‹ Éléments d'histologie humaine [electronic resource]Chapitre 209 sur 247 · ARTÈRES · texte numérisé non relu

ARTÈRES

de la tunique interne), et que traversent des réseaux élastiques plus ou moins serrés et à mailles longitudinales. Ordinairement ces réseaux deviennent de plus en plus denses, et leurs éléments plus gros, à mesure que l'on approche de la surface du vaisseau ; vers la tunique moyenne, on trouve soit une membrane élastique réticulée très serrée, soit une véritable membrane fenètree, plus ou inoins fibreuse, qui correspond évidemment à la membrane élastique interne des petites artères Immédiatement

Fig. 286.

au-dessous de 1 epithélium, ces réseaux élastiques sont tantôt très fins, et tantôt remplacés par une ou plusieurs couches hyalines, ou lames striées ; quand elles contiennent des noyaux, ces lames semblent formées de cellules épitheliales confondues; elles ressemblent, au contraire, à des mem branes élastiques pâles, lorsqu'elles sont homogènes et riépour vues de noyaux. — Dans la tunique à. fibres annulaires des grosses artères apparaît un élément nouveau : ce sont des lames ou membranes élastiques, qui, sauf la direction transversale de leurs fibres ressemblent parfaiten ent à la membrane élastique interne des petites artères, et qui se montrent tantôt sous la forme de réseaux serrés de gn^ses fibres élastiques, tantôt sous celle de membranes Pénétrées à fibres peu marquées. Ces membranes ont de 0""",0Ü2 à ü"'m,OÜ27 d'épaisseur, et leur nombre peut s'élever à 50 et 60 ; distantes de 0m,n,007 à 0m"\012 les unes des autres, elles alternent régulièrement avec des couches transversales de fibres musculaires lisses, traversées par du tissu conjonctif et par des réseaux de fibres élastiques de moyenne grosseur. Mais il ne serait pas exact de les représenter comme des tubes régulièrement emboîtés les uns des autres, et séparés par des fibres musculaires; car elles se continuent plus ou moins les unes avec les autres et avec les réseaux qui traversent les couches musculaires; d'un autre côté, il n'est pas rare de les voir interrompues par places, ou remplacées par des ré eaux élastiques ordinaires. C'est dans l'aorte abdomi-

Fig. 2^6. — Section transversale de l'aorte, au-dessous de la mésenterique supérieure, t, tunique interne; 2, tunique moyenne; 3, tunique externe, o, epithélium; b, lames striées; c, membranes élastiques delà tunique interne; d, lames élastiques de la tunique moyenne; e, flbres musculaires et tissu cunjouctif de celte dernière ; f, réseaux élastiques de la tunique externe. — Chez l'homme, grossissement de 30 diamètres ; traitée par l'acide acétique .

nale, le tronc innommé, la carotide primitive, et dans les plus petites artères de ce groupe, que ces lames élastiques présentent le plus de netteté et de régularité ; mais il y a, sous ce rapport, de grandes différences individuelles : ce n'est donc qu'en se fondant sur des observations très nombreuses qu'il sera permis d'établir des propositions générales (fig. 287). Un autre caractère distinctif de la tunique moyenne, c'est le peu de développement de ses éléments musculaires. On trouve, à la vérité, des fibres-cellules contractiles dans toutes les couches de la tunique moyenne, même sur les artères les plus volumineuses; mais comparées aux autres éléments de cette tunique, aux lames élastiques, au tissu conjonctif et aux réseaux de fibres élastiques fines, ces fibres-cellules ne forment qu'une portion insignifiante de la membrane

