VAISSEAUX AÉRIENS ET CELLULES AÉRIENNES
tissu sous- pleural ; ceux du feuillet pariétal sont moins nombreux, et naissent des intercostales et de la mammaire interne. Luschka a trouvé dans la plèvre des nerfs composés de tubes minces et de tubes larges ; il a pu les suivre, clans la partie externe de la membrane, jusqu'au nerf phrénique et à la portion thoracique du grand sympathique. J'ai rencontré moi-même, chez l'homme, dans la plèvre pulmonaire, des rameaux nerveux qui accompagnaient les divisions des artères bronchiques, et qui avaient jusqu'à 0mm,076 de largeur. Ces rameaux étaient composés de tubes fins ou de moyen calibre, et présentaient çà et là de grosses cellules ganglionnaires ; ils émanaient du plexus pulmonaire, et paraissaient fournis principalement par le nerf vague. Sur les bords du poumon, Luschka a trouvé des prolongements de la plèvre en forme de villosilés, analogues à ceux des capsules synoviales et renfermant parfois des vaisseaux et même des filaments nerveux.
§ 180. Canaux aériens et cellules aériennes. — Lorsque la bronche droite et la bronche gauche ont atteint la racine des poumons, elles commencent à se ramifier à la manière des conduits excréteurs d'une grosse glande, du foie, par exemple; les divisions se font, en général, dichotomiquement et à angle aigu , mais en même temps il se détache des parois des branches principales ou moyennes un grand nombre de petits canaux aériens qui s'en séparent à angle droit, et, de même que les branches terminales des canaux principaux, se divisent peu à peu en un faisceau de canalicules. Il résulte de là un arbre aérien extrêmement branchu; les ramuscules les plus ténus de cet arbre ne s'anastomosent point ensemble, ils se trouvent disséminés dans tout le poumon et se rencontrent partout , à la surface comme dans l'intérieur. Les derniers éléments des voies aériennes , les cellules aériennes ou pulmonaires {vésicules, cellules aériennes ou de Malpighi, alvéoles du poumon, Rossignol), sont unis aux extrémités de ces ramifications ultimes des bronches. Mais il n'est pas vrai, comme on l'a cru autrefois, que ces ramuscules terminaux aboutissent chacun à une vésicuie unique ; ils s'ouvrent tous dans des groupes entiers de vésicules, qui correspondent aux lobules les plus petits des glandes en grappe; il est, par conséquent, complètement inutile de désigner ces groupes de vésicules sous un nom
Fig. 239.
Fig. 239. — Deux petits lobules pulmonaires, a a, avec les cellules aériennes, bb, et les petites ramifications bronchiques, ce, sur lesquelles reposent également des vésicules pulmonaires. Chez un enfant nouveau-né. Grossissement de 25 diamètres. Figure demischématique.
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spécial, tel que celui d'in/undibula, que leur a donné Rossignol. Leur structure offre cependant quelque chose de particulier: en effet, taudis que dans les autres glandes les vésicules glandulaires, qui ne sont pas aussi complètement isolées qu'on se l'était figuré jusqu'ici, jouissent néanmoins d'une certaine indépendance, les éléments qui leur correspondent dans le poumon, c'est-à-dire les cellules aériennes, sont en quelque sorte confondues ensemble, si bien que les vésicules qui font partie d'un même lobule, au lieu de recevoir chacune un petit ramuscule bronchique distinct, s'ouvrent toutes dans une cavité commune, et ce n'est que de cette cavité que part un canalicule aérien. On peut se convaincre très facilement de la réalité de cette disposition en faisant des sections en divers sens sur un poumon insufflé et desséché, ou en injectant une masse résineuse colorée dans un poumon qu'on détruit ensuite par l'acide chlorhydrique. Sur ces préparations on ne trouve jamais de vésicules terminales ou pédiculées et s'ouvrant isolément dans une bronche ; toujours on voit les vésicules communiquer les unes avec les autres, et se fusionner tellement, qu'elles forment ensemble une sorte d'utricule fusiforme dont les parois présentent de nombreuses dépressions en cul-de-sac. Ces utricules, qui ne sont autre chose que les plus petits lobules pulmonaires ou les entonnoirs de Rossignol, ne doivent pas cependant être représentés comme des sacs dont les parois seraient garnies de cellules simples ou d'alvéoles très serrés les uns contre les autres; car ces alvéoles sont groupés de telle manière que certains d'entre eux ne communiquent point directement avec la cavité centrale, mais seulement par l'intermédiaire d'autres alvéoles. On peut se faire une idée très exacte de la disposition générale des lobules, en considérant chacun d'eux comme un petit poumon d'amphibie, ou en se figurant que les extrémités des bronches, qui vont en s'élargissant de plus en plus, sont garnies, à leur face externe, de nombreux groupes de vésicules en grappe, dont tous les éléments communiquent ensemble et avec une cavité commune. Dans cette manière de voir, la structure du poumon ne différerait que très peu de celle des autres glandes en grappe; il faut dire cependant que, chez l'adulte, du moins, les vésicules glandulaires ou cellules aériennes d'un même lobule semblent s'être confondues jusqu'à un certain point; en effet, les cloisons entre les vésicules, comme Adriani le fait remarquer avec raison, sont perforées par places et réduites à de simples trabécules. Les plus petits rameaux bronchiques qui naissent des lobules pulmonaires ont de 0mm,2 à 0,nm,3/i de largeur; ils sont encore garnis, à leur origine, de cellules aériennes simples, qu'on peut appeler ce\\u\es pariétales ; leurs parois présentent donc d'abord des dépressions en cul-de-sac, qui, il est vrai, disparaissent après un très court trajet; les canalicules bronchiques ont dès lors l'aspect régulier qu'ils présentent ordinairement. Le volume des cellules aériennes est très variable, même sur un poumon sain; après la mort, et en l'absence de toute insufflation, le diamètre des cellules comporte §, { à \ de millimètre. Mais grâce à l'élasticité de ses parois, chaque vésicule pulmonaire est susceptible de se dilater au point de devenir, sans se déchirer, deux ou trois fois plus volu-