemment au voisinage de la surface de l'organe que dans les parties profondes et vers le bile; dans ces derniers points, les gros vaisseaux du parenchyme forment en effet un soutien suffisant, et l'union solide des trabécules est moins nécessaire.

La structure des trabécules de la rate est tout à fait la même, chez l'homme, que celle de l'enveloppe fibreuse ; ces trabécules sont constituées par un tissu conjonctif à fibres longitudinales, accompagné de fibres élastiques fines. Chez les animaux, ainsi que je l'ai montré en l'année 1846, on trouve aussi dans les trabécules des fibres musculaires lisses à direction longitudinale ; tantôt ces fibres existent dans toutes les trabécules (cochon, chien, chat), tantôt on n'en rencontre que dans les plus petites d'entre elles (bœuf;. Ces fibres musculaires n'appartiennent point aux parois des vaisseaux ainsi que Hlasek le suppose. (Consultez, pour plus de détails, le grand ouvrage de A. Kolliker, Mikr. Anat., II, 2, p. 256.)

§ 171. Corpuscules de la rate, ou corpuscules de Jlalpighi. — Les

corpuscules de la rate [vésicules de la rate, glandules de la rate) sont des petits corps blancs, arrondis, qu'on trouve au milieu de la substance rouge de la rate, en connexion avec les artères d'un petit volume. On voit très nettement ces corpuscules dans les rates fraîches et saines ; on ne les trouve plus, ou on ne les trouve que rarement chez les individus qui ont succombé à des maladies ou après une abstinence prolongée. Cela explique pourquoi Hessling n'a rencontré ces corpuscules que 116 fois sur 960 sujets; pourquoi, sur les sujets d'un à deux ans, il les a observés dans la moitié des cas, sur les sujets de deux à dix ans une fois sur 3, sur les sujets de dix à quatorze ans une fois sur 16, et enfin sur les sujets de quatorze ans et au delà seulement une fois sur 32. Sur les individus qui sont morts subitement, soit par accident, soit par suicide, soit par exécution judiciaire (j'ai observé quatre sujets

CORPUSCULES DE LA HAÏE. rl93

appartenant à cette dernière catégorie), les corpuscules de la rate ne manquent jamais ; il en est de même chez la plupart des enfants. Dans ces diverses circonstances, ils sont aussi nombreux et aussi distincts que chez les mammifères. La grosseur des corpuscules de la rate, chez l'homme et chez les animaux, varie dans une certaine mesure; jusqu'à présent on a généralement exagéré leurs dimensions, parce qu'on ne les isolait pas suffisamment. Leur diamètre est de Din,n,22 à 0",m,73 (en moyenne, 0mm,36). Il est possible que ces différences de dimensions dépendent de l'état de l'appareil chylifère, et que les corpuscules soient plus volumineux après la digestion qu'ils ne l'étaient avant. Cependant je les ai trouvés, ainsi que Ecker, complètement développés chez des animaux à jeun, et l'influence de l'époque digestive ne peut être étudiée dans l'espèce humaine.

Les corpuscules de Malpighi se trouvent au milieu de la substance rouge de la rate, dont on ne peut qu'à peine les isoler complètement; mais tou jours ils son unis à un rameau artériel (fig. 231). Tantôt ils sont appliqués directement sur le côté d'un petit vaisseau , tantôt on le rencontre dans l'angle de séparation de deux petits vaisseaux , tantôt enfin [ils paraissent comme pédiculés. Dans ce dernier cas, le pédicule se présente d'ailleurs avec les caractères d'un rameau artériel. Leur nombre est considérable ; les rameaux artériels de 0"'m,(Ki à 0n,u,,09 de diamètre portent de cinq à dix corpuscules.

Lorsqu'on a séparé de la pulpe splénique une petite artère et les corpuscules qu'elle porte, la pièce ressemble à une petite grappe très élégante (fig. 231). Quand on a supposé qu'il y avait un corpuscule pour k à 6 millimètres cubes de pulpe splénique, je pense qu'on a fait une estimation plutôt trop basse que trop élevée.

Quant à leur structure intime, les corpuscules de Malpighi sont formés d'une enveloppe et d'un contenu ; ce sont par conséquent des vésicules (voy. fig. 232). La membrane d'enveloppe est incolore, transparente, d'une épaisseur de 0""",002 à 0m,",005, et limitée partout par deux contours entre lesquels on aperçoit encore çà et là des lignes concentriques. L'enveloppe des corpuscules adhère intimement à la gaine des artères qui les suppor-

Fig. 231. — Portion d'une petite artère de la rate du chien, avec les corpuscules de Malpighi qui reposent sur ses rameaux. Grossissement de 10 diamètres.

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eurs avec cette gaine une grande analogie de structure ;

Fig. 232.

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elle est, en effet, constituée comme elle par un tissu conjonctif presque homogène contenant des fibres élastiques; quant aux fibres musculaires

lisses qui existent chez quelques animaux dans les gaines des vaisseaux, elles manquent dans les enveloppes dont nous parlons. Les corpuscules de Malpighi n'ont point d'épithélium à leur face interne ; ils sont complètement remplis par une substance liquide , visqueuse , gris blanchâtre. Cette substance contient : 1° une petite quantité d'un liquide transparent, neutre au papier de tournesol, et troublé par la chaleur (liquide albumineux); 2° un grand nombre de cellules arrongrandes et petites (de 0mm,007 à Ü""",01/i de diamètre), pâles, la plupart pourvues d'un seul noyau, et prenant une apparence granulée sous l'influence de l'eau; 3° un nombre plus ou moins considérable de noyaux libres. Indépendamment de ces cellules (qui contiennent souvent quelques granulations graisseuses, preuve manifeste d'un travail incessant de multiplication de cellules qui s'accomplit dans les corpuscules de Malpighi , on trouve encore parfois, dans ces derlobules du sang, modifiés ou non , libres ou emprisonnés dans des cellules. On peut trouver encore dans les corpuscules de la rate, ainsi queje l'ai vu en 1852 sur la rate du chat, de petits vaisseaux sanguins, comme dans les follicules de Peyer (voy. § 159). La même observation a été faite depuis par Sanders sur le cochon, par Gerlach sur la brebis, par Leydig sur la couleuvre, et par moi sur l'homme.

Les corpuscules de Malpighi sont des vésicules complètement closes ; leur constitution anatomique les rapproche des glandes solitaires ou des follicules de Peyer, déjà décrits, ainsi que des tonsilles et des ganglions lymphatiques; on peut, en conséquence, les considérer comme des follicules glandulaires. La présomption émise par beaucoup d'auteurs anciens et modernes, que ces follicules sont en connexion avec les vaisseaux lymphatiques, bien qu'elle soit vraisemblable, n'a pas encore été démontrée. Gerlach croyait autrefois que ces corpuscules sont les origines renflées des vaisseaux lymphatiques ; mais il a renoncé à cette opinion depuis que j'ai trouvé dans leur intérieur des vaisseaux sanguins, et il les regarde aujourd'hui comme des ganglions lymphatiques. Cette manière de voir serait à

Fig. 233 niers , des

Fig. 232. — Corpuscule de Malpighi de la rate du bœuf. Grossissement de 150 diamètres, a, paroi du corpuscule; b, contenu; c, paroi de l'artère sur laquelle le corpuscule est placé; d, gaîne de Fartère.

Fig. 233. — Contenu d'un corpuscule de Malpighi du bœuf. Grossissement de 350 diamètres, a, petites cellules; b, grosses cellules; c, noyaux libres.

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