(| — J); et d'ailleurs, elles sont si peu développées qu'il paraît douteux qu'elles possèdent jj I ! un certain degré de contractilité. En effet, sur l'aorte et sur le tronc de l'artère pulmonaire on rencontre, dans les couches internes de la tunique moyenne, des fibres-cellules aplaties, assez analogues à certaines cellules épithéliales, dont la longueur ne dépasse pas 0n,m,02, et qui ont chacune de 0mm,009 à 0"""014 en largeur; elles sont, en outre, irrégulières de forme, rectangulaires, fusiformes ou en massue, mais renferment toujours le noyau habituel en bâtonnet. Les fibres-cellules des couches extérieures sont plus étroites et atteignent jusqu'à 0mm,05 de longueur; elles ressemblent davantage aux véritables éléments musculaires lisses des autres organes, mais conservent néanmoins une certaine rigidité et un aspect spécial. Les artères carotides, sous-clavière, axillaire, iliaques renferment des éléments contractiles plus développés : aussi leur tunique moyenne présente-t-el!e une coloration rougeàtre et non cette teinte jaune qu'on observe dans celle des artères les plus grosses. — La tunique externe des grosses artères est plus mince, relativement et d'une manière absolue, que celle des petites artères; elle n'a que 0""",09 à 0""",05 d'épaisseur. Sa structure générale est la même que dans les artères que nous venons de décrire ; sa couche élastique interne, cependant, est beaucoup moins développée et se distingue difficilement de la tunique moyenne, en raison des gros éléments élastiques que renferme cette dernière.

La tunique interne de certaines artères renferme des éléments musculaires, ainsi que je l ai constaté sur les artères axillaire et poplitée de l'homme, et comme Iiemak vient de le démontrer pour les artères mésenlériques des mammifères. Très souvent, chez l'homme, cette tunique est très épaisse sur les grosses artères ; on observe alors particulièrement une augmentation considérable dans le nombre des lames striées

Fig. 287. — Fibres-cellules musculaires des couches internes de l'artère axillaire <le l'homme. Grossissement de 3,j0 diamètres, a, état naturel; b, après l'action de l'acide acétique ; a, noyau des fibres.

Les fibres musculaires de la tunique moyenne ne l'ont complètement défaut sur aucune artère; cependant elles cessent cle se montrer dans les artères de la rétine sur des rameaux qui ont moins de 0mrn,05 de diamètre. La tunique externe des grosses artères contient des fibres musculaires chez les animaux, mais non chez l'homme.

§ 220. "Veines. — Les veines, de même que les artères, peuvent être divisées en petites, moyennes et grosses; mais ces trois groupes sont ici beaucoup moins nettement délimités. Constamment les parois des veines sont plus minces que celles des artères, ce qui dépend du moindre développement des éléments contractiles et des parties élastiques ; elles sont aussi plus flasques et moins contractiles. La tunique interne, qui souvent, sur les grosses veines, n'est pas plus forte que sur les veines moyennes, est moins épaisse que celle des artères, et présente du reste une structure analogue. La tunique moyenne, en général d'un gris rougeàtre, jamais jaune, contient beaucoup plus de tissu conjonctif, moins de fibres élastiques et musculaires que clans les artères. Une autre différence capitale entre les deux ordres de vaisseaux, c'est que dans les veines cette tunique, outre les couches de libres transversales, contient toujours des couches à direction longitudinale. Elle est, en général, mince, plus forte cependant, d'une manière absolue, dans les veines moyenni s que dans les grosses ; c'est aussi dans les premières que les fibres annulaires prennent le plus de développement. La tunique adventice, enfin, est ordinairement la plus considérable; son épaisseur relative et absolue augmente le plus souvent avec le volume des veines Sa structure ne diffère guère de celle de la tunique externe des artères, si ce n'est qu'en beaucoup cle points, spécialement dans l'abdomen, elle présente des fibres musculaires longitudinales, souvent fort distinctes ; ce qui donne à La paroi veineuse tout entière un cachet tout special.

