‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 190 sur 247 · CANAL DÉFÉRENT, VÉSICULES SÉMINALES ET GLANDES ACCESSOIRES · texte numérisé non relu

CANAL DÉFÉRENT, VÉSICULES SÉMINALES ET GLANDES ACCESSOIRES

hypogastrique. Je me suis assuré de l'existence de ces nerfs, qui sont formés de fibres fines et de fibres de Remak, mais que je n'ai pu poursuivre clans l'intérieur du canal déférent.

Les conduits éjaculateurs et les vésicules sémin&kê présentent une structure fort analogue à celle du canal déférent, dont ces dernières ne sont, comme on sait, que des appendices terminés en caecum et garnis de prolongements verruqueux, tubuleux ou même arborescents. Les conduits éjaculateurs, dans leur partie supérieure, ont des parois musculeuses comme celles du canal déférent, mais plus minces. Vers la prostate, les tuniques s'amincissent encore davantage ; mais on retrouve, jusqu'à leur terminaison, des fibres musculaires mêlées à une quantité notable de tissu conjonctif et élastique. Les parois des vésicules séminales sont beaucoup plus minces que celles du canal déférent ; elles ont d'ailleurs exactement la même structure, si ce n'est que la membrane muqueuse, très distincte et vasculaire, offre dans toute son étendue des dépressions alvéolaires. Extérieurement, les vésicules séminales sont entourées d'une membrane formée en partie de tissu conjonctif seulement, en partie de tissu conjonctif et de fibres musculaires lisses : cette dernière conformation se voit notamment à la face postérieure. Cetîe enveloppe pénètre également enire les diverses circonvolutions des vésicules et les unit entre elles; elle forme de plus, entre les extrémités inférieures des deux vésicules, un large ruban musculeux. — Les vésicules séminales contiennent, à l'élat normal, un liquide transparent, légèrement visqueux, qui se transforme après la mort en une substance gélatiniforme, mais qui acquiert bientôt une fluidité parfaite. Ce liquide renferme une matière protéique très soluble dans l'acide acétique, évidemment la même que celle qui existe clans la portion liquide du sperme éjaculé. Très souvent j'ai rencontré, ainsi qu'un grand nombre d'observateurs, des spermatozoïdes dans les vésicules, dont la fonction principale est bien certainement de sécréter un liquide spécial. Les nerfs des vésicules séminales proviennent du grand sympathique et de la moelle épiniere, en outre d'un plexus très riche, plexus séminal, dont les filets pénètrent en partie dans les tuniques des vésicules, où il est impossible de les suivre, en partie dans la prostate, où ils constituent le plexus prostatique, qui reçoit également des tilets du plexus vésical et du plexus hypogastrique.

La prostate, d'après mes observations, est un organe tellement musculeux que la substance glandulaire forme à peine plus du tiers ou de la moitié de sa masse totale. En procédant de dedans en dehors, on rencontre d'abord une muqueuse fort mince, dont l'épithéliurïi est composé de deux couches, la plus superficielle formée de cellules cylindriques; en dedans de la muqueuse, et unie intimement avec elle, se trouve une couche de fibres longitudinales jaunâtres, étendue en partie entre le trigone vésical et la crête uréthrale, et en partie indépendante des muscles de la vessie : cette couche est formée en égale quantité de tissu conjonctif avec des fibres élastiques et de fibres musculaires lisses. On rencontre ensuite une épaisse couche de fibres circulaires qui se continue avec le sphincter vésical et qui s'élend

56h HISTOLOGIE SPÉCIALE.

jusqu'au caput gallinaginis ; cette couche a la même structure que la précédente, je l'appellerai sphincter de la prostate. Ces différents plans musculaires enlevés, on tombe enfin sur le véritable tissu glandulaire de la prostate, lequel forme par conséquent la portion la plus externe de l'organe, mais dont quelques lobules, cependant, plongent dans les couches musculeuses, et dont les nombreux canaux excréteurs traversent les fibres circulaires et longitudinales pour s'ouvrir sur les côtés du vcrumontanum. La substance glandulaire de la prostate est très dense et d'une couleur gris rougeàtre ; elle se divise assez facilement en fibres dans le sens du diamètre transversal de l'organe, ou, plus exactement, elle rayonne des côtés du verumontanum vers tous les points de la surface extérieure, et se compose, d'une part, d'un certain nombre de gros faisceaux, évidemment musculaires^ réunis par du tissu conjonctif, d'autre part, de glandules prostatiques. Celles-ci, au nombre de trente à cinquante, appartiennent aux glandes acineuses composées ; elles sont piriformes ou coniques, et se distinguent des glandes en grappes ordinaires par leur texture très lâche, par leurs vésicules nettement pédiculées et par leurs lobules primitifs peu développés, particularités qui tiennent en partie au tissu musculaire abondant, qui sépare leurs divers éléments. Les vésicules glandulaires sont piriformes ou sphériques; elles ont 0,nm,l à 0""",2 de diamètre, et sont revêtues intérieurement d'une couche de cellules épithéliales polygonales ou cylindriques, de Ömm,0l)9 à 0min,01 de hauteur, qui renferment des granulations pigmentaires brunâtres; l'épithélium des conduits excréteurs est formé de cellules cylindriques, comparables à celles de la portion prostatique de l'urèthre. La prostate paraît sécréter une matière analogue à celle que fournissent les vésicules séminales ; car, d'après Virchow, les concrétions connues sous le nom de calculs prostatiques seraient formées d'une substance protéique soluble dans l'acide acétique, et identique avec celle que l'on trouve dans les vésicules^séminales ; ces concrétions sont arrondies, composées de couches concentriques, et atteignent un diamètre de 0mm,07 à 0mm,2 et plus. — La prostate est enveloppée étroitement d'une membrane fibreuse riche en fibres musculaires lisses ; elle reçoit un nombre assez considérable de vaisseaux, parmi lesquels les nombreux capillaires qui entourent les glandules et un riche réseau veineux qui se trouve au-dessous de la muqueuse urethrale, méritent une mention spéciale. Le trajet des nerfs dans l'intérieur de la prostate est encore inconnu.

L'utérus mâle ou la vésicule prostatique, contenu dans le vérumontanum, entre les deux conduits éjaculateurs, présente des parois d'un blanc jaunâtre, composées principalement de tissu conjonctif et de fibrilles élastiques ; à ces éléments s'ajoutent, dans le col de l'utricule, quelques rares fibres musculaires lisses; ces fibres sont très abondantes dans le fond de l'organe, revêtu à sa face interne d'un épithélium cylindrique.

Les glandes de Cowper sont des glandes en grappe composées, compactes, dont les vésicules terminales ont 0mm,05 à 0""",1 de diamètre, et sont tapissées d'un épithélium pavimenteux, tandis que les canaux excré-

Page 1