Les veines les plus petites (fig. 284, b) sont formées uniquement, pour ainsi dire, de tissu conjonctif vaguement librillaire ou homogène et d'un épithélium. Les éléments de ce dernier sont oblongs ou spheriques, et présentent un noyau ovalaire ou arrondi Le tissu conjonctif constitue une tunique externe relativement épaisse, et de plus une couche plus mince qui remplace la tunique moyenne (fig. 284, e); dans l'une et l'autre, la direction des fibres est longitudinale. Au-dessous de 0mm,02 de diamètre, les veines perdent progressivement leur tissu con jonctif extérieur et leur épithelium, tandis que leur couche moyenne semble se continuer avec la membrane amorphe des capillaires. La couche musculeuse, et, en général, la couche à fibres circulaires, n'apparaissent que sur des veines de 0""",05 de diamètre : on trouve d'abord des cellules oblongues à grand diamètre transversal, avec un noyau transversal ovalaire, très court, souvent même presque sphérique. Ces cellules, placées d'abord à d'assez grands intervalles, deviennent peu à peu plus nombreuses et plus longues; elles forment enfin, sur des vaisseaux de 0mm,14 à 0,nn,,18, une couche continue (fig. 283, ß) qui, à la vérité, est toujours moins développée que celle des artères corres-

pondantes. Telle est la structure des veines jusqu'à celles d'un diamètre de 0mm,2; puis on voit apparaître graduellement des réseaux élastiques, fuis d'abord, dans la couche musculeuse et dans la tunique adventice, en même temps que les stratifications de fibres musculaires augmentent en nombre et reçoivent du tissu conjonctif et des fibres élastiques fines entre leurs éléments.

Les veines d'un diamètre moyen, depuis 2, 6 et 9 millimètres, comme les veines cutanées et les veines profondes des membres, jusqu'aux veines brachiale et poplitée, les veines de l'intestin et de la tête, à l'exception des troncs principaux, se font remarquer par le développement assez considérable de leur tunique à fibres circulaires; cette tunique, marquée surtout sur les veines du membre inférieur, est d'un jaune rougeâtre et striée en travers , comme dans les artères ; mais là même •f où elle atteint sa plus grande épaisseur, elle est loin d'égaler celle des artères correspondantes , et Ijwnft1 ne dépasse pas Omm,l/i à 0mm,16. Contrairement à ce W^QY^I qui se voit sur les artères, elle se compose de couches ffi>Kj transversales et de couches longitudinales. Les prettœ-R/ÏÉ mières sont formées de tissu conjonctif ordinaire, Fig. 288. onduleux , traversé par des fibres élastiques fines

et ondulées (fibres de noyaux des auteurs), et de fibres musculaires lisses en grande quantité; les éléments musculaires sont filiformes, longs de 0mm,05 à 0mm,09, larges de 0mm,009 à 0m,n,016, et présentent tous les caractères des fibres-cellules ordinaires. Les couches longitudinales sont constituées par de véritables fibres élastiques moyennes ou fortes, et réunies en forme de réseau. Voici quelle est la disposition relative de ces tissus. Dans certaines veines (poplitée, fémorale profonde, saphène interne et externe), on trouve, à la face externe de la tunique interne, une couche de 0mm,02 à 0mm,09 d'épaisseur, formée uniquement de tissu conjonctif et de réseaux élastiques fins, à fibres longitudinales : c'est la couche longitudinale de la tunique moyenne. Dans les autres veines, les éléments musculaires s'étendent même dans les couches internes ; on voit alors, immédiatement en dehors de la tunique interne, une couche transversale, composée de fibres musculaires, de tissu conjonctif et de fibres élastiques, trois éléments qui, dans ces veines, marchent toujours ensemble; puis se succèdent régulièrement et alternativement des membranes réticulées longitudinales, toujours en couche simple, et des fibres musculaires transversales, mêlées de tissu conjonctif : c'est ce qui fait que la tunique moyenne de ces veines présente un aspect stratifié, qui rappelle en quelque sorte celle des gros troncs artériels. ïl est à remarquer, cependant, que les

Fig. 288. — Section transversale de la veine saphène interne, au niveau de la malléole. Grossissement de 50 diamètres, a, lames striées et épithélium de la tunique interne ; h, membrane élastique de celte tunique ; c, couche interne de tissu conjonc tif de la tunique moyenne, avec fibres élastiques ; d, fibres musculaires transversales; e, réseaux élastiques longitudinaux, disposés par couches alternatives ; f, tunique externe.

membranes réticulées, bien que très serrées clans beaucoup de cas, ne se transforment cependant jamais en membranes élastiques homogènes ; que, de plus, elles sont interrompues çà et là, et se continuent toujours les unes avec les autres à travers toute l'épaisseur de la tunique moyenne, comme le montrent des coupes transversales. Le nombre de ces lames élastiques varie entre trois et dix ; les intervalles qui les séparent, sont de 0""",009 à 0mm,02. — La tunique interne des veines d'un calibre moyen a 0mm,02 à 0mm,09; dans les points où elle est le plus mince , elle n'est composée que d'une couche épithéliale à cellules allongées, d'une lame striée à noyaux, et d'une membrane élastique longitudinale ; cette dernière correspond à la membrane élastique interne des artères , mais ne forme presque jamais une vraie membrane fenêtrée ; le plus souvent, c'est un réseau élastique extrêmement serré , à fibres fines ou grosses. Quand la tunique interne devient plus épaisse, les lames striées se multiplient, et surtout il s'y joint un ou

plusieurs réseaux élastiques de fibres fines, qui la séparent de la membrane élastique mentionnée précédemment, .l'ai rencontré aussi des fibres musculaires lisses dans la tunique interne des veines de l'utérus gravide, de la saphène interne et de la poplitée ; Remak a fait la même observation sur les veines intestinales de quelques mammifères. — La tunique externe de ces veines est presque toujours plus développée que la tunique moyenne; souvent elle est deux fois plus épaisse, rarement d'égale épaisseur. En général, elle ne contient que du tissu conjonctif ordinaire et des membranes réticulées élastiques, à direction longitudinale, souvent unies entreelles et présentant des fibres très fortes. Mais les veines viscérales dont les troncs renferment des fibres musculaires longitudinales dans leur tunique externe, en présentent également dans leurs branches sur une certaine étendue (voy. plus bas).

Les veines les plus volumineuses se distinguent des veines moyennes principalement par le faible développement de leur tunique moyenne, des fibres musculaires de cette tunique en particulier; comme compensation, il y a fréquemment des éléments contractiles dans la tunique externe. La tunique interne comporte généralement 0mm,02 d'épaisseur ; elle a dans ces cas la même structure que dans les veines moyennes. Plus rarement son

FiG. 280.

Fig. 289. — Fibres-cellules musculaires de la veine rénale de l'homme, a, état naturel ; b, après l'action de l'acide acétique; a, noyau des fibres-cellules. Grossissement de 350 diamètres.

épaisseur s'élève jusqu'à 0mm,05 et 0mm,07, comme sur certains points de la veine cave inférieure, sur les troncs des veines sus-hépatiques, les troncs brachio-céphaliques ; cette augmentation est due à l'addition de lames striées à noyaux et de fins réseaux élastiques longitudinaux, et non à une addition de fibres musculaires. La, tunique moyenne a communément 0mm,05 àûmm,09 d'épaisseur; exceptionnellement, cependant, elle peut acquérir une épaisseur de 0m,n,l^ à 0m,n,27 ; ce dernier fait s'observe à l'origine de la veine porte, sur la portion supérieure de la veine cave abdominale, aux embouchures des veines sus-hépatiques ; d'autres fois, comme dans cette portion delà veine cave qui chemine dans le sillon du foie, et sur le trajet ultérieur des grosses veines hépatiques, cette tunique fait complètement défaut. Sa structure est à peu près la même que dans les veines précédentes; les réseaux élastiques longitudinaux, cependant, y sont très souvent anastomosés entre eux et moins distinctement disposés en lames ; les fibres musculaires transversales y sont moins abondantes et moins nettes, même dans les points où la tunique moyenne présente sa plus grande épaisseur ; elles sont aussi mélangées avec une plus forte proportion de tissu conjonctif à faisceaux transversaux. Les fibres musculaires sont le plus développées dans la veine splénique et dans la veine porte; elles m'ont paru manquer complètement dans certaines régions de la portion abdominale de la veine cave, au-dessous du foie, dans la veine sous-clavière et dans les dernières portions de la veine cave supérieure et de la veine cave inférieure. La tunique externe des gros troncs veineux est toujours plus épaisse que leur tunique moyenne; souvent son épaisseur est deux fois, trois fois ou même cinq fois plus considérable que celle de cette dernière. Sous le rapport de la structure, elle présente cette différence im-

Fig, 290.

portante que dans certaines veines elle renferme une quantité considérable de fibres musculaires lisses à direction longitudinale, ainsi que Remak l'a fait remarquer avec raison. Ces fibres sont très développées sur la partie hépatique de la veine cave inférieure, particularité sur laquelle Bernard

Fig. 290. — Section longitudinale de la veine-cave inférieure au niveau du foie, à un grossissement de 30 diamètres, a, tunique interne; b, tunique moyenne, dépourvue de libres musculaires, et ne contenant que du tissu conjonctif et des Gbres élastiques; c, couche interne de la tunique externe; a, fibres musculaires longitudinales de cette couche ; ß, tissu conjonctif à direction transversale ; d, portion superficielle de la tunique externe, privée de fibres musculaires.

avait déjà attiré l'attention [Gaz. méd. de Paris, 18Zi9, p. 17, 331); leurs faisceaux y mesurent 0n"\2 à 0""",09 de largeur, et forment un lacis qui occupe la moitié ou les deux tiers internes de la tunique externe; dans les points où la tunique moyenne fait défaut, cette couche musculeuse touche directement à la tunique interne, et peut atteindre jusqu'à 0m'",5 d'épaisseur. Ces faisceaux musculaires longitudinaux ne contiennent jamais de tissu conjonetif, mais on y rencontre une certaine quantité de fibres élastiques; ainsi que Remak, je les ai trouvés très développés sur les troncs des veines sus-hépatiques, sur la veine porte, sur toute la veine cave inférieure, et j'ai pu les suivre sur les veines liénale, mésentérique supérieure, iliaque externe et rénale. J'ai même rencontré quelques faisceaux sur la veine azygos ; il n'en existait point, au contraire, sur les veines de la partie supérieure du corps. Ce n'est que sur la veine rénale et sur la veine porte que ces faisceaux occupaient toute l'épaisseur de la tunique externe ; sur toutes les autres, la portion externe de cette tunique en était dépourvue et se montrait formée, comme d'habitude, de tissu conjonctif longitudinal et de réseaux élastiques à grosses fibres. Cette circonstance a fait considérer cette couche musculeuse comme une tunique spéciale, qu'on a confondue quelquefois avec la tunique moyenne, peu développée ou absente; erreur qu'on évitera facilement, si l'on prend pour point de départ la structure des petites veines. Les éléments de ces fibres musculaires sont des libres-cellules ordinaires, de 0"'n,,05 à 0n"",l9 de longueur; à côté d'eux, on trouve toujours des réseaux élastiques nombreux et une certaine quantité de tissu conjonctif, dont la direction parait être constamment transversale ; de sorte que même sur les grosses veines on trouve des éléments transversaux, qui, il est vrai, ne sont pas des libres musculaires. Toutes les veines volumineuses qui s'ouvrent dans le cœur, sont revêtues à leur face externe, dans une petite étendue, d'une couche de fibres musculaires striées, disposées en anneaux; ces libres, analogues à celles du cœur, s'anastomosent entre elles comme dans cet organe. Suivant Rausche], elles s'étendraient sur le tronc de la veine cave supérieure jusqu'à la sous-clavière, et se rencontreraient également sur les branches principales des veines pulmonaires. Schrant prétend que sur la sous-clavière elles occupent la portion interne de la paroi du vaisseau, en affectant une direction longitudinale.

Nous devons une mention spéciale aux veines dont la portion musculeuse présente un développement exagéré, et à celles où cette portion manque complètement. Aux premières appartiennent les veines de l'utérus gravide, sur lesquelles les fibres musculaires se montrent non-seulement dans la tunique moyenne, mais encore dans les tuniques interne et externe: dans cette dernière, elles ont une direction longitudinale. C'est aussi sur ces veines que les fibres-cellules acquièrent, au cinquième et au sixième mois, les mêmes dimensions colossales que dans l'utérus lui-même. Sont privées de libres musculaires : 1° les veines de laportion maternelle du placenta, dont les parois présentent, en dehors de l'épithélium, de grosses cellules allongées et des fibres que je considère comme du tissu conjonctif embryonnaire;

2° la plupart des veines de la substance cérébrale et de la pie-mère. Ces dernières sont formées d'une simple couche de cellules épithéliales arrondies, d'une couche mince de tissu conjonctif longitudinal à noyaux, laquelle remplace la tunique moyenne, et d'une tunique externe, homogène sur les petites veines, librillaire et à noyaux sur les veines d'un certain calibre : très rarement on trouve dans la tunique moyenne des plus considérables de ces veines un faible indice de fibres musculaires, comme le montre la figure 283 ; 3° les sinus de la dure-mère et les veines des os décrites par Bréchet, lesquels présentent, de dedans en dehors, un épithélium pavimenteux, puis une couche de tissu conjonctif, traversée parfois par des fibres élastiques, et qui se continue sans limite distincte avec le tissu de la duremère et du périoste interne ; U° les espaces veineux des corps caverneux (voyez § 205) et de la rate de certains mammifères (voy. § 173); 5° les veines de la rétine. — Les valvules des veines sont formées principalement de tissu conjonctif dont les faisceaux, très distincts, sont parallèles au bord libre de la valvule, et renferment une foule de noyaux allongés, ainsi que des fibres élastiques onduleuses, en général isolées, souvent d'un certain volume. A leur surface, on trouve ou bien seulement un épithélium à courtes cellules, ou bien ce même épithélium reposant sur un réseau élastique très fin, dont les mailles sont en général longitudinales. On peut donc considérer les valvules comme formées par un prolongement de la tunique interne et de la tunique moyenne des veines, bien que, d'après mes observations, elles soient dépourvues de fibres musculaires. Je dois dire, cependant, que Wahlgren prétend avoir vu des fibres musculaires dans les grosses valvules.

§ 221. Vaisseaux capillaires. — Si l'on excepte les corps caverneux des organes génitaux et le placenta utérin, on peut établir comme règle que partout, chez l'homme, les artères et les veines communiquent ensemble par l'intermédiaire de réseaux formés de vaisseaux excessivement fins qui, en raison de leur étroitesse, ont été désignés sous le nom de vaisseaux capillaires. Ces vaisseaux consistent en une simple membrane amorphe parsemée de noyaux de cellules, et ce caractère peut servir parfaitement à les distinguer des vaisseaux plus volumineux; mais du côté des artères, comme du côté des veines, la transition entre les deux ordres de canaux se fait insensiblement, de sorte que, sur certains points déterminés du trajet d'un vaisseau, il serait impossible de retrouver les caractères précis de l'une ou de l'autre division qu'on a l'habitude d'admettre en histologie. Suivant qu'ils sont situés du côté des artères ou du côté des veines, ces vaisseaux, qu'on range dans la classe des capillaires, doivent être considérés comme des vaisseaux de transition artériels ou veineux.

Les vrais capillaires présentent les caractères suivants : ils sont formés par une membrane amorphe et hyaline, qui tantôt est très mince et marquée par un simple contour, et tantôt prend plus d'épaisseur, acquiert jusqu'à 0mm,0018 et 0mm,002, et se trouve limitée par un double contour

Page 1